Preview de la saison 2021-2022 de l’OL : le début d’une nouvelle ère ?

Alors que la saison débute, quatrième épisode de la série de l’été, avec le focus mis sur certaines équipes qui seront très intéressantes à suivre. Aujourd’hui, on s’attarde sur l’Olympique Lyonnais qui entame un nouveau cycle. 

Islam Slimani célébrant avec ses coéquipiers son but égalisateur face à Brest au Groupama Stadium, le 7 août 2021. (Stéphane Guiochon / Le Progrès)

Retour sur la saison dernière 

Frustration. C’est le terme adéquat pour la résumer. Après sa demi-finale perdue face au Bayern Munich lors du Final 8 à Lisbonne, l’Olympique Lyonnais a réussi à conserver ses meilleurs joueurs, notamment Memphis Depay et Houssem Aouar, grâce à un marché des transferts lourdement touché par la pandémie de Covid-19. Le club rhodanien avait alors un des meilleurs effectifs de France, que ce soit en qualité ou en quantité, et tous les arguments pour être le principal adversaire du PSG dans la course au titre. Ayant un calendrier allégé du fait de leur non participation en Ligue des champions, Lyon était considéré comme un prétendant sérieux, au-delà de son statut de deuxième budget de L1 (300 millions d’euros). Malgré un début de saison poussif, les Lyonnais sont ensuite montés en puissance jusqu’à enchaîner, de la mi-septembre 2020 à janvier 2021, une série de seize matches sans défaite (dix victoires et six nuls). Ces résultats leur ont permis de s’installer solidement sur le podium de la 14e à la 30e journée et d’être champion d’automne à la trêve hivernale. Mais au fil de la saison, Lyon a fini par prendre une mauvaise habitude : ne jouer qu’une mi-temps par match. Un défaut qui a persisté tout au long de la deuxième partie de saison. À tel point que Monaco, qui avait trouvé son rythme de croisière, a réussi à passer devant l’OL au classement. Leur dernier match résume à lui seul la saison des Gones. À la mi-temps, ils menaient contre l’OGC Nice (2-0) pendant que Monaco était tenu en échec à Lens (0-0). Au classement, cela leur laisser l’opportunité de repasser devant les Monégasques sur le gong. Sauf que les Lyonnais se sont effondrés en seconde période et ont fini par perdre le match (3-2). Conséquences : une non-qualification en Ligue de champions et le regret de ne pas avoir profité de la méforme du Paris Saint-Germain avec ses huit défaites. Chose que le LOSC a, au contraire, su faire en remportant le trophée de champion de France. La faute à l’irrégularité lyonnaise qui aura été la seule constante de cette saison. 

À la 38e journée, l’OL termine 4e. Ce serait une réussite pour la plupart des clubs de Ligue 1 mais c’est un échec pour les Rhodaniens, surtout dans un contexte aussi particulier. Sans titre depuis neuf ans, Lyon a vu le LOSC sacré pour la deuxième fois depuis son dernier titre de champion en 2008. Entre temps, Bordeaux, Marseille, Montpellier, Monaco et, évidemment, Paris ont aussi soulevé l’Hexagoal, mais plus l’OL, qui a pourtant rarement été en aussi bonne posture de le faire que cette saison. Pire encore, pour la première fois depuis plus de 20 ans, le club de Jean-Michel Aulas rate la Ligue des champions pour une deuxième année consécutive. À qui la faute ? Pour les supporters, le responsable est tout trouvé : le coach Rudi Garcia, ciblé par toutes les critiques depuis son arrivée. En presque deux ans à Lyon, il n’a pas réussi à qualifier le club pour la C1, comme il ne l’avait pas fait à Marseille auparavant. Son conflit larvé avec le directeur sportif, la légende du club Juninho, qui n’a toujours pas réussi à qualifier le club en C1 non plus depuis son arrivée à l’été 2019, ne l’a pas beaucoup aidé. Alors que les tensions étaient vives en coulisses, Rudi Garcia les a rendues publiques, au soir de la dernière journée de Ligue 1. « Je voulais quitter le club en le laissant en Ligue des champions et ce n’est pas le cas. […] Bien sûr, je ne serai pas là la saison prochaine. Ça fait longtemps que je l’ai décidé moi-même, car je ne peux pas continuer à travailler et à faire progresser le club dans ces conditions. Ce n’est pas l’endroit et le moment pour l’expliquer, mais je ne continuerai pas. Et si le président a quelque chose à me proposer demain, je ne serai pas candidat à ma propre succession. » Une fin de saison au goût amer. 

