Cyclisme – La persévérance d’Amaury Capiot enfin récompensée !

Dimanche, Amaury Capiot (Arkéa-Samsic) a remporté le Grand Prix de la Marseillaise, la première manche de Coupe de France qui marque traditionnellement le début de la saison cycliste dans l’Hexagone. Encore peu connu du grand public, cette victoire de prestige est pourtant tout sauf une surprise pour le coureur belge, qui pourrait bien devenir l’un des éléments clés de l’équipe Arkéa-Samsic cette saison.


Amaury Capiot n’a pas caché sa joie après sa victoire sur le Grand Prix de la Marseillaise ! (S. Mantey – L’Equipe)

La fin tant attendue d’une longue disette


Les deux poings rageurs, il a exulté une fois la ligne d’arrivée franchie en vainqueur. Amaury Capiot n’a pas caché sa joie de l’emporter, dimanche dernier, sur les routes du difficile Grand Prix de la Marseillaise, devenue une épreuve de référence en début de saison. Il faut dire que le coureur belge de 28 ans attendait avec impatience ce premier succès chez les professionnels, lui qui a additionné les places d’honneur depuis ses débuts en 2015 : avec 82 tops 10 en sept saisons, Capiot était même le coureur cumulant le plus de top 10 sans avoir gagné la moindre course chez les pros.

Une incroyable série qui a donc pris fin devant l’Orange Vélodrome, au bout de l’interminable Boulevard Michelet. « Pour moi, cette victoire veut dire beaucoup. Je cherchais encore ma victoire, aujourd’hui ça arrive, j’avais beaucoup de Top 10, mais ça ne veut rien dire », a-t-il expliqué au micro de Direct Vélo.

L’aboutissement d’une longue progression


Depuis le début de sa carrière en 2015, Capiot (à gauche) a multiplié les places d’honneur comme sur le Nokere Koerse 2018, qu’il termine deuxième derrière Fabio Jakobsen. (Luc Claessen – Getty Images)

Pourtant, le succès d’Amaury Capiot est loin d’être une surprise. Au contraire, il est même l’aboutissement logique d’une lente mais constante progression dans les résultats. Formé au sein de la structure U23 de l’équipe Lotto-Soudal, le Flamand est passé professionnel en 2015 dans les rangs de l’équipe belge Topsport Vlaanderen-Baloise, évoluant en deuxième division (Continental-Pro). Dès sa première saison, il signe cinq top 10 sur des semi-classiques belges, usant de sa bonne pointe de vitesse pour jouer placé dans les sprints.

Coureur longiligne et puissant, Capiot est aussi particulièrement à l’aise sur les classiques pavés, lui qui a terminé huitième de Paris-Roubaix chez les juniors en 2011. En cela, Amaury tient beaucoup de son père, Johan Capiot, Flandrien pur jus, amoureux des pavés et coureur de classiques particulièrement prolifique chez les pros dans les années 1990 : 24 victoires au total dont Paris-Tours en 1991, deux Het Volk, trois GP Samyn et trois Flèche Brabançonne.

Amaury Capiot baigne dans le cyclisme depuis tout petit, puisque son père Johan a été un brillant coureur professionnel dans les années 1990 ! (© Willem Dingemanse)

Ainsi, dans la lignée du glorieux paternel, Amaury passe tout proche de la victoire sur le Nokere Koerse en 2018 (2ème), avant de terminer Paris-Tours à la cinquième place en 2019. Également troisième de Paris-Bourges cette année-là, il accumule les accessits au point d’attirer l’attention de l’équipe Arkéa-Samsic, soucieuse de se renforcer dans le domaine des classiques flandriennes. Le manager Emmanuel Hubert voit aussi en lui un grand pourvoyeur de points UCI, alors que son équipe, renforcée par l’arrivée cette année-là des stars Nairo Quintana et Nacer Bouhanni, aspire à intégrer le World Tour, la première division du cyclisme.

En 2020, Capiot débarque donc en Bretagne, où il poursuit sa progression. En 2021, il est encore 12ème du Het Nieuwsblad, 6ème du Samyn, 7ème de Paris-Camembert, 9ème du Tour de Wallonie et 18ème de Paris-Roubaix, s’affirmant comme le meilleur coureur de l’équipe sur les pavés… mais toujours pas de victoire dans la musette !

La délivrance est donc intervenue ce dimanche pour Amaury, une semaine après sa deuxième place sur la Classique de Valence, première épreuve européenne de la saison, seulement battu au sprint par Giovanni Lonardi (EOLO-Kometa). A Marseille, parfaitement placé par ses équipiers, Capiot ne s’est pas laissé faire cette fois-ci, parvenant à déborder largement l’ancien champion du monde Mads Pedersen, excusez du peu !

Une victoire en forme de déclic ?


Au sein de l’équipe Arkéa-Samsic, à l’effectif dense, Amaury Capiot alterne entre le rôle de coureur protégé et celui de coéquipier de luxe ! (Getty Images)

Alors, cette première victoire pro sera-t-elle le déclic tant attendu pour Amaury ? Dans tous les cas, le Belge est l’un des hommes les plus en forme de ce début de saison et aura pour objectif de se distinguer sur l’Omloop Het Nieuwblad et Kuurne-Bruxelles-Kuurne. Ce sont les premières classiques flandriennes auxquelles il prendra part fin février, après un passage par le Tour d’Oman.

Peut-il aspirer ensuite à une participation aux plus grandes courses du calendrier ? Pas sûr, car chez Arkéa-Samsic Capiot doit composer avec un effectif dense où son profil de couteau-suisse ne lui permet pas de prétendre constamment à un rôle de leader. Dans les sprints, la concurrence est rude avec la présence de Nacer Bouhanni, prioritaire sur les épreuves les plus importantes, mais aussi d’Hugo Hofstetter ou de Christophe Noppe, qui seront de la partie sur les classiques flandriennes.

Rarement aligné sur les courses par étapes majeures, Capiot espère aussi que la saison 2022 sera celle de la découverte de son premier grand tour. Son profil pourrait d’ailleurs être intéressant pour le Tour de France, où il serait d’une aide précieuse sur la cinquième étape, pavée de mauvaises intentions. D’ici là, Amaury tentera de multiplier les coups d’éclats sur les courses d’un jour, comme il sait si bien le faire. Mais désormais, il a aussi prouvé qu’il sait gagner quand on lui fait confiance.

Alexis Kopp

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