25 mai 2005, le jour où Liverpool a réussi l’impossible

Ce mercredi, Liverpool reçoit le Milan AC pour le retour de la Ligue des Champions à Anfield. Un stade qui sera comble pour accueillir l’un des meilleurs ennemis européens des Reds. L’occasion de revenir sur ce fameux 25 mai 2005, jour marquant pour la planète football, qui a connu l’un des plus grands séismes de son histoire.

Dans la reine des compétitions européennes, l’histoire récente avait effacé la rivalité sportive que se livraient le Liverpool FC et le Milan AC. Alors que les Scouses festoyaient ces dernières années à la table des plus grands, et recevaient un sixième sacre en 2019, les Rossoneri mangeaient leur pain noir en attente de jours meilleurs.

De nouveau convié à la grande messe des meilleures écurie du continent, le Milan et ses sept couronnes ne pouvaient emprunter un autre itinéraire que celui d’Anfield Road pour ce nouveau baptême du feu. Car en tant que grande capitale européenne de la mode, Milan ne pouvait ignorer que le sport aussi était un éternel recommencement.

Affiche majeure des années 2000, les Lombards restent sur une finale remportée en 2007 face à leurs homologues anglais (2-1). Mais si ce succès leur avait permis d’apaiser le cauchemar vécu deux ans plus tôt, il ne traversera jamais en premier l’esprit des puristes du ballon rond, au moment d’évoquer le nom de ces deux mythes de leur sport. Le 25 mai 2005, pour la cinquantième finale de Ligue des Champions, ce que l’on a appelé le « miracle d’Istanbul » a contribué à écrire la légende du Liverpool Football Club.

Le contexte du match


A l’heure de défier le Milan AC des Maldini, Pirlo ou Inzaghi, Liverpool ne se présente pas comme le favori naturelle de cette finale. Au terme de la saison 2004-2005 de Premier League, les Reds ont terminé à la cinquième place du championnat. Une défaite en finale de la Ligue des Champions ne leur permettrait donc pas de reprendre part à la compétition pour le prochaine exercice.

A l’inverse, les Italiens abordent cette rencontre avec confiance. Champions d’Europe en 2003 et champions d’Italie en 2004, il inspirent beaucoup de respect et de crainte sur le vieux continent. C’est donc avec l’expérience des grands rendez-vous qu’il atterrissent à Istanbul pour tenter d’y remporter une septième fois la compétition.

Pour parvenir à ce stade de la compétition, les deux équipes ont su déjouer tous les pièges. Les Reds ont terminé deuxième de leur poule, derrière Monaco, et se sont qualifiés en huitièmes de finale à la faveur d’une différence de buts positive par rapport à l’Olympiakos. Les joueurs de Rafa Benitez ont ensuite remporté des matches de phase finale de haute volée, en éliminant le Bayer Leverkusen (6-2), la Juventus (2-1), puis le champion d’Angleterre Chelsea (1-0).

Milan a pour sa part réalisé un parcours presque immaculé. Premiers de leurs groupes devant le FC Barcelone, les joueurs de Carlo Ancelotti ont successivement éliminé Manchester United (2-0), leur rival intériste (5-0) et le PSV Eindhoven (3-3, victoire 2-0 à domicile). C’est donc une deuxième finale en trois saisons pour le grand Milan, tandis que le LFC retrouve ce frisson pour la première fois depuis 1985.

Liverpool sous la botte italienne


L’entame de match est cauchemardesque pour les coéquipiers de Steven Gerrard. Après seulement 52 secondes de jeu, Djimi Traoré offre un premier coup-franc excentré sur la droite aux Rossoneri. Andrea Pirlo s’en charge et centre à mi-hauteur pour le gaucher Paolo Maldini qui réussit l’exploit d’ouvrir le score, en reprenant le cuir de volée avec son pied droit (0-1, 1′).

Les affaires de Liverpool s’aggravent lorsque l’Australien Harry Kewell est contraint de sortir avant la demi-heure de jeu (23′). Milan Baros, passé ensuite par Aston Villa et Lyon fait son entrée en jeu. La domination du Milan s’intensifie dangereusement, et Andriy Chevtchenko se voit refuser un but pour hors-jeu. Mais les protégés du Liverbird craquent bien une seconde fois, lorsque l’Argentin Hernan Crespo double la mise, en fin de première période, en concluant dans le but vide une action initiée par Kaka, et relayée par Chevtchenko (2-0, 38′).

