L’Italie passe en quarts après 120 minutes dantesques face à l’Autriche (2-1)

Nuit de rêve à Wembley, ou l’Italie s’est imposée en prolongations face à une Autriche très séduisante (0-0, 2-1 A.P). En quarts, les joueurs de Roberto Mancini affronteront le vainqueur de la rencontre entre la Belgique et le Portugal.

Federico Chiesa a ouvert le score en prolongations pour délivrer tout le peuple italien (Photo : BeinSports)

Tous les ingrédients étaient réunis pour assister à un très grand match de phase finale. D’abord, avec une Italie qui compte désormais parmi les favorites de la compétitions au bénéfice de son sans-faute en poule. Les joueurs de Roberto Mancini ont une nouvelle fois été très bons ce samedi soir. En première période, ils ont monopolisé la possession de balle et pressé très haut les Autrichiens. Leur jeu dans les petits espaces, leur sorties de balles propres, et la vivacité de leurs petits gabarits ont régalé les amateurs de foot.

Ensuite, parce que l’Autriche a été grande. Elle a même été plus forte que l’Italie en seconde période, ou il s’en est vraiment fallu d’un rien pour que la rencontre bascule en sa faveur. Insipide contre les Pays-Bas lors de la phase de poule, elle a cette fois proposé un jeu plus direct. Fini le 3-5-2 inefficace, Franco Foda passait en 4-2-3-1. Et cela à porté ses fruits.

L’Italie bien bloquée lors du premier acte.

En première période, les Italiens ont donc dominé des Autrichiens qui se sont contenté de bien défendre. Ce qui est une bonne chose, étant donné que la Squadra avait déjà marqué sept buts dans la compétition, pour être l’une des attaques les plus prolifiques du tournoi. Alors, Barella n’hésitait pas à frapper de loin pour mettre Bachmann une première fois à contribution (17′). A la demi-heure de jeu, Ciro Immobile venait se créer la plus grosse occasion de la première période. Seul à 25 mètres des cages, il décrochait une frappe soudaine, qui flottait sous le regard impuissant de Bachmann, pour venir s’écraser sur le poteau (32′) !

L’Autriche n’avait alors pas montré tout son potentiel. En plus des quatre défenseurs (Alaba était replacé enfin en arrière gauche), quatre milieux travailleurs et assez techniques étaient alignés dans le schéma de Foda. Grillitsch et Schlager formaient duo difficile à surpasser au milieu. Derrière l’attaquant, Sabitzer faisait profiter de son volume de jeu, pour aider ses partenaires à presser le milieu italien très technique. En position d’ailier droit, Laimer bloquait bien les montées de Spinazzola.

Pour son grand retour en tant que titulaire, Marco Verratti perpétuait les passes dans les petits espaces. Mais il s’est avéré peut être moins complémentaire avec le duo Jorginho-Barella, que ne l’a été Manuel Locatelli lors des précédentes sorties de la Nazionale. Plus forte intrinsèquement, la deuxième période laissait présager une issue favorable à l’Italie.

L’Autriche climatise la Squadra Azzura.

Mais pour ce second acte, les Autrichiens ont pris conscience qu’il y avait un coup à jouer. Ils étaient plus incisifs, et commençaient à se créer les meilleures occasions. Arnautovic manquait d’abord de lucidité en contre-attaque (49′). Puis, Alaba manquait de peu son coup-franc aux abord de la surface (52′). Enfin, Sabitzer voyait sa frappe frôler le montant de Gigio Donnarumma (62′). Des avertissements pour l’Italie qui ne parvenait pas à régler les problématiques que lui opposaient les Autrichiens.

La sanction devenait irrévocable, et sur un centre venu de la droite, Alaba surpassait la défense italienne de la tête pour remiser sur Arnautovic. L’attaquant de Shanghai parvenait a reprendre ballon victorieusement, pour tromper la sortie de Donnarumma avec l’aide de la transversale (65′).

Arnautovic à un pied de mettre une grosse épine dans celui des des Italiens (Photo : twitter @Talksport)

D’abord validé, le but était ensuite revisionné à la VAR. Après plusieurs minutes d’attente, l’arbitre anglais Anthony Taylor rendait enfin son verdict : but refusé. Un grand soulagement pour l’Italie, mais aussi un très gros frisson qui la faisait progressivement déjouer. Au contraire des coéquipiers de David Alaba qui prenaient ainsi confiance en eux.

Si les italiens manquaient à plusieurs reprise de lucidité dans la surface (72′, 82′), ils frôlaient une fois de plus la correctionnelle. Sur un coup-franc excentré d’Alaba, Lainer recevait un ballon dévié par l’un de ses partenaires, et prenait le coude de Pessina en pleine tête (74′). Anthony Taylor faisait encore appel à l’assistance vidéo, et décidait une nouvelle fois de ne pas accorder de penalty pour une position de hors-jeu de Lainer.

Chiesa libère tout un pays en changeant le cours de l’histoire.

Sentant son équipe aller au devant d’une grande désillusion, Roberto Mancini changeaient ses cartouches offensives. Andrea Belotti et Federico Chiesa faisaient leur entrée en jeu, à la place d’Immobile et de Berardi. Le coaching de l’entraîneur transalpin allait porter ses fruits, alors que les prolongations étaient inéluctables.

L’Autriche parvenait sans trembler à tenir le match nul jusqu’à la fin du match. Mais en prolongations, elle serait la victime d’un dénouement cruel, dont ses supporters souffriront pendant les prochaines années. Alors que la demi-heure supplémentaire débutaient, la vivacité de Federico Chiesa commençait à faire mal aux défenseurs autrichiens. Seul à droite, le Juventino frappait d’abord sur Bachmann en guise d’avertissement (94′).

Dans la foulée, Spinazzola parvenait à faire la différence sur son côté gauche. Le Romain ajustait alors son centre, pour trouver de nouveau Chiesa côté droit. Avec beaucoup de spontanéité, l’Italien enchaînait remarquablement un contrôle de la poitrine et une frappe du gauche très puissante à mi-hauteur, qui trompait Bachamann dans un angle fermé (1-0, 96′). Une libération pour les Italiens et un coup dur pour les Autrichiens, qui avaient tenu bon pendant les 90 premières minutes.

Appelé de dernière minute, Matteo Pessina vit un conte de fée lors de cet Euro. Hier, il a inscrit son deuxième but dans la compétition pour mettre la Squadra à l’abris (Photo : Twitter @EURO2020)

Juste avant la mi-temps des prolongations, la Squadra allait prendre un avantage décisif. Acerbi récupérait un ballon dans la surface adverse, pour le glisser à Pessina, qui marquait d’un superbe tir croisé du pied gauche (2-0, 105′). Mise doublée, match tué ? Presque, la très valeureuse Autriche s’offrait un dernier espoir, lorsque Kaladjdzic reprenait victorieusement un corner d’une tête plongeante, qui passait au premier poteau de Donnarumma (2-1, 115′).

Finalement, les Autrichiens ne parvenaient pas à revenir dans la rencontre. Ils pouvaient néanmoins sortir la tête haute, alors qu’ils étaient à deux doigts de faire tomber l’un des favoris de la compétitions en seconde période. Malmenée à certains moments, la Squadra va devoir se servir de ses premiers moments de doute pour la suite de la compétition. Au prochain tour, elle fera face à un adversaire de très haut calibre entre la Belgique et le Portugal.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :