Les Portraits du Club 115 : Sir Lewis Hamilton, #44.

Fraîchement adoubé, Lewis Hamilton est le sujet du moment en Formule 1. Son absence depuis l’ultime Grand Prix de la saison 2021 laisse courir toutes sortes de rumeurs. L’occasion pour nous de revenir sur le parcours du pilote britannique aux sept couronnes, véritable icône de la discipline.

Lewis Hamilton, septuple champion du monde
Lewis Hamilton, septuple champion du monde de Formule 1. ©Formula1

Lewis Hamilton, un prodige dès le départ


Sur le circuit depuis 15 ans maintenant, le natif de Stevenage a démontré très tôt un véritable don au volant. Il pilote son premier kart à huit ans, et ne met qu’un an à obtenir son premier grand titre. A neuf ans, il est sacré champion national. Et qui dit victoire, dit célébration. Le voilà convié au gala d’Autosport, où se réunit le gratin de la Formule 1. Son jeune âge ne le prive pas d’audace, puisqu’il va directement s’adresser à Ron Dennis, patron de McLaren F1, pour lui exposer son ambition d’un jour courir sous sa direction. A neuf ans. Lewis annonce la couleur aussi rapidement qu’il remporte les titres.

En bon directeur d’écurie, Dennis surveille de près l’évolution du jeune champion. 3 ans plus tard, Lewis Hamilton se voit proposer un contrat à long terme ainsi qu’un financement pour sa carrière. C’est l’avènement d’un champion.

En 2002, il fait son entrée au championnat britannique de Formule Renault. Vous vous en doutez, il finit par le remporter en 2003. Comme tout pilote désirant accéder à la Formule 1, il réalise un passage pour le moins express en F3. 1, 2, 3… 15 courses disputées sur 20 sont remportées par Lewis Hamilton. Il est temps de passer à la catégorie supérieure. Sauf que le Britannique est tout aussi expéditif en GP2. Remplaçant de Nico Rosberg en 2006, il remporte le championnat chez ART Grand Prix. Bienvenu en Formule 1.

Pour sa première saison dans la catégorie reine, Lewis Hamilton atteint son objectif en concourant chez McLaren et devient le coéquipier d’un certain Fernando Alonso. Le Britannique donne le ton en montant trois fois sur le podium pour ses trois premières courses. Ni une, ni deux, il se classe parmi les meilleurs en étant vice-champion du monde l’année où ce cher Kimi Raïkkönen est sacré. Ce qui, au passage, fait de lui le meilleur rookie de l’histoire.


Première couronne, premières faiblesses


Lewis Hamilton va très vite, et remporte sa première couronne de champion du monde au Brésil en 2008 après une belle bataille avec Kimi Raïkkönen. Le Britannique n’est pas prêt d’oublier cette année exceptionnelle, d’autant plus qu’il signe sa première victoire à domicile, sur l’iconique circuit de Silverstone. Victoire à domicile ? Fait. Champion du monde ? Fait. Comme si cela ne suffisait pas, il est le plus jeune pilote de l’histoire à être sacré. A seulement 23 ans, Lewis Hamilton commence déjà à écrire l’histoire de la discipline.

Néanmoins, tout champion a ses mauvaises passes. Pour Hamilton, le reste de son parcours chez McLaren-Mercedes n’est pas aussi brillant qu’il l’aurait espéré. 2009 commence relativement mal pour le natif de Stevenage. Il se voit disqualifié du premier GP de la saison, en Australie, après une affaire litigieuse dans laquelle le pilote est accusé de mensonge volontaire. Quant au reste de la saison, Hamilton lutte difficilement aux commandes de la McLaren MP4-24, impuissante face aux Red Bull.

