Nice – Strasbourg : Le Racing se promène à Nice !

Déjà imbattables à domicile, les Strasbourgeois sont désormais capables d’exporter leurs idées avec brio ! (AFP – CLEMENT MAHOUDEAU)

En pleine bourre, le Racing Club de Strasbourg a assommé hier l’OGC Nice, puni pour la troisième fois de suite à domicile ! Battus 3-0 par des Alsaciens intenables, les Aiglons voient revenir à une longueur leur adversaire du soir, désormais sixième de Ligue 1 après 17 journées de championnat.


On arrête plus Strasbourg !


Tandis que Christophe Galtier s’échine à encourager son équipe de Nice, en difficulté, Julien Stéphan ne peut qu’applaudir la prestation de ses joueurs. (Icon Sport)

C’est une semaine de rêve pour les Strasbourgeois. Après avoir fait plonger un peu plus les Bordelais dans les profondeurs de la Ligue 1 en les pulvérisant 5-2 mercredi à la Meinau, le Racing a renvoyé Nice à ses doutes, balayé 3-0 à domicile. Avec ce sixième match sans défaite (3 victoires, 3 nuls), les voilà dorénavant aux portes de l’Europe, sixième avec 26 points au compteur, un total qui n’avait plus été atteint à ce stade de la saison depuis l’exercice 1994-1995 (27 points après 17 journées).

Alors forcément, au coup de sifflet final, les sourires ont illuminé les visages et l’heure était à la satisfaction, y compris du côté de l’entraineur strasbourgeois Julien Stéphan, d’ordinaire si exigeant avec ses hommes : « C’est costaud ! C’est un match où il y a eu différentes périodes et où il a fallu adopter différents comportements », explique-t-il en conférence de presse. « Au final, c’est une très, très bonne performance ! Il y a toujours des progrès à faire, il y a toujours des axes d’amélioration. En jouant bien, en défendant bien, en pressant bien, en réduisant bien les espaces et en se créant des occasions, forcément, on marquera des buts et on prendra des points. Et si on en prend beaucoup, on aura un bon classement. »


Le plein de confiance !


Lancé en profondeur par Sissoko, Ajorque devance Melvin Bard pour pousser la sphère au fond des filets : 1-0 ! (DNA/Franck Kobi)

La preuve, hier les Strasbourgeois ont mis tous ces ingrédients pour démontrer qu’il n’y a pas seulement la Promenade des Anglais comme lieu propice à la balade en terre niçoise. Telle une vague, l’enthousiasme et l’ardeur du Racing a déferlé sur la pelouse dès le début de la rencontre. Monopolisant le ballon la partie de terrain adverse, Strasbourg domine clairement les débats durant la première demi-heure. Face à l’apathie stupéfiante affichée par les hommes de Christophe Galtier, les Racingmen s’appliquent à développer leur jeu, posément, calmement, avec une maitrise illustrant à merveille la confiance solide dans laquelle ils évoluent depuis plusieurs semaines maintenant.

C’est même avec une certaine facilité qu’ils trouvent des espaces au cœur d’une défense sudiste au marquage très laxiste, notamment grâce à de longs ballons distillés en profondeur par l’arrière garde. Sans surprise, ce sont donc les Strasbourgeois qui se procurent le plus d’occasions de but, à l’instar d’Habib Diallo qui manque de surprendre Daniluc et Benitez (4ème minute de jeu), avant de tirer juste au-dessus à bout portant (21ème). Il s’en est fallu de peu également pour qu’Ibrahima Sissoko, oublié sur le côté gauche, ouvre la marque à l’issue d’une belle combinaison (8ème).

Finalement, c’est l’inévitable Ludovic Ajorque qui s’en est chargé : après un une-deux astucieux entre Diallo et Sissoko, celui-ci lance en profondeur le Réunionnais, suffisamment rapide pour devancer Melvin Bard et pousser la balle au fond des filets de Walter Bénitez (21ème) ! C’est la neuvième réalisation pour le meilleur buteur strasbourgeois, qui vient récompenser à juste titre les efforts et la nette domination de son équipe.


La capacité à tuer le match !


Adrien Thomasson est l’auteur du troisième but Strasbourgeois, qui vient récompenser sa bonne prestation globale ! (DNA/Franck Korbi)

Si Strasbourg baisse un peu la garde ensuite, laissant la balle à des Niçois en quête d’inspiration et de solutions, le festival ne fait en réalité que débuter ! Certes, Matz Seltz a dû assurer le coup en s’interposant notamment sur un tir trop mou d’Andy Delort (45ème), pourtant dans la meilleure position possible pour égaliser, puis sur une frappe puissante au premier poteau de Kasper Dolberg (61ème). Mais les rares offensives adverses n’ont jamais vraiment mis en difficulté les Alsaciens, qui ont encore une fois défendu avec sérieux, à l’image de ce tacle salvateur d’Alexander Djiku devant Amine Gouiri, parti en contre (79ème).

