Les 5 raisons qui expliquent pourquoi l’OM démarre fort cette saison.

Attraction de cette saison après un mercato très agité, l’Olympique de Marseille réalise un excellent début de saison peut-être au-delà des espérances des supporters marseillais après plusieurs saisons galères durant les années Garcia et Villas-Boas. Alors pourquoi l’OM fonctionne-t-il aussi bien en début de saison?

Sampaoli, enfin la maturité.


Arrivé en cours de saison dernière pour succéder à André Villas-Boas, le sulfureux entraineur argentin a su se faire aimer rapidement des supporters phocéens. Dans le circuit depuis pas mal de temps maintenant mais avec des expériences diverses dans chacun des clubs où il a entrainé, Jorge Sampaoli s’est servi de son expérience pour corriger ses défauts et enfin trouver la bonne formule dans un club qui ne demandait qu’à rugir de nouveau.

Lors de son premier passage en Europe, au FC Séville, Sampaoli adoptait déjà un style de jeu très offensif, mais sans pour autant trouver l’équilibre entre les situation d’attaque à tout va et les moments où son équipe défendait beaucoup. Un manque d’équilibre dans le dispositif qui usait ses joueurs tant mentalement que physiquement avec l’intensité mise à chaque rencontre. Malgré tout, l’ancien marseillais Samir Nasri qu’il a côtoyé en Andalousie se souviens des causeries de l’argentin:

« C’est la grinta ! Il me donnait des frissons avec ses speechs avant les matchs. Tu vois cet entraîneur, petit, avec ses tatouages, en survêtement… c’est de la bombe ce mec ! On avait une relation de dingue. »

Après ce court passage à Séville, Sampaoli est choisi pour emmener la sélection argentine au Mondial 2018 pour succéder à Edgardo Bauza. Et là encore, l’équilibre ne sera jamais trouvé par Sampaoli, avec certes un vivier de joueurs très déséquilibré entre la défense et l’attaque, mais les changements permanents de dispositifs tactiques (passages de 3 à 4 défenseurs notamment) ont fait que la stabilité n’a jamais été au rendez-vous. Encore une fois sa relation avec les joueurs s’est détériorée, les cadres du groupe contestaient sa manière de jouer, et l’Argentine sortait par la petite porte d’un Mondial raté, éliminée par la France en huitième de finale.
Claudio Mauri, journaliste argentin, rapporte aussi que son caractère ne passait pas avec les joueurs :

« Le groupe n’a pas supporté sa manière de gérer, son caractère très fort, explosif. Il y a eu des confrontations avec certains joueurs. Il n’a jamais su se mettre Messi dans la poche. Il l’a placé tellement haut qu’il a fini par le lasser, le mettre mal à l’aise »

Messi / Sampaoli, la mayonnaise n’a jamais vraiment pris.
(AFP / Giuseppe CACACE)

Il ne perd cependant pas de temps pour trouver un autre club, profitant de sa belle cote au Brésil pour aller entrainer Santos, puis l’Atlético Mineiro. Là-bas, les résultats suivent et son jeu séduit toujours autant, malgré encore quelques déséquilibres dans ses systèmes. C’est surtout à Mineiro que Sampaoli affinera ses méthodes, avec cette justesse entre la défense et l’attaque, se servant de sa volonté de jouer offensif pour mettre en place un pressing intense et ainsi récupérer les ballons haut sur le terrain. Cette possession de balle permet à son équipe de moins se fatiguer et de pratiquer un jeu plaisant à regarder.

Toutes ces expériences ont permis à Sampaoli de fignoler son projet de jeu, ses méthodes, et on voit bien que tout ce qu’il a voulu mettre en place dans ses clubs précédents se retrouvent à l’OM. Pressing haut, jeu offensif, défense à 4, son caractère semble très bien passer avec ses joueurs aussi, et surtout cette grinta colle parfaitement avec la ville de Marseille, ce qui nous offre un entraineur en osmose avec ses supporters. Reste à savoir si cela va durer maintenant, c’est tout ce que l’on souhaite pour l’OM, et la Ligue 1.

Un groupe uni plein d’automatismes


Un des ingrédients de ce début de saison réside aussi dans la vitalité qui règne dans le groupe de joueurs marseillais. Malgré un chamboulement complet de l’effectif avec pas moins de 11 arrivées, on sent que tous les joueurs veulent se défoncer pour le coéquipier, par une récupération, une course, ou tout simplement lorsqu’on assiste aux célébrations après les buts marseillais.

Un groupe solidaire, ça change tout !

Aussi, cet effectif semble échapper à la starification d’un ou de plusieurs joueurs dans un club comme l’OM. Alors que durant les saisons précédentes l’équipe de Marseille pouvait se reposer sur quelques stars au-dessus des autres, ici on ne sent pas de supériorité entre les joueurs. Même Payet qui pourrait prétendre à ce titre de patron de l’équipe semble vouloir davantage jouer pour les autres que l’inverse. Cela donne un groupe uni, qui prend le même plaisir à faire marquer un cadre comme Payet qu’un jeune comme Dieng. Le profil des éléments recrutés par Longoria cet été permet aussi ce sentiment d’égalité entre les joueurs. Beaucoup de recrues sont des espoirs du football en perte de vitesse (Guendouzi, Under, Peres (qui a eu une expérience raté en Europe avant le Brésil), Milik), des joueurs qui ont un sentiment de revanche, pour prouver qu’ils ne sont pas morts et cela se ressent au sein du groupe.