L’année suivante, Sir Lewis Hamilton termine quatrième du classement général. Faible résultat dites-vous ? Oui, enfin, avec une pole position, neuf podiums et trois victoires tout de même. Parallèlement, Sebastian Vettel est sacré champion du monde. Et l’Allemand restera accroché à son titre telle une moule sur son rocher pendant quatre années consécutives. 2011 et 2012 ne sourient pas non plus au Sujet de sa Majesté qui oscille entre pénalités et faibles performances. Ce pourquoi Lewis Hamilton quitte McLaren-Mercedes pour les Flèches d’Argent. Autrement dit, le début de la fin pour tous les autres pilotes sur la grille.


Hamilton et Mercedes, une affaire qui roule


Hamilton signe avec Mercedes pour la saison 2013. Il reste soft en finissant quatrième du championnat. Il faut bien qu’il s’habitue à sa nouvelle équipe.

C’est parti. 2014 : champion du monde. Il signe sa 26ème victoire après un Grand Prix de Malaisie exceptionnel, couronné d’un Grand Chelem. Hamilton ne laisse aucune miette à ses adversaires puisqu’il exécute la pole, la victoire, le meilleur tour, ainsi que tous les tours en tête. La définition même de laisser les autres dans le rétroviseur. Le Britannique termine la saison en apothéose à Abu Dhabi, en décrochant son second titre. 2015 : champion du monde. Aux commandes de la Mercedes AMG F1 W06 Hybrid, il effectue un nouveau hat trick en Chine. Et un autre à Silverstone. Puis un Grand Chelem à Monza. Une vraie fusée.

2016 : couac. L’entente n’est pas vraiment cordiale chez Mercedes depuis 2013. Toutefois, la rivalité emblématique opposant Lewis Hamilton et Nico Rosberg atteint son paroxysme en 2013. Tels Bip Bip et Vil Coyote, les deux pilotes ne cessent de s’accrocher, au point que leur écurie doit instaurer de nouvelles règles afin d’éviter tout autre accident. Au final, Nico Rosberg ravit le titre lors de l’ultime GP avant de prendre sa retraite de la Formule 1.

2017 : champion du monde. Le voilà aux côtés d’un nouvel équipier qu’il apprécie davantage, Valtteri Bottas. 2018 : champion du monde. Une nouvelle fois, le Britannique se révèle indétrônable. Tout en faisant face au retour des Ferrari sur le devant de la scène, Lewis et Valtteri offrent son quatrième titre constructeur à Mercedes. 2019 : vous connaissez la chanson maintenant. Champion du monde. Hamilton continue d’écrire l’histoire de la Formule 1 en lettres d’or. Toutefois, un jeune pilote néerlandais vient titiller le sextuple champion sans pour autant le faire trébucher. Pour l’instant.

2020 : champion du monde. Porté par la Mercedes W11 et par son coéquipier, le Britannique s’envole et relègue tout potentiel rival au second plan. Il égale par la même occasion le record de titres détenu par le légendaire pilote Ferrari Michael Schumacher. Si la concurrence était jusqu’ici relativement limitée pour Hamilton et Mercedes, la saison 2021 a révélé son lot de surprises…


Une saison 2021 rocambolesque


Pour sa neuvième saison chez Mercedes, Lewis Hamilton vise un huitième titre et un record inégalé. Seulement, vous souvenez-vous du jeune pilote pilote néerlandais évoqué un peu plus tôt ? Et bien cette fois-ci, il a fait bien plus que titiller le Britannique. Lewis Hamilton s’est heurté à un rival extrêmement audacieux, le poussant dans ses retranchements. Pour une fois depuis plusieurs saisons, Hamilton n’a pas eu le monopole de la première place.

Le GP de Bahreïn, premier de la saison, annonce d’ores et déjà la couleur. Hamilton l’emporte au terme d’une lutte acharnée avec Max Verstappen. Cette rivalité intense a rythmé tous les Grands Prix de l’année. Les deux pilotes sont sans cesse au coude à coude dans le classement général, le plus large écart étant de 32 points lorsque Verstappen l’emporte en Autriche. La veille, Hamilton annonçait sa volonté de poursuivre au sein de l’écurie allemande.

