Marcher sur l’eau en phase de poule : une garantie d’aller très loin ensuite ?

Trois équipes ont réussi à terminer premières de leur groupe avec trois victoires en trois matches. Il s’agit de l’Italie, de l’Angleterre et de la Belgique. Pourtant, si l’on remonte à la Coupe du Monde 2006, le futur vainqueur n’est pas toujours celui qui a le plus impressionné au début de la compétition.

L’Italie championne du Monde 2006, sans avoir survolé sa poule.

Dans la poule du Ghana, des États-Unis et de la République tchèque, l’Italie faisait office de grande favorite pour accéder aux huitièmes de finale. Après avoir battu un Ghana trop maladroit (2-0), les coéquipiers d’Andrea Pirlo butent sur les Américains (1-1) qui prendront sur ce match leur seul point de la compétition. L’Italie se qualifie finalement avec 7 points au bénéfice d’une victoire contre la République tchèque de Milan Baros (2-0).

Le jeu italien est poussif et l’on est alors loin d’imaginer la Squadra battre l’Allemagne en demi-finale à Dortmund (2-0, AP) et la France de Zizou en Finale (1-1, 5-3 T.A.B). La forme moyenne des joueurs de Marcelo Lippi se poursuit en huitièmes. L’Italie remporte alors la mise face à l’Australie (1-0), seulement sur un penalty de Francesco Totti dans les arrêts de jeu (95’+5) après une grossière simulation de Fabio Grosso.

Le Ballon d’Or et champion du Monde 2006, Fabio Cannavaro, avait concédé le nul face aux USA (Photo : Michael Steel/Getty Images)

Euro 2008 : L’Espagne en mode patron.

On se souvient tous du légendaire but de Fernando Torres en finale de l’Euro 2008 face à la Mannschaft de Jens Lehmann. Mais l’Espagne avait déjà imposé son statut de favori parmi d’autres, en prenant trois victoires en autant de rencontres dans son groupe. En ouverture, elle étrille la Russie (4-1), pourtant demi-finaliste surprise de cette édition.

Elle assure ensuite contre la Suède d’Ibrahimovic (2-1), avant de battre le champion d’Europe en titre grec lors du troisième match (2-1). Si l’Espagne avait encaissé un but à chacun de ses matches, elle gardaient ensuite ses cages inviolées lors du reste de la compétition, pour débuter son règne de quatre ans sur le football européen.

L’Espagne de Fernando Torres avait brillé en poule avant de remporter l’Euro pour la deuxième fois de son histoire (Photo : Twitter @ActuFoot_)

Quand la Suisse faisait tomber l’une des meilleures nations de l’histoire.

Placé dans le groupe du Chili, de la Suisse et du Honduras, le champion d’Europe espagnol débutait la compétition de manière catastrophique. Face à la Suisse en ouverture, les coéquipiers de San Iker Casillas plongeaient en plein doute à la suite de l’ouverture du score de Gelson Fernandes (0-1, 52′). Les Hélvétiques allaient tenir une victoire de prestige qui ne serait pas suffisante pour se qualifier en phase finale.

La presse espagnole se montre alors très pessimiste pour La Roja. Les rivalités entre les joueurs du FC Barcelone et ceux du Real Madrid inquiètent les observateurs qui estiment que l’Espagne est trop désunie pour aller très loin. L’histoire leur donnera ensuite tort, puisque les joueurs de Vincente Del Bosque redressaient la barre face au Honduras (2-0), avant de valider leur qualif’ face au Chili (2-1). Par la suite, ils avaient enchaîner les victoire par le plus petit des scores (1-0) pour s’offrir leur premier sacre mondial.

Euro 2012 : le premier match fut aussi la finale.

A l’occasion de cet Euro en Pologne et en Ukraine, l’Espagne allait atteindre son apogée, pour devenir la première Nation à décrocher deux Euros et une Coupe du Monde en quatre ans. Tout le monde se souvient de la gifle que La Roja avait administrée à l’Italie de Mario Balotelli en finale (4-0). Mais la phase de groupe de l’Espagne a depuis été oublié. Pour son entrée en lice, Xavi et les siens rencontraient déjà l’Italie… Avec moins de succès !

