Décryptage de l’essai en trois secondes chrono de Pierre Bourgarit contre Castres.

A Marcel-Deflandre, La Rochelle a remporté un précieux succès face au Castres Olympique (29-10) pour se donner de l’air au classement. Les Maritimes ont inscrit deux essais. Nous nous sommes attardé sur celui de Pierre Bourgarit, qui traduit la réalité du haut niveau !

Bourgarit tout seul, comme un grand.


Juste avant la pause (40’+1), les Rochelais obtiennent une touche à 10 mètres de l’en-but castrais. Le score est de 12 à 3 pour les locaux, ce temps fort est donc crucial pour prendre le large à la mi-temps.

1. Le maul rochelais s’organise.

C’est Grégory Alldritt qui hérite du ballon au fond du groupé pénétrant jaune et noir. Ce dernier se désaxe progressivement sur la droite et se met dans l’avancée.

2. L’édifice s’effondre.

Le maul maritime est contraint de passer par le sol. Pierre Bourgarit ramasse le ballon devant son demi de mêlée Tawera Kerr-Barlow. Ses appuis montrent qu’il opte pour le côté ouvert plutôt que de repartir sur le fermé. En haut, à gauche, le numéro 5 castrais Tom Staniforth était hors-jeu et se replace dans son camp.

3. Qui ferme le bord du ruck ?

Alors que Pierre Bourgarit s’échappe grand côté, les Castrais manquent de lucidité. Tom Staniforth est parti se repositionner à l’arrière du ruck. C’est une première faute de défense de l’Australien du à son manque d’observation de l’action. Le deuxième ligne tarnais n’a pas compris que le maul s’était effondré et se replace comme pour s’y opposer.

En réalité, il aurait du se positionner en « leader », c’est à dire au bord de la mêlée spontanée pour empêcher un éventuel départ en bord de ruck. La deuxième faute de défense du CO est à mettre au crédit de l’autre australien Nick Champion De Crespigny. En haut de l’image, il tourne son regard et ses appuis en direction de l’ouvreur rochelais, Pierre Popelin. Il n’a donc pas vu que le bord du ruck n’était pas défendu. Il ne semble même pas se préoccuper du départ de Pierre Bourgarit, qui analyse la situation en coup d’oeil.

3. Nick Champion De Crespigny anticipe beaucoup trop.

Par crainte d’être pris à défaut sur la largeur, ou de devoir défendre sur un temps de jeu à une passe des Rochelais, Champion de Crespigny ne s’occupe toujours pas de défendre sur Bourgarit. Il monte fort en direction de la ligne de trois-quart rochelaise. Mais il n’y a toujours aucun castrais pour défendre au ras.

4. Bourgarit prend le trou !

Pierre Bourgarit a analysé la situation. En portant le ballon vers l’intérieur du terrain, il a d’abord emmené Champion de Crespigny au large. Pour prendre le trou qui s’offre à lui, il n’a plus qu’à redresser sa course et à accélérer. Champion de Crespigny s’aperçoit que le talonneur international le prend sur son intérieur.

5. Trop tard pour la défense castraise.

Les deux images ci-dessous illustrent bien les conséquences des deux erreurs défensives tarnaises. Sur la première, Champion de Crespigny est trop court pour réussir à plaquer Pierre Bourgarit lancé. Sur la deuxième, Staniforth tente lui aussi de reprendre le Gersois. Mais c’est trop tard : à ce niveau là, ne pas fermer son bord de ruck à dix mètres de sa ligne se paie cash !

Conséquences


Pierre Bourgarit file aplatir au milieu des perches pour permettre à son équipe de mener 19-3 à la pause. L’erreur de défense castraise est importante sur cette action. Mais il faut aussi souligner la bonne vision de jeu et l’explosivité de Pierre Bourgarit qui a su profiter de cette faute d’inattention. Entre le moment ou il se saisit du ballon, et le moment ou il franchit la ligne d’en-but, il n’y a que trois secondes ! Tout est donc allé très vite… Et c’est surtout cela, la réalité du très haut niveau !


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