Mieux, ils ont enfoncé le clou à deux reprises, et de quelle manière ! D’une talonnade bien sentie, Habib Diallo dévie d’abord la frappe de Jean-Ricner Bellegarde pour prendre à contre-pied Walter Benitez (82ème), avant de servir dans le bon tempo Adrien Thomasson pour le but du KO (84ème), une réalisation tout en finesse ! A chaque fois, ces buts viennent couronner une action collective bien construite, ce qui illustre à merveille la parfaite osmose qui règne dans les rangs strasbourgeois. Ces derniers peuvent exulter, c’est une belle leçon de football qu’ils ont livré sur la Côte d’Azur !


En défense, le Racing a su rester solide et hermétique pour décourager les Niçois ! (DNA/Franck Korbi)

Irrésistible en attaque, impeccable en défense, intéressant dans le jeu, le RCSA, qui dégage une force collective remarquable, a enfin brisé le plafond de verre qui l’empêchait de totalement se livrer à l’extérieur. En effet, loin de ses terres, le Racing n’avait plus gagné depuis le miracle lensois (victoire 1-0 à Bollaert le 22 septembre dernier), mais son succès dominical devrait définitivement le décomplexer. Et ce sont les Niçois qui, les premiers, en ont fait les frais.


Des Niçois rongés par le doute !


A l’image d’Andy Delort, qui a raté une balle d’égalisation en première période, les Niçois ont terminé le match dépités. (D.R.)

Invisibles au milieu de terrain, beaucoup trop relâchés en défense et incapables de concrétiser leurs occasions en attaque, les Niçois sont passés au travers de leur rencontre ce dimanche. Pourtant, après deux défaites concédées à domicile face à Montpellier et à Metz, à chaque fois sur le score d’un but à zéro, une réaction urgente était de mise pour une équipe candidate à la course au podium. Même les entrées du meilleur scoreur Amine Gouiri et du capitaine Dante, en remplacement d’un Flavius Daniluc égaré en défense, n’ont pas suffi à remobiliser la troupe, qui a finalement capitulé dans le dernier quart d’heure. Sans surprise, la soupe à la grimace était de mise en zone mixte après une rencontre décevante à tous les échelons pour Nice.


Meilleur buteur du club en Ligue 1, Amine Gouri avait pesté mercredi lorsque Christophe Galtier ne l’avait pas titularisé contre le PSG. A nouveau sur le banc ce soir, l’attaquant niçois n’a pas réussi à faire la différence lors de son entrée en jeu à la 70ème minute. (Photo by Christophe Saidi/FEP/Icon Sport via Getty Images)

Quatrième avec 27 points, les Aiglons savent qu’ils doivent dorénavant trouver un remède à leur irrégularité chronique pour espérer pouvoir tutoyer le sommet de la Ligue 1 cette saison. « Aujourd’hui, ça a été pire que tout », témoigne le milieu de terrain Mario Lemina. « Je ne peux pas l’expliquer à chaud, et il ne vaut mieux pas que je le fasse. J’ai énormément de colère, nous règlerons ça en interne. […] Il faut se remettre la tête à l’endroit et retrouver notre esprit de guerriers. Là, on est à côté de la plaque. »

Pour l’entraineur Christophe Galtier en revanche, cette défaite n’est pas imputable à la prestation de ses joueurs, puisqu’il se considère être « le seul responsable de ce qu’on ne voit plus sur le terrain » à l’Allianz Riviera depuis plusieurs matchs. « Tout ce qu’on faisait d’assez bien il y a un certain moment déjà, on n’arrive plus à le faire. Quand je fais ce constat, je crois juste qu’il faut se poser les vraies bonnes questions. Je ne peux pas reprocher à mes joueurs de ne pas courir, mais quand on constate qu’ils font beaucoup d’efforts et que ça rend ce genre de match […] je dois être le premier à me remettre en question sur ce que je demande aux joueurs et qu’ils n’arrivent plus à faire. »

Nice traverse donc une véritable crise de confiance. Et pendant ce temps, Strasbourg voltige pour repousser toujours plus loin le spectre de la relégation, si proche la saison passée…


Les Strasbourgeois fêtent la victoire avec leurs supporters ! (DNA/Franck Korbi)

Alexis Kopp

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