Mercato italien : les favoris au Scudetto se sont-ils renforcés cet hiver ?

Dans une course au titre longtemps partagée entre quatre équipes, d’autres concurrents à l’image de la Juventus et la Fiorentina se sont invités depuis la mi-saison. L’occasion pour les intéressés de plus ou moins s’armer en vue d’une phase retour qui s’annonce palpitante.

Dusan Vlahovic sous le nouveau maillot de la Juventus, transfert phare du mercato italien. (Daniele Badolato – Juventus FC via Getty Images)

Retour sur un mercato hivernal mouvementé en haut de tableau

Inter : Leader avec quatre points d’avance sur son dauphin le Napoli et un match de retard, les Milanais vont évoluer avec probablement deux des meilleurs latéraux en Europe, Denzel Dumfries sur le flanc droit et le nouvel arrivant Robin Gosens à gauche, tous deux révélations de l’Euro 2020. Il devra être au moins aussi bon que le véloce latéral des Pays-bas et que l’Italien Matteo Darmian à son poste. Possédant la double nationalité germano-néerlandaise, Gosens s’entendait déjà bien avec Hans Hateboer à Bergame et pourra user de son gros volume de jeu pour contribuer à la féconde attaque nerazzuri, comme le prouvent ses 10 buts et 8 passes décisives minimum depuis deux ans.

L’Inter a été confrontée en fin de saison dernière au départ de l’entraîneur Antonio Conte, de l’excellent latéral droit Hakimi, du prolifique buteur Romelu Lukaku. Mais la relève est rondement menée par l’ex-joueur et coach laziale Simone Inzaghi, lequel connaît bien le nouvel attaquant en provenance du Genoa, Felipe Caicedo, « super sub » décisif lorsqu’il évoluait chez les Biancocelesti. En plus des bonnes affaires à l’instar du modique transfert d’Edin Dzeko au précédent mercato, le départ des stars ont relancé des joueurs tel Alexis Sanchez. Avec ce prêt de six mois de l’Allemand et de l’avant-centre équatorien, aucun euro n’a été déboursé sur une valeur marchande estimée respectivement à 35 et 2,5 Mio., alors qu’on savait le club en difficultés financières.

Un top-player à chaque poste, un manager moderne et proposant un spectacle offensif : la recette paraît alléchante et adaptée à la conservation de leur trône. La profondeur de banc pourrait de surcroît leur permettre de viser haut en Ligue des Champions, dont ils sont enfin sortis des poules suite aux dernières faillites successives. Eliminé de la compétition et reversé en Europa League avec L’Atalanta, Gosens aura en outre l’occasion de poursuivre l’aventure avec son nouveau club. Les pertes de Stefano Sensi, Christian Eriksen rebondissant à Brentford et Martin Satriano ne devraient pas manquer eu égard à leur temps de jeu négligeable voire inexistant sur la phase aller.

Naples : Pas de gros changement à notifier dans l’équipe de Luciano Spalletti. Elle avait très bien débuté la Serie A sur les premières journées, mais s’est fait rattraper par l’AC Milan, lesquels partagent à ce jour le même nombre de points. Avantage Napoli qui a retrouvé un second souffle après un passage à vide, battu notamment par ses concurrents telle l’Atalanta Bergame. Pouvant compter sur ses menus mais redoutables ailiers/attaquants de soutien Mertens et Insigne, ce dernier a par ailleurs égalé le record de buts de Diego Maradona sous la tunique azzuri.

Hormis l’arrivée (sous forme de prêt payant) du jeune défenseur anglo-congolais de Manchester United Axel Tuanzebe, peu expérimenté, on peut évoquer celle de Michael Folorunsho, 23 ans, prêté par la Pordenone et censé apporter un renfort au milieu de terrain. Il pourrait pour la première fois se frotter à l’élite italienne en cas de blessure de Zambo Anguissa. Le défenseur Konstantinos Manolas, ne s’étant jamais imposé en Campanie après de belles promesses à la Roma, retourne quant à lui en Grèce à l’Olympiakos pour 2,5 Mio. d’euros.

Axel Tuanzebe pour l’instant en difficulté comme lors de ce match de coupe perdu 5-2contre la Fiorentina le 13 janvier. (Image: Photo by SSC NAPOLI/SSC NAPOLI via Getty Images)

Milan AC : Rien de majeur à déclarer si ce n’est la venue de l’avant-centre serbe de 18 ans Marko Lazetic, en provenance de l’Etoile Rouge de Belgrade. Le transfert est évalué à 4 Mio. d’euros, un pari pour les Rossoneri. Il fait partie, avec son compatriote Vlahovic, d’une génération d’espoirs au gros potentiel.