Bilan de l’intersaison 

Pour effacer l’exercice décevant que le club a connu la saison dernière, l’Olympique Lyonnais a fait appel au Néerlandais Péter Bosz pour succéder à Rudi Garcia. Ancien entraineur de l’Ajax Amsterdam et du Bayer Leverkusen, il a fait son arrivée sur le banc pour créer un vent de renouveau. Connu pour sa philosophie de jeu, ses inspirations sont Pep Guardiola et son compatriote Johan Cruyff. Il prône un jeu offensif basé sur la possession et une intensité importante à la perte du ballon. Pour appliquer ses principes, il a donc réclamé des joueurs capables de s’adapter à sa façon de jouer. Problème, le mercato n’a pas suivi. À ce stade, il est assez calme. Malgré les départs de Joachim Andersen à Crystal Palace pour 17,5 millions d’euros et des bonus, ainsi que Jean Lucas à l’AS Monaco contre un chèque de 11 millions d’euros et 1M€ de bonus, les supporters espèrent bien mieux de cette intersaison. Du côté des départs, c’est un secret de Polichinelle, Houssem Aouar ne sera pas retenu en cas d’offre intéressante. Quelques clubs anglais seraient intéressés par son profil mais aucun n’a fait d’offre concrète. Il y a un an, l’OL espérait le vendre pour 50-70 millions d’euros. Sauf que la pandémie de Covid-19 est passée par là et a grippé le marché des transferts. Aujourd’hui, les Rhodaniens pourraient lui ouvrir la porte pour 20-25 millions d’euros. Thiago Mendes et Maxwell Cornet sont, eux aussi, annoncés sur le départ mais les négociations semblent trainer. 

Résultat, l’OL n’a pas beaucoup de moyens à investir sur des joueurs faisant qu’il y a très peu de recrutement. Seuls Damien Da Silva, qui a signé libre depuis son départ du Stade Rennais pour remplacer numériquement l’Algérien Djamel Benlamri, et le Brésilien Henrique Silva Milagres, en provenance de Vasco de Gama pour pallier au transfert surprise de Melvin Bard à Nice, ont rejoint les Gones. Mais plusieurs autres noms sont dans les tuyaux de l’Olympique Lyonnais comme Clément Grenier et Emerson Palmieri de Chelsea. L’Ajacide André Onana, qui était longtemps pressenti pour signer à l’OL, a finalement décidé de ne pas s’engager au club. Peter Bosz attend encore des renforts, dont le successeur de Memphis Depay qui n’a toujours pas été trouvé, pour appréhender au mieux cette saison. Il souhaite au moins un joueur par ligne avant le 1er septembre et l’a fait savoir en conférence de presse, juste avant la réception de Brest au Groupama Stadium. « Les joueurs recrutés étaient déjà là quand je suis arrivé. Heureusement, le mercato se termine fin août. On a encore le temps d’équilibrer l’effectif, on a besoin de bons joueurs dans chaque ligne. On a besoin de qualité, par rapport à notre philosophie de jeu », confiait-il. 

