Nantes – Strasbourg : Un point, c’est mieux que rien !

(AFP – JEAN-FRANCOIS MONIER)

En déplacement à Nantes dans le cadre de la treizième journée de Ligue 1, le Racing Club de Strasbourg a décroché un point précieux en accrochant les Canaris 2-2 malgré une deuxième mi-temps disputée en infériorité numérique. Une mauvaise opération pour les Nantais en revanche, puisqu’ils restent coincés derrière leurs adversaires du jour au classement.


Le Racing veut voyager intelligemment


A domicile, dans l’antre de la Meinau, le RCSA cartonne depuis le début de la saison. C’est moins le cas à l’extérieur…

Intraitable à la Meinau, où il se plait ces derniers temps à distribuer claques et fessés aux visiteurs, le Racing Club de Strasbourg se montre beaucoup moins efficace à l’extérieur depuis le début de la saison. Avec seulement quatre points glanés loin de ses bases avant ce déplacement à Nantes, les Alsaciens ont exprimé cette semaine leur volonté d’inverser la tendance pour s’installer durablement dans la première partie de tableau. Exporter à la Beaujoire les qualités affichées contre Lorient la semaine passée, lors d’un match qualifié de « référence » pour l’équipe par coach Stéphan, tel était donc l’objectif des bleus et blancs cet après-midi. Le FC Nantes, adversaire direct au classement qui possède un bilan identique sur les cinq dernières rencontres (2 victoires, 1 nul, 2 défaites), faisait figure de concurrent idéal pour confirmer ou non le bon début de saison du Racing, à la veille de la trêve internationale.


L’envol des Canaris


Esseulé dans la surface, Koulibaly monte haut pour marquer le premier but de la rencontre ! (Ouest-France – Franck Dubray)

S’ils semblent donc à la portée des Racingmen, ce sont bien les Canaris qui sont les premiers à prendre leur envol dans ce match disputé, où aucune formation ne parvient d’abord à véritablement imposer sa domination. Ainsi, après vingt minutes de jeu avec peu d’occasions de but, l’attaquant nantais Kalifa Coulibaly, esseulé dans la surface, ouvre le score d’une tête imparable sur un centre millimétré de Moses Simon.

Un coup dur pour le Racing, qui ne parvient pas à reproduire les schémas de jeu attrayants développés face à Lorient. Malgré une possession de balle largement favorable (61% à la mi-temps), les Strasbourgeois se montrent en effet rarement dangereux. Les combinaisons au milieu de terrain sont souvent avortées par une passe trop longue, un renversement mal assuré ou un contrôle maladroit, autant d’approximations techniques qui permettent aux Nantais de gratter des ballons assez haut sur le terrain pour se procurer des opportunités. Bien pris par la défense adverse qui couvre la profondeur, les latéraux Fréderic Guilbert et Anthony Caci sont également moins efficaces dans le débordement par rapport au week-end dernier.


Un match compliqué pour Anthony Caci !


Anthony Caci n’a été très à son aise cet après-midi ! (site RCSA)

Caci vit d’ailleurs un premier acte extrêmement compliqué, lui qui avait été si brillant face aux Merlus. D’abord coupable d’un tacle en retard bien maladroit sanctionné d’un carton jaune au quart d’heure de jeu, il multiplie ensuite les erreurs, comme cette transversale ratée qui atterrie dans les pieds de l’adversaire (21e minute). Une faute heureusement sans conséquences, mais qui témoigne de la difficulté qu’a connu « Titi » pour rentrer dans son match. Moins percutant dans son couloir, quelques-unes de ses courses aboutissent cependant à des situations intéressantes, comme cette reprise de volée entrée de surface qui disparait en tribune (25e).


Habib Diallo, bien plus qu’un « super-sub » !


Habib Diallo célèbre son but marqué dans un moment clé du match ! (Twitter RCSA)

Incapable de prendre de l’espace pour remonter le terrain face à des Nantais bien en place et rugueux dans les duels, Strasbourg peut cependant compter sur sa carte maitresse pour sauver cette première mi-temps. Joker à la patte droite diablement efficace, Habib Diallo, habituel suppléant de Kévin Gameiro, toujours blessé, profite de sa nouvelle titularisation pour soigner ses statistiques : à la 44e minute de jeu, il plante son septième but de la saison pour égaliser au meilleur des moments, juste avant le retour aux vestiaires !

A l’issue d’un mouvement collectif fluide et diablement efficace, le Sénégalais profite du mauvais alignement de la défense nantaise pour convertir la passe d’Adrien Thomasson en but. Avec un brin de réussite, il est vrai, puisque le ballon touche d’abord le montant gauche des cages d’Alban Lafont avant de lui revenir dans les pieds. Dès lors, il ne lui reste plus qu’à transformer l’essai. Une réussite qui l’avait pourtant fui en début de rencontre, lorsque sa frappe à ras de terre parfaitement placée s’est écrasée sur ce même poteau, pour le plus grand bonheur des Nantais cette fois-ci (2e).


Ludovic Ajorque voit rouge !


