Strasbourg – Marseille : L’OM stoppe la belle série du Racing !

Auteur du premier but marseillais d’un magnifique geste accrobatique sous les yeux du KOP strasbourgeois, Bemba Dieng n’a pu s’empêcher de faire de la provocation au moment de célébrer… (D.R)

Resté sur six matchs consécutifs sans aucune défaite (3 victoires, 3 nuls), le Racing Club de Strasbourg espérait bien poursuivre sa belle série d’invincibilité face à des Marseillais en quête de rachat après leurs déboires à Brest (défaite 2-1). Finalement, la hiérarchie entre les deux équipes a été respectée avec la victoire 2-0 des Phocéens à la Meinau, qui ont su museler la meilleure attaque d’Europe à domicile.


Un match forcément particulier pour le défenseur Lucas Perrin (au centre), prêté par l’OM à Strasbourg pour toute la saison ! Il a enchainé hier sa septième titularisation de suite ! (Sébastien Bozon – AFP)

Au coup d’envoi de ce RCSA- OM, pas sûr que les Marseillais s’avançaient dans la peau des favoris. Meilleure attaque d’Europe à domicile cette saison avec 23 buts marqués, les Alsaciens n’ont plus perdu à la maison depuis le 25 septembre dernier face à Lille (défaite 2-1) et ils avaient bien la ferme intention de poursuivre cette belle série face à l’une des grosses armadas du championnat français.

Dès la conférence de presse d’avant match, le coach du Racing, Julien Stéphan, avait cependant bien pris soin de tempérer les ardeurs de chacun : « C’est encore un gros match ce week-end. Quand on joue des équipes de cette dimension, on est forcément outsiders. Il faut avoir l’humilité de le dire […] Je ne pense pas que l’on tombera dans la surexcitation. On doit rester dans notre ligne de conduite, c’est à dire donner du plaisir. » Et ce en marquant des buts, bien sûr, chose que la deuxième attaque de Ligue 1 a très bien su faire depuis le mois d’août.


La meilleure attaque d’Europe bâillonnée !


A l’image d’Ibrahima Sissoko qui rate ici son face à face avec Pau Lopez, les attaquants strasbourgeois n’ont pas su trouver la faille dans la défense marseillaise, hier soir ! (Jean-Marc Loos – DNA)

Hélas, hier soir, les attaquants alsaciens d’ordinaire si prolifiques sont cette fois-ci restés désespérément muets, muselés par une défense de l’OM très solide. Venu en terre alsacienne avec quatre défenseurs, Marseille a parfaitement su cadenasser l’axe, imposant une présence physique gênante dans la surface pour les attaquants adverses, Ludovic Ajorque et Habib Diallo. Pour les atteindre, Strasbourg a alors dû s’appuyer principalement sur ses latéraux, Anthony Caci et surtout Frédéric Guilbert, auteur d’un match de haut niveau, afin de déborder le bloc marseillais et centrer.

A plusieurs reprises ce schéma de jeu s’est répété, Habib Diallo croyant même ouvrir le score sur un énième centre de Guilbert pour Ajorque, mais l’ancien caennais a été signalé hors-jeu de justesse au départ de l’action (13ème minute de jeu). La plus grosse frayeur de la soirée vient de passer pour les Marseillais, car ce but aurait pu donner une tout autre physionomie à la rencontre.


Gerzino Niamzi défend comme il peut face à Dimitri Payet ! (Jean-Marc Loos – DNA)

Un cruel manque de réussite couplé à un certain déchet dans le dernier geste empêche ensuite les Strasbourgeois, sans complexes, de faire à nouveau trembler les filets de Pau Lopez. A deux reprises pourtant, Ludovic Ajorque semble parfaitement servi pour mettre la balle au fond, mais ses plats du pied trop sécurisés n’ont pas suffi à tromper la vigilance du gardien espagnol (49ème, 76ème). De nouveau impeccable sur un centre dangereux de Thomasson (55ème), puis sur une frappe écrasée de Diallo à l’issue d’un petit festival dans la surface (57ème), Lopez éteint les derniers espoirs alsaciens en captant facilement la tête d’Alexander Djiku sur corner (88ème).

Et lorsqu’il semble battu, il peut encore compter sur une défense qui ne laisse rien passer, à l’image de Pape Gueye taclant une frappe à bout portant de Djiku (87ème). Si vous ajoutez à cela une bonne dose de réussite, comme lorsque le dos de Pol Lirola bloque la tête de Diallo, bien servi au deuxième poteau par Kévin Gameiro (85ème), vous obtenez le neuvième clean-sheet de l’OM cette saison.

Vendangées à de trop nombreuses reprises, les occasions strasbourgeoises n’auront donc pas manqué. Concentré et poussé par une Meinau à guichet fermé, Strasbourg n’a jamais baissé les bras, mais a finalement dû s’incliner face au sang-froid des attaquants marseillais, après avoir buté sur leur défense.


