DNCG: Le football français au bord de la crise financière.

A peu près un an après le fiasco Médiapro et en pleine crise des droits télés, le Ligue 1 et ses clubs se retrouve dans une situation financière critique, au bord de la banqueroute selon Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG, le gendarme financier de la L1. Dans un entretien accordé au journal l’Equipe, il prévient les gens: « Le pire est à venir ».

Des banqueroutes à venir?

On le sait, les clubs de Ligue ont beaucoup souffert de la crise liée à la COVID-19. Le retrait de Mediapro de la diffusion télé de notre championnat a aussi fait beaucoup de dégâts, avec des clubs se basant sur les revenus promis pour dégager un budget conséquent. Ces deux facteurs combinés font que les clubs auraient perdus plus de 1 400 millions d’euros la saison dernière, ce qui qui fait craindre de nombreuses conséquences funestes pour certains clubs qui ne peuvent pas compter sur des actionnaires solides pour compenser les pertes.

Dans son entretien, Mickeler ajoute que cette perte immense s’ajoute à celles de la saison d’avant, qui s’élevaient à 1 200 millions d’euros. De ces chiffres, on peut identifier les pertes liées aux droits télé (400 millions d’euros), ou encore les transferts (300 millions d’euros) ainsi que les pertes liées aux billetteries.

Cette dette accumulée fait donc craindre le pire, et la situation actuelle autour de l’attribution de la prochaine saison de Ligue 1 n’est pas plus rassurante, puisque Canal menace de se retirer de l’accord initial. Si cela se fait, se sont 330 millions d’euros qui s’envolent pour les clubs français et si la chute des investissements privés se confirme, des banqueroutes pourraient arriver. Mickeler ajoute aussi que certains actionnaires sont arrivés au maximum de leur capacité d’investissement, et ne pourront bientôt plus assumer ces pertes. Des dépôts de bilans ne seraient pas à exclure selon lui.

Un exemple frappant de ces difficultés est le club des Girondins de Bordeaux. Après des années de galère sportives, le club avait annoncé des pertes avoisinant les 80 millions d’euros en mars 2021. Des pertes qui ont agacé fortement les propriétaires américains (King Street) qui ont dès-lors songé à une revente. Acheté pour 100 millions d’euros à M6 en novembre 2018, le placement n’était plus rentable. Le fond d’investissement s’est donc retiré, laissant les Girondins en position de liquidation judicaire.
Si une rétrogradation administrative était évoquée, il n’en est finalement rien. Après le passage devant la DNCG, Gérard Lopez a pu apporté des garanties et obtenir le maintien du club en Ligue 1. Malgré tout, Bordeaux se voit encadrée sa masse salariale, et est interdit de recruter au-delà de possibles ventes.

La DNCG a du boulot

Le gendarme du foot français a vu passer ces derniers jours beaucoup de représentant de clubs, pour statuer sur les budgets de clubs en difficultés.

Une des grandes recommandations de la DNCG aux clubs a été d’encadrer du mieux possible la masse salariale des clubs, ainsi que de réduire le nombre de joueurs sous contrat. Certains clubs possédants presque 40 joueurs sous contrat dans l’effectif, cela parait démesuré.
Certains clubs comme l’OM, Nantes entre autres ont leur masse salariale encadrée, et la situation de tous les clubs sera étudiée avec attention.

Mais ces passages devant la DNCG pourraient bien faire éclore un scandale en Ligue 1. En réagissant à l’entretien de Mickeler pour L’Equipe, le toujours très bien informé Romain Molina a laisse entendre qu’un des clubs qui était passé devant la commission pour faire valider ses budget avait présenté de faux documents, et que ces budgets avaient été validés sans soucis. Sans pour autant donner der noms, nul doute qu’une telle bombe aura des répercussions et qu’on en saura plus dans les jours à venir.

Cette situation impacte fortement les clubs, qui peu à peu changent leur approche sur le marché des transferts. Si le PSG a effectué une razzia sur les joueurs libres de tout contrat (Wijnaldum, Donnarumma, Sergio Ramos…), l’OM a lui privilégié les prêts avec options d’achats plutôt basses (Under, Pau Lopez…) ou des prêts secs de joueurs à fort potentiel pour pouvoir être compétitifs et dégager des bénéfices sportifs sans payer de indemnités de transfert (Saliba). Du coté des autres clubs comme Lyon ou Monaco, on attend de vendre avant d’acheter.

Si la prochaine saison de Ligue 1 promet d’être excitante du point de vue sportif, la situation économique des clubs sera a surveiller de près cette saison, en espérant que les stades puissent accueillir de nouveau du public, ce qui serait une grande nouvelle pour les finances des clubs français.

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