Strasbourg – Montpellier : Renversant, le Racing fonce vers l’Europe !

La joie des Strasbourgeois, qui ont sû réagir pour renverser le match après avoir encaissé le premier but de la rencontre ! (RCSA)

C’est un Racing Club de Strasbourg renversant qui s’est imposé 3-1 face à Montpellier cet après-midi, à la Meinau, dans le cadre de la 21ème journée de Ligue 1. Grâce à cette victoire, les Alsaciens se hissent à la septième place du classement à seulement deux unités de la quatrième position, qu’ils peuvent espérer ravir à Rennes en cas de victoire face à Clermont dans trois jours.


Une entame de match difficile pour le Racing


En début de rencontre, Matz Sels a dû s’employer sur plusieurs attaques de Montpellier. En revanche, celui qui est devenu papa ce week-end n’a rien pu faire sur l’ouverture du score signée Florent Mollet… (Frank Kobi – DNA)

Ce match entre deux équipes au coude à coude en ce début d’année avait pourtant bien mal débuté pour Strasbourg, huitième au coup d’envoi, deux points derrière des Montpelliérains pointant en sixième position. Défaits en Coupe de France par les hommes d’Olivier Dall’Oglio début janvier, les bleus et blancs se sont une nouvelle fois laissés surprendre par cet adversaire coriace et difficile à jouer.

La faute à Florent Mollet, qui marque dès la onzième minute de jeu son cinquième but face à Strasbourg depuis son retour dans l’élite du football français. Parfaitement lancée en profondeur, à la réception d’une longue passe aérienne signée Mihailo Ristic, Mollet profite du mauvais alignement de la défense strasbourgeoise pour prendre de vitesse Anthony Caci, trop court, avant de tromper Mats Sels d’une frappe croisée imparable. Colère de Dimitri Liénard et stupeur parmi les 5000 chanceux autorisés à prendre place dans les travées d’une Meinau dénaturée par l’absence de la majorité de ses supporters.


Virevoltant en début de rencontre, le leader technique et capitaine de Montpellier Téji Savanier n’a pas réussi à trouver le chemin des filets cette fois-ci. (Frank Kobi – DNA)

Un temps sonnés par ce but qui vient sanctionner un premier quart d’heure franchement poussif, les Strasbourgeois repartent rapidement vers l’avant et se procurent pléthore d’occasions chaudes. Dans une première période où le beau jeu n’a existé que par séquences, sans cesses troublées par des fautes et des approximations techniques de part et d’autre, Strasbourg a d’abord multiplié les maladresses. Fautes inutiles, transmissions approximatives et contrôles manqués ont rythmé un premier acte disputé, durant lequel la construction du jeu fut bien laborieuse.

Il faut dire que certaines absences de poids se sont fait sentir, notamment en attaque. Ainsi, les petits gabarits d’Adrien Thomasson et de Kévin Gameiro se sont plusieurs fois retrouvés coupés du reste du bloc, isolés au milieu de la défense adverse. Difficile pour eux de faire oublier les attaquants phares Ludovic Ajorque (suspendu) et Habib Diallo (en sélection), 18 buts à eux deux depuis le début de la saison, surtout au moment de conclure les actions : sur les centres, devenue une arme fatale pour le club au fil du championnat (le Racing a marqué 10 buts à la suite d’un centre cette saison, total le plus élevé en championnat), le double mètre d’Ajorque a sérieusement fait défaut, tout comme le réalisme de Diallo


Les occasions pleuvent sur le but de Montpellier


A l’image d’Anthony Caci, qui n’a pas hésité à dézoner pour tenter sa chance, le Racing a multiplié les frappes sur le but de Jonas Omlin ! (Frank Kobi – DNA)

Aussi, face à un bloc Montpelliérain placé haut, les Alsaciens ont eu toutes les peines du monde à trouver le chemin du but, accumulant les situations chaudes sans parvenir pour autant à trouver la faille. Après une première frappe lointaine trop imprécise de Jean-Ricner Bellegarde (15e), Adrien Thomasson hérite d’un ballon mal dégagé par le gardien montpelliérain Jonas Omlin, mais sa passe pour Kévin Gameiro, esseulé au point de pénalty, est interceptée en urgence par Nicolas Cozza (17e).

On prend les mêmes et on recommence trois minutes plus tard : sur un centre de Lucas Perrin, monté dans le couloir gauche, Gameiro prolonge pour Thomasson, qui déclenche une frappe puissante du droit… repoussée de justesse par Omlin, auteur d’une parade réflexe splendide (20e) ! Le portier suisse est ensuite sauvé par sa barre transversale, percutée par une nouvelle frappe de Kévin Gameiro, encore et toujours en manque de réussite (24e), avant de repousser lui-même la tentative aux 30m de Sanjin Prcic (28e). Relativement serein, Montpellier laisse passer l’orage, même si ce temps fort strasbourgeois a mis au jour une certaine fébrilité dans les rangs de la défense sudiste.


