(Partie 2) Tour d’Espagne : les flops de la première semaine de course

Aujourd’hui, c’était repos pour les coureurs de la Vuelta a Espana ! L’occasion de tirer un premier bilan après neuf jours de course. Après avoir évoqué les tops en partie 1, nous voici de retour avec la seconde partie dédiée aux flops !

Les flops

Arnaud Démare (Groupama-FDJ)


Arrivé hors délais à Tignes sur le dernier Tour de France, Démare n’a pas couru avant la Vuelta qu’il a abordé revanchard, soucieux d’effacer cette élimination qu’il n’a toujours pas complètement digéré. Entouré d’une équipe entièrement dévouée à sa cause, redouté par ses adversaires, l’ancien champion de France comptait bien refaire le même coup que sur le Giro l’an passé, où il avait enlevé quatre étapes.

Mais au bout de neuf étapes, le bilan est négatif : aucune victoire et une deuxième place lors de la quatrième étape en guise de meilleur résultat. Cette fois-ci, bien lancé par son train (peut-être un peu tôt ?), Démare était seulement tombé sur un Fabio Jakobsen irrésistible. En revanche, lors de la deuxième, de la cinquième et de la huitième étape, le français n’est pas parvenu à pleinement s’exprimer. Chahuté par les autres sprinters, mal emmené ou trop enfermé pour pouvoir produire son effort, le français a de quoi être frustré, d’autant plus que les jambes semblent bonnes.

Alors, quelles sont les raisons de ces échecs répétés ? Dans plusieurs sprints, le poisson-pilote d’Arnaud Démare, Jacopo Guarnieri, a affiché ses limites, ne parvenant pas à placer et à lancer correctement son coéquipier. Par exemple, lors de la cinquième étape, l’italien n’est pas parvenu à remonter son leader sur le côté droit à 400m de la ligne, malgré le gros travail de placement effectué en amont par Ramon Sinkeldam. La petite forme de l’Italien s’est confirmée hier : peu à l’aise dès que la route se cabre, Jacopo Guarnieri a été contraint à l’abandon à 90km de l’arrivée. Sur le site de son équipe, son directeur sportif Thierry Bricaud a confirmé les impressions de ces derniers jours, expliquant que Guarnieri « n’est pas spécialement au mieux depuis le départ de cette Vuelta. Il est bien, mais pas impérial, et cela se paie cash quand on arrive dans la montagne, qui n’est pas du tout son terrain de jeu ».

Suite à cet abandon, c’est tout le train de la Groupama-FDJ qui doit se réorganiser pour les sprints à venir, avec probablement Ramon Sinkeldam en dernier lanceur. De quoi permettre à Arnaud Démare de débloquer enfin son compteur ? Pour cela, le français va aussi devoir, de lui-même, parvenir à se faire sa place dans le peloton pour ne pas perdre les bonnes roues et pouvoir sprinter…

L’équipe Ineos-Grenadiers


Venue au départ de cette Vuelta avec quatre leaders potentiels (Richard Carapaz, Adam Yates, Egan Bernal et Pavel Sivakov), la formation britannique a connu de nombreux déboires en cette première semaine de course et n’est plus du tout en position de force.

Rapidement en effet, Sivakov et Carapaz ont perdu beaucoup de temps dès la première étape de montagne qui s’achevait au Picon Blanco, l’équatorien cédant une minute sur Roglic et le franco-russe plus de cinq minutes. Hier, ce fut au tour d’Egan Bernal d’afficher de gros signes de faiblesses dans l’ascension finale, puisqu’il a cédé 1’05’’ sur Roglic et Mas. Seul Adam Yates, auteur de trois attaques tranchantes hier, semblent être dans le bon tempo pour la course au classement général. Hélas, contré par Mas et Roglic, le britannique a tout de même perdu 41 secondes sur les deux hommes après avoir cédé 31 secondes lors de la deuxième étape, gêné par une chute dans le peloton.

Résultat, lors de cette première journée de repos, Egan Bernal est cinquième à 1’52’’ de Roglic et Adam Yates est sixième, à 2’07’’ du Slovène. Carapaz a quant à lui complètement explosé. Puisque le colombien semble en petite forme, il est possible que le leadership chez Ineos-Grenadiers passe sur les épaules d’Adam Yates, très entreprenant depuis le départ. Les deux hommes pourront cependant compter sur la force collective de cette équipe armée pour la haute montagne pour tenter d’animer les étapes et de renverser la course, ce qu’ils ont d’ailleurs tenté de faire hier, à plus de 70km de l’arrivée… en vain donc. Dans tous les cas, quelque soit le leader, la formation Ineos-Grenadiers va devoir rapidement passer à l’attaque pour inverser la tendance.

Mikel Landa (Bahrain Victorious)


De retour sur les routes de son tour national pour la première fois depuis 2015 (25e et une victoire d’étape), Mikel Landa avait pour objectif de remporter le maillot rouge après son abandon précoce sur les routes du dernier Tour d’Italie, où il semblait être dans la forme de sa vie. Remis de sa fracture de la clavicule gauche, le basque s’est même imposé sur le dernier Tour de Burgos, course par étape préparatoire à la Vuelta. Pourtant, rien n’a fonctionné comme prévu depuis le début de la compétition.

Dès le contre la montre inaugural, Landa concède près de 40 secondes à Roglic dans les rues de Burgos. Ensuite, dès qu’une pente s’est présentée sous ses roues, il a affiché des limites physiques inquiétantes, cédant des poignées de secondes à ses adversaires là où il devrait normalement les distancer. Hier, dans l’Alto de Velefique, le grimpeur ailé a plié ses ailes pour de bon. A l’arrêt dès le pied de l’ascension, incapable de suivre le rythme imposé par l’équipe Ineos-Grenadiers, Landa a achevé son calvaire quatre minutes après l’arrivée de Roglic et de Mas. Son directeur sportif Gorzad Stangelj a ensuite confié après la ligne que « Mikel ne se sentait pas au mieux dès ce matin ».

Désormais seizième à 5’46’’ de Roglic, les rêves de victoires de Landa semblent envolés, comme (trop) souvent sur les grands tours qu’il dispute. Et ce d’autant plus qu’au sein de son équipe, qui a placé trois coureurs dans le top 10, Jack Haig, quatrième au classement général à 1’42’’ de Roglic, semble être capable de lutter pour le podium. Avec le soutien de Landa ?

Ce qui attend les coureurs

Demain, les hommes du peloton reprennent la route de la Vuelta avec une étape de 191km disputée sur le bord de mer entre Roquetas del Mar et Rincon de la Victoria. Une journée sans grande difficulté, si ce n’est l’ascension du Puerto de Almachar (10,2km à 5% de moyenne), dont le sommet est placé à 17km de l’arrivée. Un terrain qui pourrait donc permettre à une échappée de se jouer la gagne. Il faudra probablement attendre la 14e étape, qui s’achève au sommet du Pico Villuercas, pour assister à une nouvelle explication entre les différents protagonistes du classement général, avec une question : qui pourra faire vaciller Primoz Roglic ?

Alexis Kopp

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