Giannis Antetokounmpo est Champion NBA : retour sur un parcours de vie hors du commun.

Ça y est, la saison NBA a rendu son verdict dans la nuit du mardi 20 au mercredi 21 juillet 2021, les Milwaukee Bucks sont sacrés champions NBA en venant à bout de Suns héroïque tout au long de la saison. 50 ans après le dernier triomphe final, la franchise du Wisconsin est de nouveau sur le toit de la NBA. Ce sacre marque aussi la consécration pour Giannis Antetokounmpo, qui en 13 ans passe de vendeur ambulant dans les rues d’Athènes à MVP des finales en finissant la série sur une performance all-time de mammouth.

Une enfance dans la misère

C’est ça aussi le sport. Au-delà des efforts, des performances, des chiffres, il y a des histoires qui semblent être directement tirées d’un roman. Des histoires qui vous sortent la petite larmichette quand vous êtes témoins de la réussite d’un joueur, et c’était plus que jamais le cas au moment de voir Giannis soulever le trophée de MVP des Finales.

Fils d’immigré nigérians, il grandit dans un quartier d’Athènes, à Sepolia, en compagnie de 3 de ses 4 frères. Comme pour beaucoup de familles d’immigrés, les revenus ne sont pas flamboyants, le quotidien est difficile et le petit Giannis est obligé très vite d’aller vendre des objets dans la rues pour aider sa famille à survivre. DVD, sacs à mains, ceintures, montres, tout y passe pour ramener un peu d’argent à la maison et ainsi remplir un frigo bien vide. Giannis reviendra sur cette époque pour le média 60 minutes :

« J’étais le meilleur vendeur. J’étais très bon à ça, je ne lâchais jamais, je posais constamment des question (pour ne pas laisser filer les clients intéressés), et j’étais mignon quand j’était jeune. C’était dur, on n’avait pas beaucoup d’argent, mais on était toujours ensemble et on a vécu des bons moments. Cela m’a rendu plus fort. »

Solidarité. Une valeur qui résonne depuis constamment dans la tête du franchise-player de Milwaukee, qui est arrivé en NBA par la petite porte: drafté en 15ème place lors de la draft 2013, il n’avait commencé le basket-ball que depuis 5 ans. Dans la foulée de la victoire de la nuit dernière, Jonathan Givony (Analyste Draft pour ESPN) nous reproposait une interview qu’il avait réalisé avec le joueur en amont de la Draft 2013, sa première en anglais. On y trouve un Giannis tout jeune, humble et loin de l’exubérance que peuvent montrer les jeunes prospects universitaires à notre époque.

Depuis son arrivée dans la grande ligue, le Grec devient rapidement le Greek Freak, du fait de ses bras extrêmement long et sa capacité à impacter des deux coté du terrain. Une évolution impressionnante qui lui vaut à seulement 26 ans (rendez-vous compte) d’avoir un palmarès long comme son bras alors qu’il n’est même pas rentré dans son prime.

All-Rookie second team en 2014, Meilleure progression de l’année en 2017, MVP en 2019, MVP et Défenseur de l’année en 2020, et aujourd’hui Champion NBA et MVP des Finales. Il pourrait prendre sa retraite maintenant qu’il aurait déjà sa place tout en haut de la salle des Bucks, mais aussi dans les first-ballots du Hall of Fame.

Une loyauté sous forme de remerciement.

Avec un tel palmarès, on pourrait se dire que Giannis pourrait avoir envie de changer d’air, mais pas du tout. Il y a encore quelques mois, tout le Wisconsin retenait sa respiration en attendant de savoir si leur pépite allait prolonger son contrat ou non. Agent-Libre à l’été 2021, il était le plus gros poisson à aller chercher, et de nombreux gros marchés s’étaient positionnés sur le dossier. Giannis repousse cependant les prétendant et les tentations pour rester fidèle à la franchise qui lui a tendu la main et qui a sorti sa famille de la misère. Il annonçait déjà la couleur il y a 7 ans, il a tenu sa parole :

Lui qui vient des quartiers pauvres d’Athènes, il était important pour lui de rester fidèle à un petit marché comme celui de Milwaukee, comme un parallèle avec sa vie d’avant. L’objectif est clair, mais en même temps très simple, comme l’homme. Son objectif dans les années à venir? « Avoir des enfants et un titre NBA, c’est tout ce que je veux. Après ça, ma vie sera complète. » Humilité, solidarité, tout ce qui caractèrise Giannis Antetokounmpo.

Il signe donc son extension de contrat à 228 millions de dollars, met la famille à l’abri et fait un pied de nez à une époque où les super-teams se font de plus en plus fréquentes, où les joueurs sont les chefs. Lui reste à Milwaukee pour écrire son histoire. Une histoire qui pourrait bien prendre la forme d’une légende si il continue comme cela, jusqu’à peut-être devenir le meilleur joueur de l’histoire de sa franchise. Il ne voulait pas quitter Milwaukee avant de remettre une bannière au plafond, mission accomplie pour lui, avec encore quelques belles années à venir pour lui et ses lieutenants. Après quelques désillusions en playoffs les saisons dernières, Giannis s’est accroché, à fait preuve de beaucoup de mental pour revenir cette année et proposer une campagne de post-season complètement dingue. Un tout-droit vous avez dit ? Regardez plutôt cette ligne de stats (Surtout toi James Harden) :

30 points / 12.8 rebonds / 5.1 passes / 1.2 contre à 57% au tir et 59% aux lancers, en augmentant encore son niveau de jeu lors de ces finales en mettant tout l’Etat du Wisconsin sur ses énormes épaules pour aller chercher ce premier titre depuis 1971 : 35,2 points / 13,2 rebonds / 5 passes / 1,8 contre / 1,2 interception à 62% au tir. Ce sera tout? On va rajouter 3 matchs à 40 points, 1 contre dans la légende pour ramener son équipe à égalité et un match à 50 points pour finir la série la plus importante de sa carrière. Voilà voilà. Pas mal pour un joueur qui était incertain avant le début de la série après s’être mis la jambe en W lors de la finale de Conférence face aux Hawks.

La victoire est acquise, le trophée Bill Russell dans sa main droite, et cette loyauté, cette solidarité fera encore surface dans ses interview d’après-match, extraits choisis :

« Si je ne remonte plus jamais sur ce podium avec ces trophées, ça me va. Je me sens extrêmement chanceux. Ce que j’espère surtout, c’est que cela montre au monde entier que vous devez avoir espoir. Vous devez croire en vos rêves.« 

C’est mon côté entêté. C’est facile d’aller jouer ailleurs avec d’autres joueurs. J’aurais pu rejoindre une superteam, faire ma part du boulot et remporter un titre. Mais ça là, c’est la manière difficile d’y arriver. C’est LA manière d’y arriver. Et on l’a fait.

Et lorsque Malika Andrews demande à Giannis si il a un mot pour son coéquipier Khris Middleton, avec qui il a tout connu? La réponse est sans équivoque: « We f*cking did it man« . Une réponse qui sonne comme une délivrance, pour fermer des bouches, pour évacuer complètement toutes les interrogations sur le jeu de Giannis et des Bucks et sur leur capacité à remporter un titre NBA. Les détracteurs n’ont plus rien à dire, le projet Milwaukee est validé et c’est peut-être seulement le début d’une domination qui durera plusieurs années.

En l’espace de 13 ans, Giannis aura donc tout connu dans sa vie. La misère à Athènes, l’apprentissage du Basket dans un petit club de quartier avant de se faire drafter par les Bucks, permettre quelques années après de faire venir sa famille avec lui aux Etats-Unis et triompher finalement au bout de nombreux sacrifices. Il n’y a pas eu que des moments de joie pourtant : La mort prématurée de son père deux ans après son arrivée sur le sol américain, les désillusions en playoffs qui se succédaient, mais le Greek Freak a su surmonter toutes ces épreuves, pour devenir maintenant le joueur le plus dominant de la NBA, le petit garçon est monté sur le toit de l’Olympe.

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Ads Blocker Image Powered by Code Help Pro
Bloqueur de publicité détecté !

Aidez-nous à continuer notre activité en désactivant votre bloqueur de publicité ! La publicité fait vivre le site, ne nous laissez pas mourir.

Rafraichir la page