« Nous avons réussi tant de choses ensemble, mais il nous reste encore beaucoup à accomplir, à la fois sur et en dehors de la piste. Je suis incroyablement fier et reconnaissant de la façon dont Mercedes m’a soutenu dans mon combat pour augmenter la diversité et l’égalité dans notre sport.« 

lewis hamilton

La lutte est telle que les deux rivaux arrivent à égalité parfaite au GP d’Abu Dhabi pour la finale de la saison. Au bout du compte, le Néerlandais remporte son premier titre de champion du monde, laissant Hamilton face à une désillusion sans précédent. Néanmoins, le #44 conclut sa saison avec de nouveaux records en poche dont le nombre de pole positions, plus de 100 au cours de sa carrière.


Ce que vous ignorez peut-être sur Lewis Hamilton


Si Lewis Hamilton est sans conteste l’un des pilotes les plus talentueux que la Formule 1 ait connu, il est aussi une personnalité engagée dans de nombreux domaines. Voici quelques éléments à connaître sur le Britannique.

  • Pourquoi le #44 ? Ce numéro est celui que le natif de Stevenage portait lors de ses débuts en karting à l’âge de huit ans. Depuis, il ne l’a jamais changé. En même temps, avec sept couronnes, il semblerait que ce choix lui réussisse.
  • Lewis Hamilton a presque toujours refusé d’apposer le #1 sur sa monoplace, privilège réservé aux champions du monde. Il ne l’a porté qu’une seule fois, lors d’essais libres à Abu Dhabi en 2018.
  • Le 31 décembre 2020, il est élevé au rang de Chevalier de l’Ordre de l’Empire Britannique par la Reine d’Angleterre elle-même. Un an plus tard, il est adoubé par le Prince Charles.
  • En 2021, lorsqu’il a signé chez Mercedes pour deux saisons supplémentaires, il avait une condition : que Toto Wolff reste son directeur d’écurie. L’Autrichien, qui fête d’ailleurs ses 50 ans en ce 12 janvier, a donc rempilé pour trois ans afin de rester aux côtés de son pilote phare.
  • En 15 ans de carrière en Formule 1, il est devenu l’auteur d’innombrables records. Lewis Hamilton détient notamment le record du nombre de pole positions, soit 103 départs en tête pour 103 victoires et 182 podiums, deux autres records. Ses 288 courses réalisées lui ont permis d’obtenir sept couronnes mondiales, record qu’il co-détient avec Michael Schumacher. Joli palmarès n’est-ce pas ?

Mais ce n’est pas tout. Tout au long de son parcours, Hamilton a montré son engagement dans divers domaines.

  • En 2021, Sir Lewis Hamilton a reçu la distinction de « l’Athlete Advocate of the Year » pour son engagement dans la lutte contre le racisme. Au cours de l’année précédente, il s’est révélé en tant que figure du mouvement BLM. Il faut savoir que le Britannique a lui-même été injurié à plusieurs reprises.
  • Vous l’aurez sûrement remarqué, le #44 porte parfois des tenues pour le moins déconcertantes. En tout cas pour toute personne étrangère au milieu de la mode. En tant qu’icône de mode, il prône une plus grande diversité en Formule 1, et défend l’idée que chacun porte ce qu’il ou elle veut.
  • De plus, il a créé sa propre ligne de vêtements. Hamilton met en avant des matériaux responsables, car il est aussi fervent défenseur de l’environnement. Oui, un pilote peut défendre cette cause.
  • Qui plus est, Sir Hamilton soutient la cause LGBTQ, comme il l’a prouvé en portant un casque aux couleurs du mouvement.
Les casques portés par Hamilton en 2021. ©Mercedes AMG Petronas F1 Team

En bref, le pilote aux sept couronnes se distingue grâce à un talent exceptionnel, mais aussi par ses multiples engagements. Si sa lutte avec le Néerlandais a divisé le public en 2021, elle nous a offert une saison que peu de gens pourront oublier. Et parce que personne n’aime les départs, on attend Lewis Hamilton sur la piste en 2022.

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