Pourquoi Espagne – Suède était-il si pauvre?

Le 14 juin 2021 se déroulait le match Espagne – Suède, premier match dans le groupe E de l’Euro 2020. Malgré les grandes promesses de l’équipe espagnole, capable de faire une grande campagne de qualifications, et de faire étalage d’une certaine puissance offensive (la victoire 6-0 face à l’Allemagne résonne encore dans les têtes).

Mais au contraire, nous avons assisté à une purge, la première de cette édition. Beaucoup de gens se sont plaint du spectacle proposé, l’associant au jeu espagnol, basé sur la possession de balle depuis les années d’hégémonie barcelonaise.

Cependant, 3 éléments peuvent expliquer cette purge, des choses qui auraient pu être évitées.

1- La localisation

Premier élément pouvant expliquer le pauvre spectacle proposé à Seville, c’est justement la ville. On le sait bien, les compétition continentale mettent les organismes des joueurs à rude épreuve, en le faisant jouer dans la continuité d’une saison souvent à rallonge pour les meilleurs joueurs européens.

Pour cela, faire jouer les joueurs sous 35 degrés n’était pas forcément une idée intelligente de la part de l’UEFA. Si il fallait choisir un lieu dans lequel organiser des matchs de l’Euro, l’Andalousie et ses chaleurs extrême, couplées à un climat très sec, les conditions ne sont pas réunies pour que les joueurs offrent du beau spectacle.

Nous pouvons d’ailleurs voir que les joueurs suédois profitaient de chaque instant pour se rafraichir, et souffraient physiquement. Dans un pays où les climats varient de région en région, il aurait surement été plus sage de faire jouer les matchs dans le nord, en Galice par exemple, où le climat est plus humide. La Corogne, Vigo, même Pampelune en poussant un peu, beaucoup de stades auraient pu accueillir les matchs du groupe E.

2- Un jeu inoffensif des espagnols

La Roja se confronte depuis des années maintenant à un problème. Elle est enfermée dans le style de jeu qui l’a propulsé vers les sommets. Le style basé sur la possession de balle et la préparation lente des attaques ont fait le bonheur des espagnols et des barcelonais notamment, mais tout système a ses failles, et ici les joueurs utilisés pour jouer dans ce style ne va pas.

Los de la période dorée 2008-2012, l’Espagne comptait sur des joueurs de très grand talent, notamment au milieu de terrain, et des joueurs capables de faire la différence à tout moment.

Ce qui blesse avec cette équipe d’Espagne, c’est le manque de verticalité dans le jeu. Là où des joueurs tels que Xavi, Iniesta, Fabregas ou Busquets à ses grandes heures servaient de rampes de lancement dans le jeu, créant des décalages vers l’avant, les joueurs actuels ne remplissent pas ce rôle.

Les milieux espagnol (peut-être dans une moindre mesure Pedri) n’ont pas proposé de jeu vers l’avant, pourtant nécessaire lorsqu’on fonctionne par attaque placées. Et il ne faut pas sorti l’excuse de la faiblesse supposée de l’attaquant de pointe, puisque bien souvent Fabregas a joué dans ce rôle désormais célèbre de « Faux 9 ».

De même, les ailiers censés participer au jeu en rentrant dans le cœur du jeu pour laisser les intervalles aux arrières latéraux n’ont pas la qualité de joueurs comme David Silva par exemple. Le manque de versatilité dans le jeu, de changements de rythme et de verticalité font que cette Espagne a du mal à emballer les matchs lorsque l’adversaire défend convenablement.

Il y a eu du mieux dès lors que Moreno ou Thiago sont entrés, mais c’était trop peu pour espérer bouger le bloc suédois.

3- « Il faut être deux pour jouer au football »

Le dernier point pointe directement le doigt vers l’équipe de Suède, qui a fait preuve d’anti-jeu pour seule tactique ce soir-là. Avec des joueurs pourtant intéressant techniquement (Forsberg, Isak, Olsson, Berg…), la stratégie suédoise était claire : défendre coûte que coûte le point du match nul.

Et les statistiques sont révélatrice de la physionomie du match. Au bout de 25 minutes, l’Espagne avait quasiment 90% de possession de balle. Au bout d’une demi-heure, les deux attaquants suédois avaient touché 6 ballons à eux deux. A la mi-temps, 5 joueurs espagnols avaient touché plus de ballons que l’entièreté de l’équipe suédoise. Et je pourrait continuer comme cela….

Une stratégie qui se respecte, et qui a visiblement obtenu les résultats voulus, mais qui affecte forcément la qualité du jeu proposé. Qui ne s’est pas emballé devant un Aston Villa – Brighton, parce que les deux équipes jouent pour gagner? C’est la vision du football qu’on défend ici au Club 115, et forcément un tel spectacle ne pouvait que nous faire réagir.

Comble de l’anti-jeu, lorsqu’à la 69ème minute le sélectionneur suédois décide de faire sortir ses deux attaquants qui s’étaient procuré de très belles occasions sur les rares incursions dans la surface espagnole. Un peu de sang frais ne fait pas de mal? Sauf qu’Alexander Isak semblait encore frais, et que les changements ont fait rentrer deux milieux de terrain. Les intentions étaient donc claires, les supporter espagnols saluant même cette décision, leur enlevant une menace.

Pour toutes ces raisons, nous avons assisté à un match terne, sans rythme, tout le contraire de ce qu’on avait pu voir durant cet euro pour le moment. Êtes-vous d’accord avec toutes ces explications?

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