Antonio Di Natale ouvrait le score à l’heure de jeu, pour placer la Squadra en tête (0-1, 61′). Pleine de ressource, l’Espagne égalisait dans la foulée par Cesc Fabregas (1-1, 64′). Mais cette fois, beaucoup imaginait les Espagnols trop attendus pour rééditer leurs performances de 2008 et 2010. Ils battaient pourtant l’Irlande (4-0), puis la Croatie (1-0), pour se qualifier sans trembler en prenant la tête de leur groupe. Au sommet de leur art, ils sortaient la France, le Portugal et donc l’Italie pour conserver leur place sur le toit de l’Europe.

Cesc Fabregas avait permis à l’Espagne de ne pas connaître une terrible désillusion en ouverture, face à l’Italie de Giorgio Chiellini

2014 : la Nationalmannschaft débute la Coupe du Monde en trombe, prémices de son succès historique face au Brésil.

Très proche de remporter une compétition majeure depuis 2006, l’Allemagne de Philipp Lahm avait fait de son rendez-vous au Brésil un objectif de victoire finale absolu. Pour débuter la compétition, elle faisait face au Portugal de Cristiano Ronaldo, qui venait de remporter la Ligue des Champions avec le Real Madrid. Ce jour là, les Allemands dominaoient complètement leur sujet, et infligaient une route terrible à la Seleçao (4-0).

Il allaient ensuite décevoir leurs supporters face au Ghana (2-2), avant de l’emporter d’un souffle face aux USA (1-0). En huitièmes de finale, il l’emportait en prolongation face à une Algérie héroïque (0-0, 2-1 AP). Preuve que des performances irrégulières peuvent mener au succès, si l’équipe se montre suffisamment conquérante lors des rencontres au sommet, comme ce fut la cas face à la France (1-0), au Brésil (7-1) puis à l’Argentine de Messi (1-0, AP)

Euro 2016 : le Portugal inaugure l’Euro des meilleurs troisièmes en raflant la mise.

Pour la première fois, l’Euro passait de 16 à 24 équipes. Les huitièmes de finale venaient donc s’ajouter pour permettre aux quatre meilleurs troisièmes de groupe de continuer l’aventure. Et le Portugal a été le meilleur exemple de cette nouvelle formule. Très moyens en poule, les joueurs de Fernando Santos butaient consécutivement sur l’Islande (1-1), l’Autriche (0-0) puis la Hongrie au terme d’un match fou (3-3). Les Portugais terminaient troisième avec trois petits points d’un groupe qui semblaient largement à leur portée.

Suffisant pour poursuivre l’aventure, pour le dénouement que l’on connaît. En 2021, CR7 et les siens ont de nouveau terminé en troisième position, mais cette fois du groupe de la mort. Saurons-t-ils rééditer leur exploit de 2016 ? Ou seront-ils cette fois rattrapés par leurs lacunes ?

Eder avait crucifié la France en prolongations de la finale, malgré une phase de poule très moyenne de son équipe (Photo : AFP)

Les Bleus champions du Monde 2018 après avoir été soporifiques en poules.

Pour son entrée en lice au Mondial 2018, la France rendait un pâle copie à ses supporters en dominant sur la plus petite des marges la faible Australie (2-1). Un Penalty de Griezmann, et un but contre-son-camp de Behich avaient sauvé les hommes de Deschamps après une ouverture du score de Jedinak. Lors de leur deuxième rencontre, ils enchaînaient très doucement en s’offrant le Pérou grâce à un but de Kylian Mbappé (1-0). Qualifiés, les Français offraient un triste spectacle face au Danemark, à l’occasion d’une troisième rencontre atroce pour les yeux (0-0).

Un manque de panache qui sera compensé par la formidable performance face à l’Argentine en huitièmes (4-2), et par la finale inoubliable contre la Croatie en Finale (4-2). La Belgique, qui avait pris 9 points en poule, était battu en demi-finale par le solidité défensive tricolore. Il faut donc croire, à travers ses nombreux exemples, que rien n’est jamais perdu après une phase de poule délicate.

Les Bleus champions du Monde du panache après une phase de groupe qui avait fait mal aux yeux (Photo : Catherine Ivill / Getty Images/AFP)

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