Coupe du monde 2022 au Qatar: pourquoi l’équipe de France doit la boycotter?

Droits des femmes et des LGBT bafoués, conditions de travail désastreuses, soupçon de corruption et désastre écologique; voici comment nous pouvons décrire en quelques “maux” le Qatar, pays organisateur de la Coupe du Monde 2022. Moins d’un an avant le début du Mondial qui aura lieu dans ce petit émirat du Moyen-Orient, nombreux pays européens comme la Norvège et le Danemark se sont posés la question de savoir s’ils devaient participer à cette compétition. Un boycott que la France n’a jamais envisagé alors qu’elle a la possibilité de porter sa voix de pays des droits de l’Homme dans le monde entier. On vous explique donc pourquoi la France doit faire preuve de courage et ne pas participer à cette Coupe du monde de la honte.

Des milliers de migrants morts pour la construction des stades


Des travailleurs construisant un stade qui accueillera des matchs de la Coupe du monde de Football 2022 au Qatar, © David Ramos – FIFA/FIFA via Getty Images

Depuis 2010 et l’attribution de la Coupe du monde au Qatar, 6500 ouvriers migrants auraient perdu la vie sur les chantiers des stades. Ce chiffre effrayant résulte d’un travail de longue haleine effectué par “The Guardian”. Le quotidien britannique a récolté les données des gouvernements d’Inde, du Pakistan, du Népal, du Bangladesh et du Sri Lanka qui sont les principaux fournisseurs de travailleurs au Qatar. Ces 6500 morts sont le triste résultat de conditions de travail désastreuses. En effet, ces travailleurs migrants sont réduits à un état de quasi-esclavage puisque ces hommes travaillent sous une chaleur extrême, sont sous-payés et vivent dans des conditions déplorables. Amnesty International est donc monté au créneau et avait exhorté le Qatar d’arrêter l’exploitation de ces travailleurs immigrés en abolissant la Kafala. La Kafala est un système de parrainage permettant aux entreprises d’interdire aux travailleurs de changer de travail et de quitter le pays. Sous la pression des ONG, l’émirat arabe a décidé d’abolir le Kafala en 2020 mais malheureusement la situation reste identique selon certains travailleurs migrants. Ces hommes ne peuvent donc toujours pas changer de travail ou quitter le pays. Dans la continuité des droits bafoués, ces travailleurs migrants ont difficilement accès à la justice du pays et ne peuvent pas se syndiquer. L’organisation de ce mondial a mis en lumière les manquements en matière de droit social au Qatar, obligeant donc l’émirat a assouplir les conditions d’emploi des étrangers. On ne peut que se féliciter du travail des ONG, dont Amnesty International, qui ont dénoncé les conditions de travail désastreuses de ces 2 millions de travailleurs étrangers. La FIFA, quant à elle, a décidé de clairement fermer les yeux sur ces 6500 ouvriers morts et la manière dont le Qatar traite ces travailleurs.

Une catastrophe écologique


Alors qu’on nous oblige à trier nos déchets, à ne plus rouler en diesel et à chauffer sans excès notre maison, certains pays comme le Qatar ont d’autres priorités. Le pays organisateur ne se contente que de quelques excès, à savoir la climatisation dans les stades, la construction d’hôtels gigantesques et la création de transports pour mener à bien l’organisation de cette Coupe du monde. Mais rassurez-vous, le ministre de l’environnement du Qatar a promis, en octobre 2018, “un bilan carbone neutre” de ce Mondial. On pourrait le croire si le Qatar n’était pas le pays qui émet le plus de CO2 par habitant dans le monde avec 37 tonnes par habitant en 2017. Malheureusement, la FIFA soutient le Qatar dans cette vaste opération de greenwashing en mettant en avant des “solutions environnementales innovantes” permettant la construction de stades « écologiques ». Cependant, selon un rapport de cette même FIFA émis cette année, la Coupe du monde au Qatar devrait générer 3,6 millions de tonnes de CO2, soit 70% de plus que la dernière Coupe du monde en Russie. On a une grosse pensée pour notre pauvre planète qui devra encore subir les dérives de notre société.

3000 tuyaux libèrent de l’air frais dans le Khalifa stadium, (GIUSEPPE CACACE / AFP)

Les droits des femmes et des LGBT bafoués


Triste ironie de voir notre pays des droits de l’homme s’apprêtant à jouer une Coupe du monde de football dans un pays qui les méprise. Etre une femme et vivre au Qatar n’est pas une mince affaire, puisque être une femme et vivre au Qatar, c’est subir une discrimination profonde au quotidien. Selon leur âge ou leur situation matrimoniale, les Qatariennes doivent encore obtenir l’accord d’un tuteur pour voyager, accéder à la contraception ou même se marier. Selon l’ONG Human Rights Watch, les femmes ont l’interdiction d’assister à certains événements ou même de rentrer dans un bar. Bien que le régime qatari accorde certains droits aux femmes comme le droit de vote ou le droit de candidater à des postes électifs, le chemin vers l’égalité des sexes est encore très long. Quant aux personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres, leurs droits sont inexistants au Qatar car les relations homosexuelles entre femmes adultes ou hommes adultes sont interdites. Un acte corrélé à la communauté LGBT peut être condamné d’une peine d’amende assorti de 7 ans de privation de liberté. Pire encore, pour les personnes de confession musulmane uniquement, la peine de mort est appliquée. Néanmoins, le comité organisateur du Mondial 2022 a voulu rassurer la communauté LGBT puisque le dirigeant qatari, Nasser Al-Khater, a indiqué que les supporters LGBT seront les bienvenus mais ne devront pas montrer de marques d’affections. Après le greenwashing, le Qatar tente le pinkwashing; tous les moyens sont bons pour se refaire une image aux yeux du monde entier.

Des soupçons de corruption


Michel Platini, un acteur important dans l’attribution de la Coupe du monde 2022 au Qatar

En France, la justice s’interroge sur les conditions d’attribution de cette Coupe du Monde. Au centre de cette enquête, un repas à l’Élysée, le 23 novembre 2010, partagé par le président de la république de l’époque Nicolas Sarkozy, Michel Platini et deux hauts dirigeants qataris. Le 2 décembre 2010, soit neuf jours plus tard, le Qatar est désigné comme pays organisateur de la Coupe du monde de football 2022 grâce au soutien de dernière minute de Michel Platini. Bizarrement fin 2011, le fils de Michel Platini, Laurent Platini, a été nommé directeur général provisoire de l’équipementier qatari Burrda Sport appartenant à la société mère Qatar Sports Investments. La justice française examine donc si cette nomination du fils de Michel Platini était une faveur accordée par les Qataris en raison du vote de son père en faveur du Qatar pour l’attribution de la Coupe du monde 2022. Cette affaire ne serait qu’un maillon de la chaîne puisque une série d’enquêtes de journalistes occidentaux a révélé que le comité exécutif de la FIFA, qui avait voté en faveur du Qatar, avait touché 5 millions de dollars. C’est un proche du pouvoir qatari, Mohamed Bin Hammam, qui aurait été à l’initiative de ce pot-de-vin. Beaucoup d’éléments qui laissent penser que la corruption a permis au Qatar de se voir attribuer l’organisation de la Coupe du monde 2022.

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