Les ATP Finals 2021 en quatre points.

Daniil Medvedev, vainqueur de l’édition 2020 à Londres (Crédits : Atp Tour)

Dès dimanche, les ATP Finals verront s’opposer les huit meilleurs joueurs du circuit. Cette année le tournoi des maîtres déménage de Londres à Turin et nous promet de belles affiches malgré l’absence de certain joueurs majeurs. Entre règlements de comptes au sommet et outsiders en nombre, cette édition nous promet encore d’être unique.

La fin d’une disette pour le Big Four ?


Depuis 2017, les ATP finales ressemblent de plus en plus à un terrain de jeu pour la Next-gen. Après la surprise Grigor Dimitrov il y a 4 ans, c’est Alexander Zverev, Stefanos Tsitsipas puis Daniil Medvedev qui se sont imposés au tournoi des maîtres. Une disette anormalement longue pour le big four qui avait pourtant remporté 12 des 14 éditions entre 2003 et 2016. Fait d’armes majoritairement dû à Roger Federer et Novak Djokovic qui ont respectivement remportés 6 et 5 titres contre 1 pour Andy Murray et … 0 pour Rafael Nadal qui ne compte qu’une seule malheureuse finale.

Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette emprise récente de la nouvelle génération sur cette compétition. Premièrement le tournoi prend place en fin d’année et le big four ne va pas en rajeunissant. Les organismes ont été mis à rude épreuve tout au long de la saison et il est moins facile de tenir la distance à 35 ans passés. Andy Murray n’a plus participé depuis sa victoire en 2016 à cause des blessures et Federer et Nadal sont forfaits cette année. De plus, à l’approche de leurs fins de carrières, ces grands champions ne se focalisent plus que sur une seule chose : les grands chelems. Il faut bien tenir la distance et cela implique de choisir ses moments. Et quoi de plus important qu’une victoire en Grand Chelem ? Les jeunes peuvent bien gagner les masters mais ils s’inclinent (presque) toujours au niveau supérieur. Le format l’explique en partie. En deux sets gagnants l’exploits paraît accessible tandis qu’au meilleur des 5 sets, ces légendes semblent invincibles.

Cette année, Novak Djokovic représente l’unique chance du big four de stopper l’hémorragie. A la suite de sa victoire à Paris, il semble armé pour aller égaliser le record de victoires de Federer dans la compétition (6). Mais nombreux sont ceux qui se mettront en travers de son chemin.

Medvedev – Djokovic : Acte 4 ?


Trois affrontements en 2021, trois finales, deux victoires à une pour Novak Djokovic. Les rencontres entre le numéro un et le numéro deux mondial ont toujours prit les observateurs à contrepied cette saison. A l’open d’Australie c’est Daniil Medvedev qui marchait sur l’eau et semblait invincible face à un Djokovic amoindri qui s’était blessé durant le tournoi. Il n’y a pourtant pas eu de match avec une démonstration du Djoker. Lors de l’US Open, Djokovic était sur le point de remporter son 4ème grand chelem de l’année. C’est à ce moment qu’il s’est crispé et Medvedev à sorti l’un de ses meilleurs matchs en carrière pour remporter son premier grand chelem. Il y a une semaine à Paris pour leur dernier affrontement, Djokovic a remis les pendules à l’heure alors qu’on le pensait dominé mentalement par le russe qui avait remporté le premier set.

Ces Masters de Turin pourraient prendre une allure d’explication finale entre les deux meilleurs joueurs de la saison. La seule victoire de Medvedev à l’US Open était sans doute la plus importante pour les deux joueurs, mais il n’a été capable de battre le serbe qu’au moment ou ce dernier a été rattrapé par ces émotions, par l’enjeu. Dès que Djokovic est en forme, rien ne semble pouvoir se mettre en travers de son chemin, pas même un Daniil Medvedev époustouflant depuis quelques saisons. Cette finale fait rêver mais elle est aussi alléchante qu’hypothétique, tant le chemin sera semé d’embûches pour les deux joueurs.

