Euro 2020 : Quel bilan pour le Portugal ?

Meilleur troisième du groupe de la mort, le Portugal a alterné avec le bon et le franchement moins bon. Opposé à la Belgique, dimanche soir, à Séville, il n’aura pas le droit de connaître les mêmes passages à vide qu’en poule.

Les Portugais devront faire corps pour passer au-dessus de l’obstacle belge en huitièmes (Photo : @selecaoportugal)

Une victoire, une défaite, et un nul pour finir. Le parcours des hommes de Fernando Santos en phase de groupe ressemble un peu aux montagnes russes. Tout du moins en matière de résultats. Car en matière de jeu, la Seleção a souvent été poussive. « Lors de la première rencontre face à la Hongrie (3-0), personne n’a compris pourquoi Santos a aligné deux milieux défensifs avec Danilo et William Carvalho », note Thomas Mendes, qui suit le Football portugais pour Le Club 115.

Face à une équipe qui évolue aussi bas, il était difficile de comprendre pourquoi les Portugais avaient une composition si peu ambitieuse. Un schéma qui avait été reconduit quelques jours plus tard, lors de la lourde défaite en Allemagne (2-4). « Le Portugal a eu de très gros problèmes pour gérer la largeur de sa ligne défensive. Semedo a complètement coulé ce jour là. Offensivement, on a presque rien vu », poursuit Mendes. Un constat que l’on ne peut que regretter lorsque l’on regarde de plus près l’effectif lusitanien. Les joueurs jouent pour la plupart dans des grands clubs européens dans lesquels ils performent bien.

« Lorsque Bruno Fernandes est sur le terrain, le Portugal joue à dix »

José Mourinho, consultant pour le journal « The Sun »

Car les individualités sont aussi remises en question. Bernardo Silva, indispensable pour Pep Guardiola à Manchester City est en mode fantôme depuis le début de la compétition. « Beaucoup de joueurs ne sont pas au niveau que l’on est en droit d’attendre d’eux. Que ce soit pour Silva, Fernandes, Jota, ils ont beaucoup de mal à briller » regrette Thomas Mendes. Un constat que partage le plus célèbre des entraîneurs portugais, José Mourinho. Connu pour ne pas passer par quatre chemins, il a directement ciblé Bruno Fernandes. « Quand le Mancunien est présent sur le terrain, le Portugal joue à dix » n’a pas hésité à lâcher le Spécial One.

Tout n’est pas sombre.

Pour autant, les critiques que l’on peut adresser au Portugal valent aussi pour plusieurs autres nations majeures. La fébrilité et le manque de confiance de la Seleção a aussi été très visible chez les Allemands par exemple. « C’est difficile de comprendre pourquoi l’équipe n’est pas plus sereine. Heureusement que derrière Pepe nous fait du bien, estime d’abord Mendes avant de poursuivre : malgré son âge (38 ans), son agressivité et ses qualités défensives restent très précieuses. Bien que Ruben Dias soit très bon et incarne l’avenir, il profite aussi beaucoup de son association avec Pepe ».

Alors que le milieu de terrain avait été très critiqué après les deux premiers matches, Santos avait décidé de changer de recette pour la dernière rencontre face à la France (2-2). « Cela à plutôt bien fonctionné. Principalement parce que Renato Sanches aligne les performances de très haut niveau. Ses entrées avaient été très bonnes contre la Hongrie puis l’Allemagne. Mais contre la France, il a fait une belle prestation, sa puissance a fait beaucoup de bien à toute l’équipe » apprécie Mendes.

Enfin, les performances de Cristiano Ronaldo restent très bonnes. Le capitaine portugais a inscrit cinq des sept buts de son équipe dans cet Euro. Un doublé contre la Hongrie, un but contre l’Allemagne, et un nouveau doublé contre la France. Le quintuple Ballon d’Or répond toujours présent à l’appel de la Nation, bien que ses jambes ne lui permettent plus de faire les mêmes différences balle au pied. Il permet à minima de mobiliser des défenseurs. Au plus haut, il peut guider le Portugal vers les sommets, comme en 2016.

Quel avenir pour le Portugal dans cet Euro ?

En terminant troisième, le Portugal a assuré l’essentiel dans un groupe très relevé. Même la Hongrie s’est avérée être une équipe difficile à bouger. Pour autant, les partenaires de CR7 ne se sont pas facilité la tâche en étant reversé dans la partie de tableau la plus compliquée à gérer. « Ça va vraiment être chaud. On affronte la Belgique, puis si on passe ce sera probablement l’Italie. Et ensuite ça pourra être la France, l’Espagne ou la Croatie. Nous avons que des gros matches dans cet Euro. Ce n’était pas le cas en 2016 », reconnaît notre ami portugais.

Alors, pourquoi pas continuer d’arracher des victoires dans les derniers instants, en prolongations, ou aux tirs aux buts. L’équipe en est capable. « Mais physiquement ça va être difficile, car il n’y a eu aucun match plus facile jusqu’à maintenant. La rencontre contre la Belgique, en plein mois de juin à Séville, va aussi coûter cher aux organismes » conclu finalement Thomas Mendes, pour qui le chemin de la Seleção vers la finale s’annonce assurément très tortueux.

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