Le but complètement fou de Bemba Dieng !


La retournée accrobatique exceptionnelle de Bemba Dieng a permi aux Marseillais d’ouvrir le score à l’heure de jeu ! Il n’y avait rien à faire, sinon applaudir… (SEBASTIEN BOZON – GettyImages)

Titularisé pour la dixième fois cette saison, le jeune attaquant Bemba Dieng devait encore prouver à Jorge Sampaoli qu’il avait sa place dans le onze de départ de Marseille. Sur le côté gauche, le Sénégalais a d’abord imité ses comparses strasbourgeois en gaspillant deux précieuses cartouches dans un match équilibré où les occasions se sont faites rares jusqu’à l’heure de jeu. Après avoir hérité d’une superbe passe en profondeur de Dimitri Payet, Dieng ne peut faire mieux que de frapper dans le petit filet de Matz Sels (26ème), gâchant ainsi l’une des plus grosses occasions de l’OM de ce début de match, avec la frappe lointaine de Gueye au ras du poteau (6ème). Heureusement pour lui, Bemba Dieng finit bien par se racheter, et de la plus belle des manières !

Sur un centre d’Henrique côté droit, lui-même bien lancé en profondeur par Payet puis Lirola, Dieng mystifie Matz Sels d’un splendide retourné acrobatique, catapultant la sphère au fond du but (62ème) ! Une réalisation pleine de classe et de spontanéité, qui permet à l’OM d’ouvrir le score sur un contre éclair et de s’offrir un avantage quasiment décisif. « C’était assez clair que celui qui marquait en premier aurait un avantage conséquent » concède Julien Stéphan en conférence de presse d’après-match.


Cliniques face au but, les Marseillais font le break !


La joie débordante de DImitri Payet, Matteo Gendouzi et Duje Caleta-Car, après le but de ce dernier ! (D.R.)

Un but libérateur pour Marseille et surtout pour Dieng, qui n’a guère le temps de savourer puisqu’il est sorti par Sampaoli quatre minutes plus tard, remplacé par Cengiz Under (66ème). Et pour cause, si le bouillonnant entraineur argentin a apprécié la quatrième réalisation de l’année de son attaquant, il n’a pas manqué de le maintenir sous pression face aux journalistes : « Il a fait un très bon match, je crois qu’il a eu cinq occasions. C’est un joueur à qui l’on fait confiance, un joueur très rapide, qui a une très bonne frappe, il se crée des occasions à lui tout seul mais il doit encore s’améliorer », a-t-il estimé.

Malgré la réaction immédiate de Strasbourg, par l’intermédiaire d’une frappe trop enlevée de Gerzino Niamzi sur une remise intelligente de Diallo (64ème), les Sudistes ne cèdent pas et enfoncent même le clou sur l’un des rares coups de pieds arrêtés qu’ils ont obtenus. A la retombée d’un corner frappé côté gauche par Payet, le défenseur Duje Caleta-Car fusille au premier poteau Matz Sels d’une tête imparable (82ème)! En surnombre dans la surface, les défenseurs strasbourgeois sont restés trop statiques et ne peuvent que constater les dégâts, dépités : Marseille file vers un succès précieux dans la course à l’Europe !


Strasbourg avait les armes pour gagner et n’a pas démérité !


Habib Diallo bute sur le défenseur William Saliba ! Le symbôle d’une soirée compliquée pour les attaquants alsaciens… (Jean-Marc Loos – DNA)

Ainsi, après cette défaite deux buts à rien, la déception est palpable dans les rangs strasbourgeois.  « Il y a forcément de la déception quand on perd un match, témoigne Julien Stéphan. […] On a le regret de ne pas avoir offert la victoire aux supporters pour la dernière de l’année à la Meinau. » La rencontre, loin d’être aussi spectaculaire qu’espérée, fut malgré tout très équilibrée avec une possession légèrement en faveur de Marseille (51%) mais un nombre de tirs cadrés identiques (trois tirs partout). Avec onze frappes au total, Strasbourg a même davantage tenté sa chance que l’OM, preuve que la maladresse des attaquants a pesé dans cet échec à domicile.

Mais avec une défense marseillaise bien regroupée dans la surface, il a été difficile pour les buteurs alsaciens de s’exprimer pleinement, les ballons arrivant moins souvent dans leurs pieds. Relativement bas sur le terrain, le bloc marseillais a su se montrer patient en attendant Strasbourg pour ensuite procéder en contre, ce qui a parfaitement fonctionné sur l’action du premier but. En clair, Jorge Sampaoli est parvenu à remporter la bataille tactique, ce qui permet à son équipe de se hisser à la deuxième place de la Ligue 1, avec un match en retard.

De son côté, le Racing, bloqué aux portes du Top 5, semble toucher ses limites mais peut encore terminer la phase aller sur une bonne note le 22 décembre, lors du prochain match contre Clermont, un adversaire pour le maintien.


Alexis Kopp

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :