Lens – Strasbourg : Le Racing arrache un succès précieux à Lens !

Anthony Caci à la lutte avec Jonathan Gradit (Icon sport)

Le Racing Club de Strasbourg a réalisé un petit exploit hier soir en s’imposant 1-0 sur la pelouse du troisième du championnat à l’amorce de la septième journée de Ligue 1, le Racing Club de Lens. Une victoire certes précieuse pour le club alsacien, mais qui relève en partie du miracle au vue de la physionomie de la rencontre, largement en faveur des Lensois.

Tous deux habitués aux ambiances chaudes et assourdissantes, c’est dans le silence du huis-clos que se sont affrontés les deux Racing, celui de Lens et de Strasbourg, sur la pelouse d’un Stade Bollaert désespérément vide. Sanctionné par la Ligue du Football Professionnel suite aux incidents survenus en marge du match contre Lille lors de la sixième journée de championnat, le club de Lens purgeait en effet sa punition, qui a indirectement touché les supporters strasbourgeois, contraints de rester à quais. Certains, une petite troupe d’irréductibles, ont tout de même tenu à faire le déplacement jusque dans le nord, pour entonner quelques champs à la gloire de leur équipe aux portes d’un stade privé de sa ferveur traditionnelle. Malgré tout, ils ont sûrement eu l’amertume de ne pas avoir pu assister directement à la victoire des leurs. Car oui, c’est bel et bien Strasbourg qui est ressorti vainqueur de ce classique de la Ligue 1, sur le même score qu’en février dernier : un but à zéro ! Et pourtant, ce n’était pas gagné d’avance…

Une première mi-temps à sens unique

Le RC Lens a dominé la première mi-temps (L’Avenir de l’Artois)

Troisième du championnat à l’heure de débuter cette septième journée de Ligue 1, le RC Lens a su développer depuis le début de l’année un jeu séduisant porté vers l’attaque, en s’appuyant sur une formation disposée en 5-3-2 mais qui s’apparente en réalité davantage à un 3-5-2. Pressing haut, projection rapide vers l’avant à la récupération du ballon et débordement sur les ailes grâce aux courses effrénées des excellents pistons Jonathan Clauss (ailier droit) et Przemysław Frankowski (ailier gauche), tels sont les ingrédients de la réussite lensoise en ce début de saison. A nouveau mis en œuvre hier soir, ces préceptes ont eu pour effet immédiat de profondément déstabiliser Strasbourg, surtout en première mi-temps.

Ainsi, également positionnés en 5-3-2, mais en un bloc bien plus dense, statique et replié vers l’arrière, les Bleus de Julien Stéphan tirent la langue durant les 45 première minutes. Sevré de ballons, le bloc strasbourgeois a toutes les peines du monde à contenir les offensives lensoises et ne parvient pas à ressortir proprement le ballon, pressé par un adversaire qui semble plus incisif dans les duels. Strasbourg presse peu, se contente de reculer sous les coups de butoir nordistes. Inquiétant, mais le rideau défensif Djiku-Nyamzi-Le Marchand, solide, discipliné et appliqué, réussi à garder le cap dans la tempête.

Bien sûr, le navire alsacien manque de prendre l’eau à plusieurs reprises à force d’essuyer les vagues d’offensives lensoises. Ainsi, dès la quatrième minute de jeu, Lens se montre dangereux sur une frappe lointaine mais non cadrée de Wesley Saïd. La première d’une longue série, marquée par le festival de Sékou Fofana à l’entrée de la surface (13e), précédant de peu l’enroulée vicieuse d’Ignatus Ganago (14e), proche d’ouvrir le score.

Alexandre Djiku tente de contenir une nouvelle offensive lensoise (LUDOVIC MAILLARD LA VOIX DU NORD)

De fait, toujours selon le même schéma, Lens multiplie les assauts. Dans un jeu en triangle bien rodé, les milieux de terrains nordistes distribuent de longs ballons verticaux directement à destination d’un attaquant, souvent Wesley Saïd, qui sert de point d’appui. En pivot, celui-ci remet alors en une touche ce ballon à un équipier lancé en profondeur dans le dos de la défense. Ce schéma d’attaque, Strasbourg le subit à plusieurs reprises (18e, 21e, 25e) sans trouver de solution, la faute à un milieu de terrain qui semble trop facile à transpercer pour les Sang et Or, en l’absence des milieux de formation Jean-Ricner Bellegarde (blessé à la cuisse droite) et Adrien Thomasson (sur le banc au coup d’envoi).

Un milieu guère aidé par le trio d’attaque, fantomatique. Pour la première fois titularisés de concert, Habib Diallo, en pointe, Kévin Gameiro, côté gauche, et Ludovic Ajorque, côté droit, ne voient pas que trop peu souvent le ballon arriver jusqu’à leurs pieds. Aussi, à l’exception d’un long dégagement de Matz Seltz à destination de Diallo qui oblige le gardien Jean-Louis Leca à effectuer une sortie remarquable (30e), le Racing ne se montre jamais menaçant dans ce premier acte à sens unique.