Atalanta : A coup sûr la formation lombarde pâtira du départ de Gosens, et cela s’est déjà observé pendant la longue période de blessure du latéral. Si son expérience est concluante, la Dea pourrait toutefois récolter un très beau pactole. Légèrement en régression offensivement (4e attaque pour l’instant), même si elle a pour habitude de monter en puissance aux matches retour, Bergame a reçu en prêt de Sassuolo Jérémie Boga, fraîchement revenu de la CAN.

Auteur de 12 buts et 4 passes décisives lors de la saison 2019-2020, le Franco-ivoirien est un profil intéressant pour diversifier l’attaque, doté d’une bonne technique et vitesse, complétant les qualités de Zapata (grand et puissant). En revanche, il va sûrement devoir faire ses preuves face à Muriel dont la technicité proche a fait des étincelles la saison dernière, contribuant grandement au statut d’équipe la plus prolifique la saison dernière. On souhaite également au natif de Marseille de ne pas rechuter, car connaît une succession de blessures (pas encore trop graves) depuis un an et demi.

Jérémy Boga sous la tunique de son ancien club Sassuolo. (Photo : Getty Images)

Le jeune roumain Valenti Mihaila (21 ans) s’ajoutera aussi à l’armada offensive de l’Atalanta. Prêté par Parme, il est ailier gauche comme Boga, et a connu un début d’exercice encourageant en étant par trois fois décisif. Mais il a très peu joué depuis plusieurs mois, et c’est un euphémisme que de considérer le transfert comme un pari risqué voire superflu pour le poste qu’il occupera.

L’infirmerie des Bergamasques se vidant enfin, il est souhaitable que le groupe ne subisse plus d’hécatombe comme celle l’ayant touché au début d’année, car le prêt de Matteo Lovato à Cagliari les privera d’un bon dépanneur. En somme, l’Atalanta espère viser assez haut en championnat et en Ligue Europa (où elle a été reversée) avec l’allant que Jérémie Boga peut apporter.

Juventus : Derrière ce top 4 stagnent les Bianconeri depuis le début de la saison. L’absence de Cristiano Ronaldo en est peut-être la cause, en tout cas le retour de Massimiliano Allegri dans le club qu’il a rendu hégémonique dans les années 2010 n’a pas l’effet escompté. Le rendement devant le but est toujours médiocre, et cela n’est pas forcément compensé par une défense solide. Mais les lacunes se sont progressivement résorbées et le transfert à presque 82 Mio.€ de la néo-star de Serie A Dusan Vlahovic s’est opéré pour marquer les esprits.

Dans une période où les clubs n’ont pas beaucoup d’argent à débourser, la Juve affiche ses intentions d’aussi batailler pour le titre. L’homme aux 17 buts (autant que l’expérimenté Immobile de la Lazio) caracole en tête de série pour le prix Capocannoniere, et a égalé le record du nombre de réalisations en une année civile, quand bien même il a été inscrit naguère par CR7. A seulement 22 ans, le Serbe est déjà un tueur devant la cage et impressionne par sa précocité. Nul doute qu’avec sa capacité d’adaptation, il saura obtenir un meilleur rendement que Morata et n’importe quel autre attaquant.

Dans le même temps, la Vieille Dame a vu deux de ses bons joueurs à fort potentiel partir à Tottenham : Kulusevski et Bentancur. Ils ne sont jamais imposés dans le collectif non plus, malgré un talent indéniable. Après ce gros coup, il s’agira pour Allegri et ses troupes d’élever considérablement leur niveau de jeu afin de pouvoir finir dans les places européennes.

AS Roma : Nous voyons mal l’équipe de Jose Mourinho, en régression constante, figurer dans le haut de tableau au terme du championnat, même si elle juste au-dessus de la Fiorentina. Le prêt de Sergio Oliveria de Porto et de Maitland-Niles d’Arsenal paraissent pourtant de bonnes pioches, surtout le Portugais qui a conduit son ex-équipe en quart de finales de Champions League l’année dernière (en éliminant la Juventus). Mais l’inconstance du club de la capitale, tout comme son rival la Lazio démontre pour l’instant qu’ils ne sont pas assez affutés pour espérer mieux, même si Maurizio Sarri et son homologue sont capables d’être de grands tacticiens.

Fiorentina : L’absence de Dusan Vlahovic sera probablement dure à combler, mais la Viola devrait se qualifier sans trop de soucis en coupe d’Europe si elle poursuit dans cette voie ouverte par le manager Vincenzo Italiano, prônant un jeu spectaculaire, riche en buts. Les transferts de Jonathan Ikoné (de Lille pour 14 Mo), Arthur Cabral et Krzysztof Piatek sont autant de bons renforcements offensifs pour ce faire.

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