Phase de groupes de la C1: Quels enseignements à tirer pour le PSG?

Cette semaine s’est achevé la phase de groupes de la ligue des champions qui a vu le PSG passer comme prévu au tour suivant. Après 6 matchs au plus haut niveau, il est possible de tirer le bilan de ce qu’on a vu du club de la capitale. Entre déceptions et motifs d’espoir, quels sont les enseignements à tirer?


Marco Verratti: Un seul être vous manque…

Marco Verratti a beaucoup manqué au PSG

On le sait, l’effectif du PSG n’est pas très bien construit. Beaucoup de joueurs de niveau moyen sur lesquels le club de la capitale ne peut pas compter au plus haut niveau et des cadres qui sont souvent touchés par des blessures. Et parmi la multitude de joueurs mis sur le coté par des problèmes musculaires, c’est l’absence de Marco Verratti qui s’est fait le plus sentir.

Comme souvent, le milieu italien a eu des problèmes et le PSG a du faire sans son chef d’orchestre, et le contenu du jeu parisien a été beaucoup moins satisfaisant. Le contraste entre son match incroyable contre Manchester City lors de la phase aller et les performances de l’équipe par la suite lorsqu’il est indisponible est terrible pour le PSG. Gueye, Herrera, Paredes, Danilo, les milieux parisiens sont incapables de faire le jeu et de dicter le tempo du match comme le fait Verratti. De ce fait l’équipe a beaucoup moins d’emprise sur le match, et s’expose aux vagues offensives adverses. Encore une fois le match retour contre City ‘a bien montré, le milieu de terrain parisien était complétement dépassé par le milieu anglais.

La réussite du PSG en Champions League est conditionné par la bonne santé de ses joueurs stars, et Verratti est incontestablement le joueur le plus important de l’effectif avec Mbappé. Ils peuvent perdre Neymar, Di maria, ils sauront les remplacer pour limiter la casse. Mais une absence de Verratti change incontestablement la face de l’équipe.


Donnarumma / Navas, double sécurité.

Crédits photo :  LP/Arnaud Journois

Là aussi le doute était permis, la concurrence entre les deux gardiens pouvait poser problème au sein du vestiaire parisien. Cependant cette campagne a montré que la cohabitation était possible entre les deux portiers, qui nous ont offert plusieurs très bonnes performances dans les cages parisiennes. Que ce soit l’italien ou le costaricien, la défense n’a pas pâti de ce turnover.

Le choix entre deux gardiens de très haut niveau peut aussi permettre de choisir en fonction de l’adversaire. Si le PSG veut assurer une relance au pied fiable face à une équipe qui effectue un pressing haut sur le terrain, ce sera Navas titulaire, et si Pochettino veut assurer une présence dans les airs contre des équipes qui privilégient le jeu sur coup de pied arrêtés, ce sera l’italien.

Cette concurrence permet aussi de toujours garder les joueurs concernés par leur performance, et les obligent à ne pas se reposer sur leurs lauriers. Trop de gardiens jouissent d’une immunité et peuvent être moins motivés au moment de faire l’arrêt décisif, ce qui n’est pas le cas à Paris.


Les ailes, tout ou rien?

Crédits photo:  JB Autissier / Panoramic / JB Autissier / FEP / Panoramic / Philippe LECOEUR

La défense parisienne a montré quelques signes de fébrilité tout au long des 6 matchs, mais un aspect de l’attitude défensive du PSG attire notre attention.

Achraf Hakimi et Nuno Mendes ont montré de belles choses sur le plan offensif lors de certains matchs (même si le marocain est loin de son niveau de l’année dernière), mais sur le plan défensif c’est autre chose. Beaucoup d’équipes ont profité d’une faiblesse sur les ailes pour faire du mal aux parisiens. Le match retour contre City et les buts concédés en sont le parfait exemple. Les espaces dans le dos ont été un problème à chaque match, et les remplaçants n’apportent pas non plus une sécurité en cas d’absence d’un des deux titulaires. Bernat, Diallo, Kherer, Kurzawa, les latéraux ne sont pas très rassurants.