A l’aise techniquement, capable de transpercer les lignes en deux passes bien construites, Lens aurait même dû mener au score sans quelques approximations dans le dernier geste et un certain manque de réussite (39e). A la mi-temps, avec 39% de possession de balle et pas le moindre tir cadré, Strasbourg n’est pas en position de force et se doit de réagir pour ne plus subir le match. Le Salut du Racing viendra finalement des Lensois…

Le tournant du match : Kévin Danso voit rouge !

Colère de Danso, expulsé à la 50ème minute suite à un choc avec Caci, resté au sol (MadeinFOOT.com)

En effet, soucieux de mettre de l’intensité dans les duels depuis le début de la rencontre, les Lensois jouent physique, au risque de s’exposer à des sanctions. Le couperet tombe finalement après une charge de Kévin Danso, auteur d’un tacle appuyé sur Anthony Caci, violemment projeté au sol ! Mais y-a-il faute, étant donné que Caci, parti seul côté gauche le long de la ligne de touche, est en position de hors-jeu aux moments des faits ? Kévin Danso doit-il être si sévèrement sanctionné alors que son tacle, rugueux certes, a d’abord emporté le ballon ? Pour l’arbitre de la rencontre, l’issue ne fait aucun doute : carton rouge sorti sans hésitation à l’attention du défenseur autrichien, coupable à ses yeux d’un excès d’engagement (50e). Au grand dam d’un Leca hors de lui.

Réduit à 10 dès l’entame de ce deuxième acte, le RC Lens est soudain stoppé dans son élan. D’un coup de sifflet, le match vient de basculer. En effet, dorénavant en supériorité numérique, les Strasbourgeois se rappellent qu’il serait tout de même dommage d’avoir voyager pour rien. Aussi, peu en vue jusque-là, Gameiro, Diallo et Ajorque se montrent dorénavant bien plus disponibles et actifs, tandis que les ailiers, Caci et Guilbert, s’évertuent à dézoner plus souvent pour apporter le surnombre en attaque.

Et ça fonctionne ! Après une première alerte sur les buts de Leca suite à un bon décalage entre Gameiro et Caci (61e), Ludovic Ajorque transforme la seule véritable occasion strasbourgeoise en un but salvateur, parfaitement servi par « Titi » Caci, venu apporter le surnombre sur son côté gauche (63e). Sur le seul tir cadré strasbourgeois, les Lensois concèdent donc l’ouverture du score, ce qui a le mérite de réveiller leurs ardeurs !

Strasbourg béni des dieux, Lens méritait mieux !

Ludovic Ajorque poursuit sa moisson de buts en Ligue 1 ! (L. Argueyrolles/L’Équipe)

Malgré une infériorité numérique qui les privent d’un attaquant supplémentaire, les Sang et Or poursuivent le pressing, jouant leur va-tout dans les dernières minutes de jeu. Au point de parvenir à se montrer dangereux. Et même très dangereux. A vrai dire, plus les minutes s’égrènent, plus Strasbourg se rétracte devant les cages de Matz Seltz, défendant avec brio et application face aux assauts adverses aussi tranchants qu’en première période.

A plusieurs reprises, Le Marchand, Nyamzi et Djiku, tous dans un grand soir, parviennent à contrer les frappes, couper les trajectoires dangereuses et fermer les espaces. Mais c’est bien l’ensemble de l’équipe alsacienne qui participe maintenant aux efforts défensifs, y compris les attaquants Ajorque et Gameiro, qui croient tout deux pouvoir marquer le but du soulagement (83e, 93e).

Gerzino et Prcic, ici face à Metz, ont eu beaucoup de travail défensif hier ! (L’Alsace /Jean-Marc LOOS)

Condamné à souffrir jusqu’au bout, Strasbourg concède des occasions (71e, 78e, 88e), au point de donner le tournis à ses supporters dans les arrêts de jeu. C’est même par miracle, par chance, bref avec une dose de réussite énorme que le Racing se sort du piège lensois, lorsque la frappe de Florian Sotocca rebondi sur les deux poteaux de Matz Seltz, auteur ensuite d’une parade décisive sur la reprise à bout portant de Medina. Ce ballon si brûlant, comme insaisissable, est relaché par le portier belge avant d’être enfin stoppé dans un cafouillage monstre (93e) ! Dans le dernier quart d’heure d’efforts, il y a eu le feu dans la défense alsacienne, mais celle-ci reste finalement imperméable pour la deuxième journée d’affilée !

Défaits 1-0 sur leurs terres, les joueurs lensois méritaient certainement mieux, tant ils ont dominé les débats jusqu’à ce carton rouge qu’ils jugent toujours injustifié. Strasbourg, encore solide en défense et réaliste en attaque, n’a pas à renier son succès, acquis au forceps. Mais les Alsaciens peuvent tout de même remercier leur bonne étoile !

Alexis Kopp

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