Pour terminer, si l’OM fonctionne aussi bien après seulement 6 journées, c’est aussi parce que les joueurs se connaissent déjà très bien. Malgré un recrutement XXL en terme de quantité, les recrues ont été accueillies très tôt dans la préparation, ce qui a permis à Sampaoli de pouvoir travailler longtemps avec ce groupe pour mettre en place ses idées de jeu. Le seul renfort tardif est Pol Lirola, qui connait déjà la maison pour y avoir joué la saison dernière en prêt, aucun problème d’adaptation donc. Les joueurs combinent déjà dont très bien ensemble, ce qui est impressionnant vu le style de jeu pratiqué par les olympiens, basé sur la liberté créative de ses joueurs, tant par la passe que dans le déplacement.

Une équipe imprévisible


Justement cette équipe, cette liberté créative laissée aux joueurs permet à l’OM d’être imprévisible sur le terrain. Lors des saisons précédentes il était trop facile de préparer un match contre l’OM, puisque les dangers étaient facilement identifiables. Payet, Thauvin, et c’est tout, en gros. Et cette dépendance a beaucoup nuit à cette équipe puisque quand ces joueurs sont en méforme, les résultats ne suivent plus.

Cette saison c’est différent. Il y a beaucoup plus de menaces dans cet effectif, des joueurs capables de faire la différence à tout moment dans chaque ligne et les équipes ne peuvent pas se contenter de surveiller 1 ou 2 joueurs, sous peine de se faire punir par les autres. Pour illustrer ces propos, regardons les buteurs marseillais sur ce début de saison. Pas moins de 6 buteurs déjà pour un total de 13 buts marqués (Ünder 4, Dieng 3, Payet 3, Harit, Gerson et Guendouzi 1).

Amine Harit, dernier buteur en date de l’OM.

Cette pluralité de buteurs est à mettre en association avec les passeurs, et là encore la dernière passe peut venir de partout! 9 passeurs différents pour 13 buts marqués, autant dire que le jeu marseillais n’est pas du tout centralisé, il est imprévisible et les milieux comme les défenseurs peuvent être dangereux (le but de Harit face à Rennes en est l’exemple parfait, avec cette ouverture lumineuse de Peres dans le dos de la défense.)

Les marseillais peuvent aussi varier leur style de jeu, avec un vrai 9 à la pointe de l’attaque, ou jouer avec un milieu offensif pour brouiller les pistes et faire manquer de repères à la défense adverse. Le retour de Milik d’ici quelques jours pourra apporter une variation de plus, présenter un attaquant capable de fixer une défense, de jouer en pivot et avec les joueurs autour de lui, cela peut faire très mal.

Un effectif profond, enfin!


Autre problème de l’OM ces dernières saisons, le manque de profondeur dans l’équipe. Et grâce au travail incroyable de Longoria durant ce mercato, les marseillais ont enfin un effectif capable de jouer sérieusement sur plusieurs tableaux, sans empiéter sur la qualité de jeu ou la qualité du 11 mis sur le terrain. Encore une fois lorsqu’on regarde dans le rétroviseur, il ne fallait absolument pas pour l’OM qu’un joueur majeur se blesse, puisque le remplaçant attitré n’était pas à la hauteur d’une équipe de ce standing. Du bricolage constant avec des joueurs médiocre issus de mauvais mercatos, c’était le problème de l’OM.

Mais maintenant c’est fini, et le match contre Rennes en est le parfait exemple. Après un déplacement en milieu de semaine à Moscou dans le cadre de l’Europa League, Sampaoli a décidé de faire un peu tourner son effectif. Résultat ? Les joueurs qui sont rentrés en cours de match se nomment Amine Harit, Gerson, Luis Henrique, Kamara et Rongier. Du lourd donc, pour remplacer des joueurs qui faisaient le job sur le terrain pour maitriser une équipe de Rennes sans solutions. Ajoutons à cela les joueurs comme Amavi, Caleta-Car qui peuvent aussi dépanner avec un bon niveau, et vous avez un effectif très profond.

Notons aussi l’apport de Pau Lopez dans les buts, ce qui permet d’avoir une rotation dans les cages plus rassurantes avec Mandanda qu’avec Pelé la saison dernière.

Payet, plus aussi seul à l’OM.

Une équipe meilleure, tout simplement


Pour finir avec ce dernier point, l’OM a juste une meilleure équipe que les années précédentes, sans aucun débat possible. Tactiquement, techniquement, les joueurs sont meilleurs et sont plus à même de mettre en pratique ce que veut leur entraineur sur le terrain. C’est justement parce que les joueurs sont intelligents que Sampaoli peut leur laisser cette liberté créative, si un joueur dézone, le coéquipier prend le relais à sa place, pas besoin d’être derrière eux, chaque joueur a une lecture du jeu suffisante pour penser à ces détails.

Techniquement on assiste à des séquences de conservation de balle impressionnantes, avec du jeu en une touche. Alors qu’avant, voir le ballon circuler entre les défenseurs donnait des sueurs froides à tous les supporters, maintenant c’est devenu normal tant le niveau global de l’équipe a augmenté. Dimitri Payet donnait l’impression de jouer avec des joueurs de division inférieures avant, maintenant l’écart n’est plus si grand. Il trouve des coéquipiers capables de recevoir et de redonner une balle propre, de proposer des déplacements intelligents, c’est ça la différence.

Cette équipe de l’OM montre en tout cas beaucoup de belles choses depuis le début du championnat et l’idylle avec Sampaoli semble aller dans le bon sens même s’il ne faut pas tirer de conclusions hâtives. Un OM de grande qualité est une bonne nouvelle pour le championnat de France et pour la représentation de la France en Europe. Attendons de voir comment va se passer l’incorporation de Milik dans cette équipe, pour juger un groupe au complet. Nous aurons plaisir à retrouver les hommes de Sampaoli demain à Angers, pour peut-être assoir définitivement sa position de principal concurrent à l’ogre PSG.


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