Pochettino est aussi un des responsable de cette relative faiblesse, en n’installant pas ses joueurs dans un système adapté. Avec des profils tels que ceux d’Hakimi et de Nuno Mendes, il faut jouer à fond la carte de l’offensive, dans un dispositif avec trois défenseurs centraux et des pistons hauts sur le terrain. Avec ce schéma tactique, le PSG pourrait mettre encore plus de pression sur le camp adverse, et donc forcer des relances hasardeuses. Mais le système à 4 derrière ne permet pas aux deux joueurs de s’exprimer librement.


Le PSG, simple outsider?

C’est un constat qui commence à faire de plus en plus de bruit dans la communauté football française, le PSG ne fait peut-être plus parti des favoris pour remporter la Champions League cette saison. La comparaison avec les autres grosses cylindrées fait que cette affirmation semble de plus en plus vraie au fil des matchs.

La faute à un jeu collectif beaucoup moins solide que les saisons précédentes et une impression de manque de maitrise dans les grands matchs. Même si le match aller contre City a été remporté par les parisiens, il ne faut pas occulter le contenu du match qui était plus que douteux pour le PSG, qui s’en est sorti grâce à des éclairs de génie. Le match retour s’est passé de la même manière, et on a vu le résultat. Pochettino ne semble pas trouver la formule pour avoir une équipe équilibrée. Le manque de repli défensif des hommes de devant sera très préjudiciable au moment d’affronter les meilleures équipes, et aujourd’hui le PSG ne peut pas s’asseoir à la table du Bayern, de Liverpool , de Manchester City ou même de Chelsea dans la discussion à la victoire finale.

Arrivé deuxième de son groupe, le tirage des 1/8èmes de finale sera déterminant puisqu’il existe une possibilité de tomber contre le Bayern, ou Liverpool et la moindre contre-performance serait indigne d’une équipe qui à soi-disant réalisé le meilleur mercato de l’histoire.


Une attaque à trouver

Un trio magique sur le papier, pas simple à mettre en place dans la réalité. (A. Réau/L’Equipe)

C’est le dernier point à aborder, l’attaque du PSG. Hormis un Mbappé toujours aussi stratosphérique, ses compères d’attaque se sont révélés décevants. Un Icardi plus occupé à gérer sa vie privée qu’à marquer des buts, un Neymar aux abonnés absents depuis le Final 8 de 2020, Di Maria qui fait ce qu’il peut mais qui ne rajeunit pas, et Lionel Messi qui petit à petit, monte en régime. Ce n’est pas vraiment ce qu’on pourrait appeler une attaque digne d’un prétendant au titre final.

De plus, au-delà des statistiques, de nombreuses attitudes sur le terrain sont à déplorer. Très peu d’efforts défensifs ce qui amène le surnombre presque à chaque attaque adverse, et pas beaucoup plus de mouvements en phase offensive. On assiste plus à une succession d’action personnelles qu’a un vrai jeu de combinaisons, de mouvements sans ballon. C’est dommage vu les joueurs disponibles, en s’obstinant à mettre Lionel Messi sur l’aile droite, lui qui serait beaucoup plus à l’aise dans le cœur du jeu pour distribuer au mieux le ballon. L’état de forme de Neymar est aussi problématique, lui qui pouvait faire jaillir la magie à tout moment ne semble plus en mesure de faire une quelconque différence balle au pied. Hors de rythme, il doit revenir à son meilleur niveau pour que le PSG puisse rêver de titre. Heureusement pour eux, Mbappé est dans la forme de sa vie et enchaine les grosses performances pour tirer son équipe d’affaire en Ligue 1 et en Champions League.

Voilà donc le casting offensif de ce PSG 2021-2022, sur courant alternatif. Les associations sont encore à peaufiner, les automatismes ne sont pas là malgré plusieurs saisons passées ensemble, c’est clairement un des points les plus décevants de ce début de saison. Bien évidemment c’est passé contre des équipes plus modestes que le PSG comme Leipzig et Bruges, mais l’objectif pour le PSG n’est clairement pas de sortir des poules, alors on jugera contre les prétendants au titre.

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