Un appel lancé après des matches amicaux qui n’ont pas rassuré le coach lyonnais. Dix buts ont été encaissés lors des trois derniers matchs de préparation, une statistique inquiétante. Face à Porto (3-5), le Sporting Portugal (2-3) et Villarreal (2-2), la défense rhodanienne a sombré, manqué de tout et démontré que l’adaptation aux principes de jeu de Peter Bosz prend du temps. L’entraîneur néerlandais apprécie que son équipe récupère le ballon haut sur le terrain et sa défense s’expose donc forcément dans son dos. Une fin de préparation compliquée défensivement qui pourrait faire office de piqûre de rappel en ce début de saison. C’est en tout cas ce qu’espère Bosz, comme il l’expliquait après le match face à Porto : « Dix buts en trois matchs, c’est vraiment trop. C’est ce que j’ai dit aux joueurs. […] Je suis content que ça arrive aujourd’hui car ça va me permettre de dire aux joueurs : ‘si on fait ça, on n’arrivera pas où on veut aller’. En championnat, ça ne passera pas. » L’entraîneur de l’OL a aussi profité de la préparation pour lancer les jeunes Malo Gusto (18 ans), Habib Keita (19 ans) et Castello Lukeba (18 ans), tout en testant ses deux recrues Damien Da Silva et Henrique Silva Milagres. Le club est encore à la recherche d’un latéral gauche et le retour de Jason Denayer, qui a été absent face à Brest, va faire le plus grand bien. Mais la défense reste le gros point d’interrogation côté lyonnais en ce début de saison. En attaque également, des incertitudes pèsent après le départ du capitaine Memphis Depay.

Le joueur à surveiller : Rayan Cherki

Sur le papier, l’arrivée de Peter Bosz sur le banc de l’OL est une bonne nouvelle pour les jeunes joueurs formés au club dont Rayan Cherki. Partout où il est passé, le coach néerlandais s’est fait remarquer pour sa propension à donner du temps de jeu aux jeunes joueurs. À l’Ajax Amsterdam, il a profité d’un des centres de formation les plus réputés du continent pour lancer en professionnel des joueurs comme Matthijs de Ligt, Frenkie de Jong ou Donny van de Beek, qui évoluent désormais à la Juventus, au FC Barcelone et Manchester United. Au Borussia Dortmund, il a accompagné l’éclosion de Jadon Sancho et celle de Kai Havertz au Bayer Leverkusen. Alors que Lyon est, selon une étude de l’Observatoire du football CIES, le troisième meilleur centre de formation d’Europe, cette capacité à travailler avec les jeunes pourrait faire passer un cap à Rayan Cherki (17 ans). Présenté comme l’avenir de Lyon à 18 ans, l’attaquant peut saisir sa chance cette saison avec son club formateur.

Alors qu’au même âge, d’autres joueurs prometteurs, comme Eduardo Camavinga (Rennes), Pedri et Ansu Fati (Barcelone), ont déjà montré ce dont ils étaient capables dans leur championnat respectif, Rayan Cherki n’a débuté que cinq rencontres en Ligue 1. Il n’a jamais pu enchaîner, ne laissant entrevoir son talent qu’en Coupe de France. À charge pour lui de se mettre en évidence et de s’adapter aux principes de Peter Bosz, un défi pour lui jusqu’à présent. À en croire L’Equipe, les caractéristiques de Rayan Cherki ne correspondraient pas à ce que demande son nouvel entraîneur. À tel point qu’il l’aurait souvent repris durant les entraînements, lui reprochant de ne pas écouter ses consignes. Une difficulté d’adaptation nuancée par le coach néerlandais en conférence de presse, à la veille du match contre Brest. « Cela se passe bien avec Rayan. Il a 17 ans, bien sûr il a beaucoup de choses à apprendre, mais comme un joueur de 32 ans doit apprendre. Il a déjà beaucoup de qualités et il a aussi beaucoup de choses à travailler. Mon rôle est de prendre les joueurs sous mon aile pour les aider, les faire progresser. » L’œil extérieur de Peter Bosz aidera peut-être l’espoir lyonnais à gagner ce qui lui manque et à devenir un joueur de haut niveau capable de se fondre dans un collectif, lui qui a souvent montré ses exploits individuels sur les réseaux sociaux. La concurrence étant traditionnellement forte à l’OL, il n’aura pas d’autre choix que de se plier aux exigences du jeu professionnel pour s’imposer et devenir la pierre angulaire du projet lyonnais dans les prochaines années, comme l’envisage Jean-Michel Aulas. À seulement 18 ans, Rayan Cherki ne devra pas rater ce premier tournant important dans sa carrière

