Ranieri, Hodgson, doyens ou chanoines de Premier League ?

Personnalités iconiques du football anglais, les deux coachs cumulent les expériences décevantes depuis peu. Le passage de témoin entre l’Italien et le Britannique à Watford le 25 janvier ne présage pas un vent de fraîcheur.

Roy Hodgson et Claudio Ranieri, entraîneurs respectifs de Crystal Palace et Fulham lors de la saison 2018-2019. (Foto: Javier Garcia/Shutterstock/imago)

Ranieri et Hodgson, des CV impressionnants pour une longévité remarquable

Claudio Ranieri, 70 ans, passé par Chelsea avant le début de l’ère Abramovic, Leicester et dernièrement Watford, avait prouvé que l’âge n’était qu’un nombre. « The tinkerman (le bricoleur) » a fait briller des équipes au rôle d’outsider ou de promu en première division, et pas qu’en Angleterre (Monaco, après son rachat par Vasilyev). Son fait d’armes majeur reste indubitablement le triomphe des Foxes en 2016, alors qu’ils ne prétendaient qu’au maintien. N’étant parvenu à entretenir ce succès inespéré, il fut néanmoins limogé la saison suivante.

Depuis, les passages toujours plus brefs à Nantes, Fulham, la Roma (exception faite de la Sampdoria, un an et demi mitigé) et au nord-ouest de Londres ont été un long chemin de croix, sans révolution. Son recrutement suite au renvoi prématuré de Xisco n’aura pas eu d’effet sur les Hornets qui stagnent au fond du classement, pourtant 15e à son arrivée mais avant-derniers à son départ. Le bilan de onze défaites, dont l’élimination en FA cup, un nul et deux victoires en trois mois et demi compte probablement parmi les pires de sa carrière, et il subsiste peu d’espoir de résurrection après cette série noire.

Ranieri à Watford : 11 défaites pour 1 nul et 2 victoires

Le remplaçant, plus âgé, se nomme Roy Hodgson. Également septuagénaire (74 ans), le technicien n’a paradoxalement pas inauguré sa carrière en Premier League mais en Suède. Il a officié en Norvège, au Danemark ou encore en Italie où il entraîna le grand Inter Milan. Plus qu’un simple homme de club, il a aussi l’âme d’un sélectionneur, occupant chronologiquement des postes à la tête de la Suisse, des Emirats Arabes Unis, de la Finlande et l’Angleterre, avec laquelle il fut vivement critiqué (Elimination directe aux Euros 2012 et 2016 après la phase de poules, dont ils ne sortent même pas à la Coupe du monde 2014).

Son prédécesseur avait certes pu entraîner la Grèce, elle demeure cependant la seule sélection à son actif. Ils partagent le point commun d’avoir été sur le banc du Fulham FC, l’Anglais ayant même conduit les Cottagers en finale de la Ligue Europa en 2010. A la suite de ce presque-exploit, « the nicest (le plus sympathique) man in football » eut l’opportunité de monter en galon à Liverpool, mais la relation avec les joueurs et les performances se détériorèrent précipitamment.

Fulham et Hodgson en finale de l’Europa League face à l’Atlético Madrid (Photo : GETTY IMAGES)

Enchaînant en club West Bromwich et récemment Crystal Palace, censé être son ultime pèlerinage, il n’est pas parti en laissant des résultats insatisfaisants, maintenant les équipes dans l’élite et à un niveau assez compétitif. Malgré cela, on pouvait attendre davantage de ses effectifs souvent prometteurs. Chez les Eagles, l’ancien espoir belge Christian Benteke ne s’est pas vraiment relancé en attaque, le virevoltant et technique Wilfried Zaha peine à confirmer son talent, et l’essentiel ailier Andros Townsend a été transféré libre à Everton.

Arborant tous deux la casquette de vétérans, le second est carrément devenu recordman du manager le plus vieux de Premier League devant Sir Bobby Robson en 2019. Pétris d’expérience et de tactiques (pragmatiques) globalement proches basées sur une solide défense, des contre-attaques efficaces, du marquage en zone, celles-ci ont montré des limites face à la nouvelle génération d’entraîneurs, même si elles auront influencé leur époque.

Alors que le dernier groupe coaché par Ranieri éprouve du mal à redresser sa dynamique, il est à espérer que le statut de doyen aussi octroyé à Roy Hodgson ne servira pas seulement à percevoir sa prébende à l’orée de la retraite. Et qu’il permettra d’extirper Watford de cette spirale infernale, en commençant bien ce samedi chez la lanterne rouge Burnley pour le match en retard de la 17e journée.

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