Tsitsipas et Zverev veulent leur part du gâteau


Les numéros 3 et 4 mondiales auront à cœur de finir la saison sur une victoire et renverser les deux hommes qui ont tout raflé cette saison. Stefanos Tsitsipas, malgré avoir atteint un niveau de jeu exceptionnel notamment sur terre battue, n’a remporté qu’un seul master 1000 cette saison à Monte-Carlo. Il est passé tout près de remporter son premier grand chelem mais n’a rien pu faire contre Novak Djokovic alors qu’il menait 2 sets à rien. Alexander Zverev a lui remporté deux masters 1000 ainsi qu’une superbe victoire aux jeux Olympiques mais n’a pas atteint une seule finale de grand chelem, tournois dans lesquelles il peine à exceller.

Les deux joueurs semblent avoir été dépassés par Medvedev alors que celui-ci paraissait encore loin il y a 3 ans. Lors des 13 dernières rencontres entre le Russe et eux, ils n’en ont remporté que trois et ont perdu toutes les finales. Turin leur offre une belle occasion d’inverser la tendance dans une compétition qu’ils ont chacun déjà remporté. Cela fait maintenant quelques années qu’on les attend au sommet du tennis mondial et malgré les difficultés, ils n’en ont jamais été aussi proche.

Tsitsipas arrive diminué après une blessure au coude à Paris et une fin de saison décevante avec beaucoup d’éliminations précoces. Zverev a lui réalisé une grande deuxième partie de saison et compte bien surfer sur cette vague pour aller chercher une deuxième victoire dans le tournoi des maîtres. L’un des deux réussira-t-il à busculer la hiérarchie ? Rien n’est moins sûre.

Y aura-t-il une surprise en 2021 ?


Robert Hurkacz, Andrey Rublev, Casper Ruud et Matteo Berrettini n’apparaissent pas comme les grands favoris de cette édition. Historiquement, les ATP finals ne sont pas une compétition laissant place à beaucoup de surprises, les favoris étant souvent au rendez-vous. Demandez à Diego Schwartzman l’année dernière ou à John Isner en 2018, il ne fait pas bon d’être un outsider total au tournoi des maîtres. Cette année est néanmoins différente des autres de par son plateau qui en apparence est moins relevé. Les absences de Rafael Nadal et Roger Federer combinées à celle d’un Dominic Thiem en dedans cette saison ont rendu les qualifications beaucoup plus ouvertes. Cette saison, il n’y a pas un mais bien quatre membres des masters qui pourraient être considérés comme une vraie surprise s’ils venaient à l’emporter.

Andrey Rublev semble être un peu au-dessus de ses trois compagnons mais sa fin de saison est loin d’être encourageante, lui qui semble moins à l’aise sur dure. Hubert Hurkacz est sans doute celui qui a le plus surpris cette année. Après avoir remporté un master 1000 de Miami en manque de favoris, il a éliminé consécutivement Roger Federer et Daniil Medvedev pour se hisser en demi-finale de Wimbledon. Très régulier, il également déjà battu Tsitsipas cette année, un autre membre de son groupe. Matteo Berrettini sera à domicile à Turin, et cela peut tout changer. Pour sa deuxième participation aux masters, il compte bien enfin sortir de la phase de groupe même si pour cela il devra vaincre Zverev ou Medvedev. Il n’a pas participé au master de Bercy afin de se concentrer sur Turin, un véritable objectif pour lui. Enfin Casper Ruud apparaît comme le moins préparé des quatre. Sans être sous les feux des projecteurs, Casper Ruud a effectué une saison très solide qui lui a permis de se hisser à la 8ème place mondiale. Infatigable sur le terrain, il va essayer de profiter d’un groupe abordable avec deux adversaires en méforme (Tsitsipas et Rublev) pour se qualifier en demi-finale, discrètement, comme à son habitude.  

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