Rayan Cherki face à Wolfsburg au Groupama Stadium, le 17 juillet 2021.
(Philippe Desmazes / AFP)

Quelles ambitions cette saison ?

Comme à chaque début de saison, le but est de se qualifier pour la prochaine Ligue des champions. Rudi Garcia, qui n’y est pas parvenu ces deux dernières saisons, en a fait les frais. Peter Bosz, nouvel entraîneur du club, est celui qui doit refaire résonner la musique de la C1 au sein du Groupama Stadium. L’OL devra aussi livrer une autre bataille, celle de la C3. Le président Jean-Michel Aulas a annoncé la couleur dans les colonnes de L’Equipe. « Notre objectif numéro un sera d’aller chercher la Ligue Europa. Même si c’est prétentieux, il faut la jouer pour la gagner. C’est l’année où jamais vu notre effectif pour nous imposer. On a une équipe de grande qualité et j’ai une grande confiance pour qu’on aille loin dans cette épreuve avec un entraineur de grand talent », affirmait-il. S’il n’est pas question de jouer le rôle de figurant, reste à savoir si l’OL sera capable de jouer sur les deux tableaux, en Ligue 1 et en C3. Une tâche qui s’annonce difficile car, la saison dernière, les Lyonnais n’ont pas réussi à se qualifier pour la Ligue des champions alors qu’ils ne jouaient que les week-ends. La situation est différente cette saison. Ils joueront deux matches par semaine, avec en plus un effectif qui ne s’est pas vraiment renforcé. Voire qui s’est affaibli avec le départ de Memphis Depay, lui qui portait son équipe à bout de bras dans les moments difficiles. S’ils veulent atteindre les objectifs qu’ils se sont fixés, les dirigeants rhodaniens devront répondre aux demandes de Peter Bosz. 

En plus des résultats, les supporters lyonnais sont également à la recherche d’une équipe agréable à voir jouer. Depuis plusieurs saisons, Lyon leur propose un jeu aseptisé, sans ligne directrice. Et en arrivant, l’ancien entraineur du Borussia Dortmund souhaite justement que son équipe pratique un jeu attractif. « On a beaucoup parlé de la façon de jouer, ce qu’on voulait de moi. Tout commence par une philosophie. La philosophie, c’est le foot offensif. […] Je veux gagner et je veux que les fans soient contents de la manière », expliquait-il à L’Équipe il y a quelques semaines. Quitte parfois à ce que les résultats soient secondaires ? Mieux vaut que la mayonnaise prenne rapidement entre Peter Bosz et son effectif car il risquerait de connaître le même destin que Sylvinho. Premier entraineur choisi par le directeur sportif Juninho, il a été remercié après seulement onze matches disputés (trois victoires, quatre nuls et quatre défaites) au début de la saison 2019-2020. Le Néerlandais est certes un entraîner confirmé, contrairement à Sylvinho qui débutait sa première expérience sur un banc, mais insuffler son style de jeu à une équipe prend du temps, encore plus lorsque le coach n’a pas les joueurs qu’il demande. L’OL lui laissera-t-il le temps de travailler sur le long terme ? Rien n’est moins sûr car l’hypothèse d’une troisième saison consécutive sans Ligue des champions serait inimaginable, mettant une sacrée pression sur les épaules de Peter Bosz. Du spectacle et des résultats sont attendus sur la pelouse du Groupama Stadium cette saison mais reste à savoir si la greffe prendra. 


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