La furia milanaise n’est pourtant pas terminée. Liverpool vacille et les hommes de Berlusconi pensent lui infliger le but du K-O, quand Hernan Crespo s’offre un doublé, juste avant la pause, en profitant d’une passe « laser » de Kaka pour battre Dudek (3-0, 44′). Le sort du match semble plié. Plus personne ne croit en un retour des Anglais et la cote d’une victoire de Liverpool passe à 359 contre 1. De nombreuses personnes éteignent leur télé – dont moi – en saluant la performance italienne.

Hernan Crespo croyait avoir donné l’avantage décisif aux Milanais…

Le miracle d’Istanbul


Un nouveau match débutent avec le coup d’envoi de la seconde période. Les Anglais n’ont plus rien à perdre et puisent au plus profond d’eux-mêmes pour y trouver des ressources inespérées. Rafa Benitez sort un coup de génie, en faisant entrer Dietmar Hamann à la place de Steven Finnan. L’ancien du Bayern Munich parvient à museler Kaka et permet à Steven Gerrard de monter sur le terrain pour presser Andrea Pirlo, qui ne parvient alors plus à distiller le jeu comme il le désire. C’est d’ailleurs le capitaine historique des Scouses qui montre la voie en marquant de la tête le but de l’espoir (3-1, 54′). De quoi galvaniser le peuple reds venu en masse dans l’ancienne Constantinople. 

Leadership de Gerrard et coaching de Benitez, cocktail gagnant

Trois buts en six minutes !

La peur gagne peu à peu les cœurs italiens. Deux minutes seulement après le but de Steven Gerrard, Vladimir Smicer tente sa chance depuis l’extérieur de la surface, aux 25 mètres, pour tromper Dida d’une frappe sèche (3-2, 58′). Le vent tourne. Les Reds sont galvanisés et jouent comme si leur vie en dépendait tandis que les joueurs menés par Paolo Maldini doutent, souffrent et ne parviennent plus à reprendre l’ascendant. Pire, ils s’effondrent définitivement en concédant un troisième but en six minutes.

Lancé en plein coeur de la surface, Steven Gerrard se fait faucher par Gennaro Gattuso et obtient un penalty. Xabi Alonso s’élance, bute sur Dida, mais suit parfaitement pour reprendre le ballon du pied gauche, sous la barre du portier brésilien (3-3, 60′). Les Reds ont remonté leur écart de trois buts en un éclair… La dernière demi-heure se tend, et aucune équipe ne parvient à marquer. Monsieur Mejuto Gonzalez, l’arbitre de la rencontre, envoie les deux équipes en prolongations. Inespéré pour les joueurs du Nord-Ouest de l’Angleterre. 

Dudek dans l’histoire

Les prolongations sont marquées par l’héroïsme de Jerzy Dudek, qui écarte un premier tir avant d’en sauver un second, dans la foulée avec sa tête, sur une frappe à bout portant. C’est à ce jour l’un des arrêts les plus miraculeux de l’histoire de ce jeu. Le score est donc toujours le même quand l’arbitre siffle la fin des prolongations. Les penaltys sont la suite logique et ce titre de champion d’Europe va se jouer non pas à la roulette russe mais à la roulette turque. 

Le Brésilien Serginho est le premier à effectuer sa tentative pour Milan mais frappe au-dessus. Ça commence mal pour les Italiens. Hamann ne se fait pas prier pour donner l’avantage aux Reds par la suite. Comme un symbole du doute italien, c’est Andrea Pirlo qui rate ensuite son penalty arrêté par Dudek. Dans la foulée, le Français Djibril Cissé donne deux buts d’avance aux Anglais. Tomasson ouvre enfin le compteur des Milanais qui y croient à nouveau après l’échec de Riise face à Dida.

Kaka marque à nouveau et les deux équipes se retrouvent dos à dos avec un tir en moins pour les joueurs de Gerrard. Smicer marque son penalty et donne un avantage décisif à son équipe. L’Ukrainien Chevtchenko se présente devant Dudek. Si le Polonais l’arrête c’est terminé et Liverpool est champion, sinon la séance continue. Mais Dudek trompe une nouvelle fois les buteurs milanais et arrête le tir de l’Ukrainien. Liverpool est champions 20 ans après sa défaite face à la Juventus et le Drame de Heysel.


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