Chris Paul terrasse les Clippers pour se qualifier en Finales NBA : Une anomalie d’effacée pour le Point God.

16 ans. 16 saisons NBA pour un joueur qui aura tout connu. Des débuts fracassants, une confirmation aux Clippers justement, des déboires, des défaites, des victoires, pour arriver en ce jour de Game 6 de Finale de Conférence durant lequel il aura fait étalage de tout son talent pour peut être jouer son meilleur basket-ball. Retour sur un match abouti et sur le parcours d’un joueur au parcours sinueux.

CP3 met le couvercle

Le MVP de ce match, c’est bien lui. Après deux matchs compliqués en retour de protocole COVID (encore là celui-là), Chris Paul est redevenu le Point God, avec une emprise sur le match de tout les instants, s’occupant de l’organisation de l’attaque, du scoring, il a même fermé la buvette à la fin du match, sympa le gars. Plus sérieusement, sa ligne de stat parle pour lui : 41 points (16/24 dont 7/8 à trois points), 4 rebonds, 8 passes , 3 interceptions et 0 balle perdue en 35 minutes de jeu. Un match pas loin d’être parfait, au moment le plus important de sa longue carrière.

Une première mi-temps tranquille, avec sa dizaine de points laissant ses coéquipiers Booker et Crowder s’occuper d’assener les coups de poignard à des Clippers bien fatigués. Vient ensuite sa deuxième mi-temps, stratosphérique. 31 points en 20 minutes, un contrôle du tempo de tout les instants, provocant les fautes intelligemment (pour preuve cette faute technique sur Cousins bien cherchée par ce filou de Chris Paul) et s’occupant de provoquer l’expulsion de Beverley en fin de match ( bon ça, c’est donné à tout le monde tant Beverley a les fils qui se touchent). Trois points, jumpshots, pénétration, CP3 est inarrêtable et met le couvercle sur la victoire des Suns, envoyant son ancienne franchise en vacances.

Cette performance marque aussi l’Histoire NBA en plus de la sienne. Si ces 31 points marquent le plus haut total dans un mi-temps pour Chris Paul dans sa carrière (Saison régulière et playoffs inclues), il rentre aussi dans l’histoire en étant désormais le joueur le plus âgé à inscrire + de 40 points dans un match pour finir une série. Ses 31 points se placent en troisième position des deuxièmes mi-temps les plus prolifiques pour finir une série de Playoffs, à égalité avec Anthony Davis. Voyez plutôt :

Les Finales NBA, enfin.

Cette performance XXL de Chris Paul permet donc aux Phoenix Suns d’accéder aux finale pour la première fois depuis 28 ans. 10 ans après leur dernière participation en post-season, le hommes de Monty Williams se sont donc frayé un chemin jusqu’en Finales NBA pour leur retour, une performance incroyable en pensant qu’il y a juste deux saisons, les hommes de l’Arizona était la deuxième pire équipe de la Ligue (19 victoires 63 défaites).
Pour CP3 c’est donc le jour de gloire, enfin. Après 16 années dans la Ligue, le meneur de 36 ans accède à la plus haute marche. Il se retrouve donc à 4 victoire d’une bague de Champion bien méritée.
Au regard de sa performance et de ses deux dernières saisons, qu’elles semblent loin les punchlines sur son contrat faramineux signé aux Rockets il y a 2 ans.

Une carrière jonchée d’obstacles, de défaites, d’espoir et de désillusions qui ont fait le joueur qu’il est maintenant. Des débuts chez les Hornets qu’il amènera 3 fois en Playoffs en 6 ans, avant d’aller chez les Clippers en 2011 avec le statut de star de la NBA. Une période Lob-City qui deviendra plus Demi-Finale de Conférence-City qu’autre chose, avec de nombreuses éliminations prématurées en demi-finales en 2012, 2014 et 2015 à l’issue d’une incroyable série contre les Rockets de McHale qui remonteront un déficit de 3-1. Déjà un choke pour Doc Rivers, encore une élimination pour CP3. Le meneur déjà surnommé Point God pour sa propreté dans le jeu est un des meilleurs meneurs, mais collectivement ça coince.

Un trio formé avec Griffin et Jordan qui n’aura pas le succès escompté.

C’est à l’été 2017 qu’on pense que son heure vient. Impliqué dans un énorme trade qui verra les Houston Rockets de James Harden envoyer tout ce qu’ils peuvent à Los Angeles pour acquérir le meneur de 32 ans, il retrouve le barbu le plus connu de la NBA pour former un duo qui excite autant qu’il fait peur. Associer un des meilleurs scoreur de la Ligue avec un meneur gestionnaire comme lui, la sauce prend très vite mais la malédiction ne le lâchera pas. Arrivé en Finales de Conférence contre les Warriors, sa cuisse lâchera pour au final perdre 4-3 cette série. Encore raté. Chris Paul est au centre des critiques, trainant cette réputation de loser mais ça n’empêche pas Daryl Morey de lui mettre sur la table ce contrat de 4 ans, pour 160M de dollars. La daronne à l’abri, les enfants et toute sa descendance sur 4 générations aussi, mais les questions se posent pour un meneur de 33 ans sujet à des blessures. L’investissement parait démesuré, mais la suite donnera raison à Daryl Morey.

Un duo si proche d’aller au bout, foutue cuisse.

La deuxième année du projet avec Harden ne se passera pas bien, et CP3 est échangé au Thunder contre Westbrook. La carrière de Chris Paul devient alors le centre d’interrogations diverses, le Thunder ne jouant rien d’autre que la draft NBA. Mais ce qu’on ne savait pas encore, c’est que la carrière du Point God allait connaitre un second souffle dans la franchise de Sam Presti. Il amène cette équipe de gamins en Playoffs contre toute attente, transformant une équipe destinée à perdre en une franchise clutch capable de gagner des matchs. La cuisse tient bon, Chris redore son image et un an après son arrivée, il débarque à Phoenix, tenté par ce projet séduisant entrevu dans la bulle d’Orlando. 6 mois après on le retrouve le trophée de vainqueur de Conférence dans les mains, prêt à aller cherche un autre titre, beaucoup plus prestigieux, pour enfin placer Chris Paul dans la légende des meneurs NBA. Qu’est ce que cela peut aller vite en sport, passer en 2 ans de pire contrat de la Ligue à joueur fondamental dans une équipe en Finales NBA.

Il le dira lui-même après le match d’hier, Phoenix avait des arguments trop importants pour laisser passer l’opportunité. Il retrouve ainsi le coach de ses débuts, Monty Williams, et le joueur qui lui a donné envie de venir, Devin Booker. Vient ensuite la saison actuelle qu’on connait, des victoires, du beau jeu et maintenant une place en Finales NBA. Touchons donc du bois pour CP3, que son corps le laisse tranquille pour qu’on puisse assister avec beaucoup de bonheur les premières finales d’un joueur fabuleux au parcours tout sauf rectiligne.

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