Obsédé par le ballon, Ludovic Ajorque le tacle comme il peut. Dans son élan il emporte la jambe de Fabio, revenu défendre en catastrophe. C’est le premier rouge direct de la carrière du réunionnais… (DNA /Franck DELHOMME)

Revenu au score après une première mi-temps en demi-teinte, le Racing se présente au retour des vestiaires avec un meilleur visage, Adrien Thomasson sollicitant Alban Lafont dès les premières secondes de jeu (45e). Un élan rapidement brisé par deux coups du sort qui interviennent en 120 secondes seulement… et qui semblent alors faire basculer le match des Strasbourgeois du mauvais côté.

La faute aux Nantais dans un premier temps. Dans une réplique quasi parfaite du premier but, Randal Kolo-Muani trompe de la tête Matz Selz en prenant le dessus sur un Caci décidément pas verni. Là encore, le danger est venu de la gauche, d’un centre signé… Moses Simon évidemment (49e) ! De fait, très à l’aise techniquement, l’attaquant positionné sur l’aile gauche a longtemps posé des problèmes à Frédéric Guilbert, parvenant plusieurs fois à le déborder pour centrer. Avec cette deuxième passe décisive en poche, il permet en tout cas au FC Nantes de reprendre l’avantage pendant un temps faible.


Moses Simon a posé beaucoup de problème à la défense strasbourgeoise et a délivré deux passes décisives ! (L’Equipe – V. Michel)

La faute ensuite à la sévérité douteuse de l’arbitre de la rencontre, Clément Turpin, qui inflige sans sourciller un rouge direct à Ludovic Ajorque, coupable d’avoir percuté le défenseur Fabio en voulant tacler le ballon (51e) ! Obnubilé par la balle, le géant réunionnais commet certes une faute grossière mais qui ne semble en aucun cas volontaire. Ce rouge « illogique » aux yeux de Julien Stéphan ressemble d’abord à un véritable coup de massue pour son équipe. Au contraire, il va agir sur elle comme un électrochoc.

Ludovic Ajorque, tête basse, regagne les vestiaires après son expulsion. (DNA – Franck Delhomme)

Un point, c’est toujours mieux que rien !


La joie du groupe strasbourgeois après le but égalisateur d’Adrien Thomasson ! (DNA – Franck Delhomme)

Galvanisés, les Strasbourgeois parviennent ainsi à reprendre le contrôle du match malgré l’infériorité numérique. Davantage repliés dans leur moitié de terrain, disposés en 5-3-1 avec Diallo isolé en pointe, ils laissent la possession à des Nantais peu inspirés pour agir en contre. Une tactique qui porte ses fruits à l’heure de jeu, moment choisi par le Racing pour voler dans les plumes de l’adversaire, coupable de ne pas avoir su exploiter la situation pour se mettre définitivement à l’abri. Caci, d’une frappe contrée (62e), puis Niamzi, d’une tête à bout portant sauvée par Lafont (63e), rappellent à qui l’aurait oublié qu’un match n’est gagné qu’au coup de sifflet final !

Logiquement récompensés de leurs efforts, les hommes de Julien Stéphan parviennent finalement à recoller au score par l’intermédiaire d’Adrien Thomasson, bien servi par Frédéric Guilbert, auteur de nombreux centres intéressants en deuxième mi-temps. Etonnamment seul dans la surface, l’ancien de la Beaujoire profite de l’absence de marquage pour convertir cette offrande de la tête (encore une !) (68e).


Strasbourg en voulait encore plus !


Habib Diallo, au duel avec la défense nantaise, Nicolas Pallois en tête ! (DNA – Franck Delhomme)

On en restera là pour ce match, malgré quelques sueurs froides provoquées par la frappe petit filet de Ludovic Blas (82e) et un joyeux cafouillage dans la surface strasbourgeoise parfaitement géré par Matz Sels, vigilant au milieu d’une forêt de jambes (87e). Nantes, à coup sûr, peut nourrir des regrets, tant la victoire semblait à sa portée après l’exclusion d’Ajorque. Côté strasbourgeois en revanche, ce match nul deux buts partout est plus que satisfaisant, car les joueurs ont montré de belles choses en deuxième mi-temps, même à 10 contre 11.

D’ailleurs, sans ces faits de jeu, auraient-ils pu espérer mieux ? C’est en tout cas ce que pense Julien Stéphan, comme il l’a expliqué lors de la conférence de presse d’après match : « C’est un excellent résultat au regard des circonstances […] On a confirmé beaucoup de progrès. Je suis convaincu qu’à 11, on aurait pu gagner ce match. L’équipe était bien dans le match. Même à 10, on maîtrisait les choses ». Les autres résultats de l’après-midi nous font penser malgré tout que ce point du nul reste un bon point de pris, puisque Strasbourg conserve sa place dans le top 10 au huitième rang, juste devant l’ami nantais.

Mais les regrets de certains peuvent se comprendre. Après tout, l’appétit vient en mangeant et à force de croquer ses adversaires à domicile, le Racing commence même à faire la fine bouche à l’extérieur… c’est plutôt bon signe !

Alexis Kopp

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