Doc rugby : Le Stade Français remet l’église au milieu du village

Après un début de saison cauchemardesque, aussi bien dans les résultats que dans le contenu, le Stade Français va beaucoup mieux et enchaîne les prestations convaincantes. Décryptage d’une énième renaissance du club de la capitale.


Kylan Hamdaoui a inscrit un superbe essai face au LOU (Photo : Rugbyrama)

Pour un supporters du Stade Français, vivre les montagnes russes relève du quotidien, presque de la routine. Depuis une dizaine d’années, le club nous habitue en effet à alterner entre le mauvais, le très mauvais, et le bon voire l’excellent. Alors qu’il était enfoncé dans la crise, pensionnaire d’un Stade-Charléty qui sonnait encore bien creux quelques mois plus tôt, le Stade Français alors dirigé par Thomas Savare remportait le Top 14 2015, au nez et à la barbe des favoris de l’époque.

Depuis, rien n’a vraiment changé. Derniers en 2020, sauvé de la relégation par le Covid selon certains observateurs, les Parisiens de Gonzalo Quesada ont connu les joies d’une qualification en barrage un an plus tard. Ce début de saison devait donc s’inscrire dans la continuité d’une belle année 2021. Manqué. Les soldats roses débutaient ce nouvel exercice en encaissant trois défaites, à chaque fois sur des scores fleuves. Et tandis que les inquiétudes et les critiques prenaient du relief, la tendance s’est soudainement inversée. Pourquoi ?

Le déclic castrais

Le 25 septembre, le Stade Français accueille Castres à Jean-Bouin à l’occasion de la quatrième journée. Les Tarnais surfent sur un bon début de saison, et n’ont toujours pas connu la défaite (deux victoires, un match nul). Pour les Stadistes, lanterne rouge avec zéro point, la pression est maximale. L’entame de match est catastrophique, avec le carton rouge reçu par Paul Alo-Émile quasiment sur le coup d’envoi (3′).

Et si on envisage de nouveau le pire pour les partenaires du capitaine Paul Gabrillagues, le meilleur est pourtant à venir. Dos au mur, le Stade Français se resserre autour des basiques de ce sport (solidarité, engagement, combat) pour atomiser le CO (34-10). En infériorité numérique, un déclic se produit, et les Parisiens s’affirment de nouveau comme une équipe combattante, capable de renverser n’importe quel adversaire.

Trois victoires consécutives

Malgré la rechute à Brive (19-12), du mieux est constaté dans le jeu. Surtout, le Stade Français perd pour la première fois sans encaisser un score fleuve, qui plus est sur la pelouse d’une équipe vaillante. La suite ? Vous la connaissez. Trois victoires de rang, devant Clermont (22-14), à Perpignan (22-23) et devant un LOU pourtant très en forme (23-18). Sur ces trois matches, le Stade Français retrouve un jeu conquérant.

Si des ajustements ont bénéficié à l’équipe, comme la prise de pouvoir d’Arthur Coville à la mêlée, ou le retour de Marcos Kremer, la différence fondamentale se trouve dans le combat. Timoré, amorphe en début de saison, Paris s’est servi de son match contre Castres pour mettre les barbelés en défense. Quatre essais encaissés seulement sur les trois dernières rencontres, contre 12 sur les trois premières.

La chance sourit aux audacieux

Et comme les ingrédients à la recette du succès sont de retour, la réussite suit pour les Stadistes. A Perpignan, les Parisiens l’emportaient d’un cheveu, alors que Melvin Jaminet se manquait dans les derniers instants (une pénalité raée, et une concédé), et que Léo Barré en profitait pour offrir une courte, mais décisive avance à ses partenaires. Contre le LOU, ce sont deux pénalités casquettes laissées en route par Léo Berdeu et Lima Sopoaga qui ont permis au Stade Français de conserver son avantage.

Alors que deux déplacement à Pau et Biarritz, séparés par la réception de Montpellier se profilent, le Stade Français a maintenant l’occasion de voir plus haut. A seulement trois points de la sixième place, les joueurs de Gonzalo Quesada se sont replacés parmi les potentiels candidats à la qualification. Attention cependant à ce que le manque de régularité ne joue pas une nouvelle fois des tours aux hommes en roses, dans un championnat ou aucune équipe ne semble être une victime destinée à la Pro D2…


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