Elimination de la France face à la Suisse : A qui la faute ?

Le lundi 28 juin 2021, 23h30, la France est sous le choc. Kylian Mbappé vient de louper son pénalty face à Sommer, la France est éliminée de l’Euro 2020. Arrivée première et invaincue de ce fameux « groupe de la mort », les français faisaient face à une équipe de Suisse arrivée troisième de son groupe. Mais le match s’est déroulé dans les conditions qu’on connait, avec la désillusion au bout du pied de l’attaquant français. La France pourtant archi-favorite prend la porte, et n’assume pas son statut de Championne du Monde.

Mais alors à qui la faute de cette élimination? Concours de circonstances ou problèmes de fond ? Analyse.

1- La faute à Deschamps?

Noël Le Graet a déjà affirmé devoir parler avec Deschamps après cette désillusion

Dès le coup de sifflet final et passé le choc de l’élimination la chasse aux sorcière a commencé, avec comme tête de gondole le sélectionneur français, Didier Deschamps. Dans le football, il est habituel de voir l’entraineur être pointé du doigt pour les mauvaises performances de son équipe. Le nom de Zinedine Zidane a circulé tandis que Deschamps affirmait au micro de TF1 son envie de reprendre avec les bleus au moins pour le Mondial au Qatar avec un « Rendez-vous en septembre ».

Mais le sélectionneur français est-il vraiment le responsable n°1 de cette désillusion? Tout d’abord, parlons du choix des hommes pour cet Euro. La décision de reprendre Benzema a été payante, puisqu’après 2 matchs difficiles l’attaquant du Real Madrid a fait trembler les filets 4 fois en autant de matchs. Le groupe de joueur était lui sensiblement le même que les autres rassemblements, mais on peut quand même déplorer le choix de DD de laisser sur le côté un joueur comme Théo Hernandez auteur d’une saison magnifique du côté de Milan. Cependant, sa liste est cohérente et ne souffre d’aucun scandale. Le groupe paraissait encore plus solide et talentueuse que lors du sacre à Moscou, et les médias commençaient à encenser l’attaque de l’équipe de France.

Après le choix des joueurs, passons à la tactique. Sur les 4 matchs disputés par les bleus durant la compétition, DD a fait jouer ses joueurs dans 3 dispositifs différents. Au contraire de 2018 où le sélectionneur avait un schéma tactique bien en tête et immuable, ici l’entraineur a semblé tâtonner avec ses joueurs et hésitant concernant la manière de les faire jouer. Ces changements ont aussi été forcées par les différentes blessures au sein du groupe France, nous y reviendront plus en détails par la suite. Mais il est certains que ce qui faisait la force de la France au Mondial, sa solidité, ses automatismes, ont été ébranlé par tout ces changements tactiques.

2- La faute à pas de chance?

Comme dit précédemment, beaucoup de blessures sont venues impacter le groupe, ce qui n’a pas arrangé les affaires de DD. Au cours d’un Euro suivant une saison des plus longues et compliquée pour les joueurs de l’équipe de France, les pépins physiques se sont accumulés, et pas des moindres. Pas moins de 6 joueurs majeurs se sont retrouvés sur le flanc à cause de blessures. Notre secteur offensif a été très touché par ces blessures, avec des joueurs comme Ousmane Dembélé et Thomas Lemar qui sortaient de bonnes saisons en club et auraient pu apporter lors de ce dernier match, sans oublier Kingsley Coman, après une rentrée convaincante a été contraint de sortir suite à une douleur musculaire.

Mais le secteur défensif a été le plus concerné par ces blessures, à l’origine des changements tactiques. L’indisponibilité de Lucas Digne et de Lucas Hernandez sur le coté gauche de la défense française a tout déséquilibré pour Didier Deschamps, et a provoqué le passage en 3-5-2 qui a tant souffert en première période face à la Suisse. Jules Koundé lui aussi n’tait pas disponible à 100%, et peut être que le jeune défenseur de Séville aurait été préféré à Clément Lenglet (fautif sur le premier but suisse) dans cette défense à 3 centraux. Ce choix n’aurait pas été scandaleux puisque Jules a sorti une saison solide en Liga, au point d’être sur les tablettes de nombreux clubs prestigieux cet été.

Lucas Digne pourtant bon, se blesse lors du match contre le Portugal.

Ces blessures sont donc venues perturber l’équilibre du groupe, obligeant Didier Deschamps à s’adapter sur le court terme, avec des joueurs pas forcément à leur poste (on pense à Adrien Rabiot en piston gauche, qui n’a pas les mêmes caractéristiques qu’un Matuidi pour endosser ce rôle) pour essayer de qualifier la France.

Pour finir, comment ne pas mentionner cette occasion, à la dernière minute du temps réglementaire, quand Kingsley Coman hérite du ballon sur la gauche de la surface, et envoie ce missile du droit qui vient s’écraser sur la barre de Sommer. Ce genre de nuits où un match se joue sur des détails, qui ne sourient pas à la France ce soir.

3- Trop de talent…. tue le talent?

Mbappe invisible durant cet Euro

« Tout les pays nous les envie » pouvait-on lire en première page de l’édition de l’Equipe du 2 juin 2021. Cette une fait référence à notre trio d’attaque composé de Mbappé, Benzema et Griezmann. Un trio capable de porter l’équipe de France qui fait peur à n’importe quelle défense…. sur le papier. En réalité, le trio a eu beaucoup de mal à jouer ensemble, a combiner et surtout à faire la différence.

Pour preuve le rendement de Mbappé et Griezmann lors des 4 matchs de l’Euro. L’attaquant du FC Barcelone finit avec seulement un petit but au compteur, un chiffre bien ridicule lorsqu’on compare à son influence en 2018 (4 buts et 4 passes décisives). Son compère de l’attaque ne fait guère mieux avec 0 buts, avec seulement 3 tirs cadrés dans le jeu sur ses 14 tentatives. Une activité bien maigre pour quelqu’un qui veut prendre ses responsabilités. Mais au-delà des statistiques, c’est l’impression dans le jeu qui laisse un gout amer dans la bouche. L’impression que ces trois joueurs talentueux se marchaient dessus à chaque match, ne sachant pas trouver leur place.

Une donnée importante qui n’a pas été prise en compte lors de la composition de l’équipe c’est celle du facilitateur de jeu. Ce joueur qui n’a pas besoin de garder le ballon, qui joue vite, simple pour fluidifier le jeu offensif. Dans le cas de cette équipe de France, il n’y avait pas de facilitateur de jeu. Les trois offensifs ont besoin de toucher le ballon, ce qui a ralenti considérablement le jeu vers l’avant.
C’est la principale différence entre cette équipe et celle de la Russie. En 2018 Olivier Giroud jouait ce rôle. Ceux qui le critiquent vont mettre en avant ses 0 buts marqué lors de la compétition, mais voyons plus large. Olivier Giroud jouait dans l’axe, tout le temps (au contraire de nos offensifs qui étaient partout et nulle part), et facilitait le jeu par son jeu dos au but et ses déviations dans le sens du jeu. En atteste sa passe décisive pour Mbappé contre l’Argentine, symbole de son jeu simple.

L’équipe de France quitte donc cette compétition la tête basse, avec beaucoup de regrets. Des remises en questions sont attendues, et une réaction sera nécessaire pour rebondir. Ce pourra être le cas pour le dernier carré de la Ligue des Nation et à moyen-terme, la Coupe du Monde au Qatar l’année prochaine.

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