Une « remontada » à la sauce alsacienne !


Kévin Gameiro a longtemps échoué face au but, avant de trouver la faille en fin de match ! La persévérance est récompensée ! (D.R.)

Au retour des vestiaires, le pilonnage intensif des buts de Jonas Omlin reprend. Monopolisant le ballon, le Racing prend cette fois-ci véritablement le dessus sur Montpellier dans le jeu, ne s’exposant que très rarement à des offensives adverses. Mais après une heure d’effort, le MHSC, toujours très appliqué en défense, mène encore la danse au tableau d’affichage, malgré les tentatives d’Anthony Caci (48e), de Dimitri Liénard (55e) et surtout d’Adrien Thomasson, qui manque le cadre de peu (63e) !

Alors que la réussite semble les fuir obstinément, le tournant du match intervient finalement à la 65e minute pour les Strasbourgeois. Fraichement rentré en jeu cinq minutes plus tôt, le jeune attaquant montpelliérain Elye Wahi est sévèrement sanctionné pour une semelle sur Lucas Perrin, un choc impressionnant à vitesse réelle. Les deux hommes s’étaient déjà accrochés quelques instants auparavant, déjà suite à une faute de Wahi, particulièrement belliqueux depuis son arrivée sur la pelouse. Pour Pierre Gaillouste, l’arbitre de la rencontre, c’est l’écart de trop : il expulse directement Wahi, qui laisse ses dix équipiers désormais exposés à tous les assauts alsaciens.


3 buts en seulement 9 minutes !


En puissance, Majeed Waris a réussi à percer la muraille Omlin, surpris au premier poteau ! (Frank Kobi – DNA)

Et ceux-ci reprennent de plus belle ! Porté par les entrants, le onze alsacien ne cesse d’accroitre la pression sur la défense adverse. Impeccable jusque-là, Jonas Omlin doit finalement s’avouer vaincu sur la frappe enroulée dans un angle fermé du suppléant Majeed Warris, auteur ici de son premier but de la saison (77e), tout en puissance ! Une performance saluée par son entraineur, Julien Stéphan, après la rencontre : « Je vois travailler Majeed tous les jours, ce n’est pas facile pour ces joueurs remplaçants. Il continue à s’investir au quotidien, à travailler. Il a saisi l’opportunité aujourd’hui et a été récompensé. »

Qui constitue une véritable délivrance pour le Racing dans cette rencontre. Inéluctablement, Montpellier s’effondre et laisse son concurrent dérouler sa partition impériale. Adrien Thomasson, d’une formidable tête décroisée à la retombée d’un centre de Caci (84e), puis Kévin Gameiro, enfin vainqueur de son duel face à Jonas Omlin (86e), se chargent de faire complètement basculer la rencontre en faveur des locaux. Désemparés, les coéquipiers de Téji Savanier ne parviennent pas à réagir. Ils concèdent finalement la défaite 3-1 contre des Strasbourgeois parfois maladroits, certes, mais suffisamment engagés et appliqués pour empocher trois points précieux.


Strasbourg, l’invité surprise dans la course aux places européennes !


La lutte fut longtemps âpre contre Montpellier, mais ce beau succès place provisoirement le Racing dans la course aux places européennes ! (Frank Kobi – DNA)

Ce succès face à un concurrent direct au classement chasse presque définitivement le spectre de la relégation en Alsace. Mieux, les hommes de Julien Stéphan peuvent dorénavant clairement regarder vers le haut du tableau : avec un match en retard à disputer dans trois jours face à des Clermontois en souffrance (16ème de Ligue 1, une seule victoire sur les cinq derniers matchs), ils peuvent espérer accrocher la quatrième place en cas de nouveau succès. Ensuite, ce seront les Bordelais qui se présenteront sur leur route. Et quand on connait la forme précaire affichée par les Girondins, défaits 6-0 par Rennes cet après-midi, on se dit que Strasbourg a toutes les raisons de croire en sa chance et de poursuivre cette bonne série.


Julien Stéphan peut être satisfait de la performance de ses joueurs ! (Frank Kobi – DNA)

En conférence de presse, l’entraineur Julien Stéphan a tenu à tempérer quelque peu les ardeurs : « On sait d’où on vient mais on a envie de faire plaisir aux supporters. Notre ambition passe par le jeu. On donnera tout pour faire le mieux possible. On a un groupe restreint et l’enchainement des matches peut être compliqué. »

Les semaines qui viennent seront donc déterminantes pour la suite de la saison des Alsaciens, qui sont en droit de penser à l’Europe. Même si les défaites face au PSG, Lille, Rennes et l’OM, lors de la phase aller de la saison, rappellent que le Racing doit encore franchir un cap pour espérer jouer dans la cour des grands. En tout cas, cela faisait bien longtemps qu’il ne s’en était pas autant rapproché…


Alexis Kopp

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :