Cyclisme – Lotto-Soudal débute parfaitement sa saison !

Début de saison réussi pour l’équipe Lotto-Soudal ! Avec déjà cinq victoires au compteur, les hommes de John Lelangue débutent le cru 2022 sur les chapeaux de roue ! Et ce n’est peut-être que le début…


L’équipe Lotto-Soudal a parfaitement débuté sa saison 2022, avec déjà cinq victoires ! (D.R. – Vélo101)

Après deux dernières saisons en demi-teinte, ponctuées de seulement douze succès principalement obtenus par le sprinter maison Caleb Ewan (il représente à lui seul la moitié des victoires de l’équipe en 2021), la formation Lotto-Soudal a débuté son année 2022 sur de bien meilleures bases ! Avec déjà cinq succès au compteur, c’est l’équipe qui a le plus levé les bras après deux semaines de reprise.

Si la saison ne fait évidemment que commencer, les premières performances de l’équipe belge se révèlent particulièrement prometteuses pour la suite, avec la victoire de plusieurs coureurs aux profils divers.

Caleb Ewan et Tim Wellens, les valeurs sûres !


Caleb Ewan a remporté le premier sprint de sa saison lors de la première étape du Tour d’Arabie Saoudite ! Le début d’une longue série ? (Getty Images)

Lotto-Soudal a d’abord pu compter sur des valeurs sûres de l’effectif pour performer dès les premiers tours de roue, à commencer par son sprinter vedette, tête d’affiche de l’écurie, l’australien Caleb Ewan. Redoutable dans les 150 derniers mètres, le finisseur de poche est le plus grand pourvoyeur de succès de l’équipe depuis son arrivée en 2019 : entre 2019 et 2021 il a remporté à lui seul près de la moitié de toutes les victoires de sa formation (23 sur 47) et 60% des succès en World Tour (17 sur 28) sur la même période. Des chiffres traduisant parfaitement la dépendance que peut avoir Lotto-Soudal vis-à-vis de ‘’the Pocket rocket’’, qui profite d’un effectif largement mis à son service.

Or, tout miser sur Ewan, c’est une tactique qui peut s’avérer préjudiciable en cas de blessure de l’intéressé, comme sur le Tour de France 2021 (fracture de la clavicule dès la troisième étape). Mais lorsque la fusée a de l’essence dans le moteur, c’est l’assurance d’accumuler des succès sur les courses par étapes les plus prestigieuses.

Et en ce début d’année, Caleb Ewan semble avoir fait le plein, donnant rapidement satisfaction : il remporte pour la première fois de sa carrière le premier sprint qu’il dispute, lors de l’étape inaugurale du Tour d’Arabie Saoudite. Parfaitement lancé par son poisson-pilote Jasper De Buyst, Ewan n’a fait qu’une bouchée de ses adversaires dans la dernière ligne droite.


Troisième étape du Tour de France 2021 : dans un sprint houleux, Caleb Ewan s’accroche avec Peter Sagan et se fracture la clavicule dès la troisième étape. Articulée autour de son sprinter, l’équipe Lotto-Soudal ne parvient pas à combler le vide laissé par son abandon. (Getty Image)

D’ailleurs, on le pensait même parti pour une razzia cette semaine. Hélas, trop mal placé à l’entame du sprint, il ne peut faire mieux qu’un podium lors de la troisième étape, malgré un retour supersonique de l’arrière dans les cinquante derniers mètres ! Clairement le plus rapide de cet emballage final remporté par Dylan Groenewegen, Ewan ne pourra pas non plus défendre ses chances le dernier jour de l’épreuve, victime d’un incident mécanique dans les ultimes kilomètres. Qu’importe, avec déjà un succès dans la poche, le trapu australien a démontré, comme souvent, qu’il est l’un des sprinters les plus en forme en début de saison. De bonne augure pour la suite !


Au coude à coude avec Alejandro Valverde, Tim Wellens remporte le quatrième Trofeo Serra de Tramuntana de sa carrière. Homme du début de saison, il faut espérer qu’il ne s’efface pas après le printemps, comme c’est trop souvent le cas. (Lotto-Soudal)

Tim Wellens est l’autre pilier de la Lotto-Soudal qui a performé dès le lancement des hostilités. Présent dans l’équipe depuis son passage chez les professionnels en 2012, le puncheur flamand s’est lui aussi imposé au fil des ans comme l’un des cadres de l’effectif, pourvoyeur de nombreux succès (33 depuis 2014 précisément). Et ce tout particulièrement en début de saison, une période durant laquelle il adore briller.

Et 2022 n’a pas fait exception à la règle ! Aligné sur trois des quatre manches du Challenge de Majorque fin janvier, Tim Wellens a remporté pour la quatrième fois de sa carrière le Trofeo Serra de Tramuntana en devançant Alejandro Valverde à l’issue d’un sprint tendu. Également quatrième du Trofeo Calvia et huitième du Trofeo Pollença – Port d’Andratx cette même semaine, Wellens débute donc parfaitement son exercice 2022 après une année 2021 plutôt décevante.

Faire confiance aux jeunes : le pari gagnant de la Lotto-Soudal !


Après un joli numéro de soliste, Maxime Van Gils a remporté la quatrième étape du Tour d’Arabie Saoudite. Voilà un grimpeur qui a de l’avenir ! (D.R.)

Cependant, la réussite précoce de Lotto-Soudal ne tient pas qu’à ses leaders de toujours. Elle est aussi le fruit d’une politique sportive efficace pensée sur le long terme. En effet, la structure belge est dotée de l’un des meilleurs centres de formation du World Tour avec son équipe réserve Lotto-Soudal U23, qui fournit chaque année au manager John Lelangue une pelletée de jeunes coureurs belges prometteurs. Avec l’un des effectifs le plus jeune et inexpérimenté du World Tour (moyenne d’âge de 26,2 ans), Lotto-Soudal fait confiance à ses pupilles, puisque pas moins de quinze éléments âgés de 25 ans ou moins composent actuellement l’équipe.

Un pari gagnant en ce début d’année, puisque deux pépites belges ont glané leurs premiers bouquets chez les professionnels : le grimpeur Maxim Van Gils et le sprinter Arnaud De Lie. Le premier s’est révélé sur les routes venteuses de la quatrième étape du Tour d’Arabie Saoudite, après avoir déjà parfaitement épaulé Caleb Ewan les jours précédents.


Comme à chacune de ses victoires, Arnaud De Lie exhulte bruyamment après son succès sur le Trofeo de Palma ! Sa façon « d’évacuer la pression » dit-il. (Twitter : Arnaud De Lie)

Présent dans la première bordure, Van Gils s’est ensuite débarrassé de ses compagnons dans l’ultime difficulté du jour, une vacherie aux pourcentages à deux chiffres, avant de résister sur le plat durant huit kilomètres. Au bout de l’effort, un magnifique succès obtenu avec quarante secondes d’avance sur ses poursuivants, suffisant pour lui assurer la victoire au classement général final de l’épreuve. Et ce à seulement 22 ans.

Déjà septième du Tour de Wallonie et douzième de la difficile Classica San Sebastian l’an passé pour sa première année pro, l’ancien vainqueur de la Classique des Alpes junior s’affirme donc comme un grimpeur prometteur et particulièrement à l’aise sur les très forts pourcentages.

Un profil à l’exact opposé de celui d’Arnaud De Lie, bien plus massif et plutôt satisfait lorsque la route reste complètement plate. Sprinter puissant, le minot de 19 ans a levé les bras dès son troisième jour de course chez les professionnels, à l’occasion du Trofeo de Palma, ultime manche du Challenge de Majorque. Une victoire acquise au sprint bien sûr, comme l’essentiel de ses (nombreux) résultats obtenus chez les espoirs, à commencer par deux victoires sur le Tour d’Alsace 2021.

Quelles ambitions pour la suite ?


Deuxième d’un Paris-Roubaix dantesque l’an passé, Florian Vermeersch sera l’un des leaders de l’équipe sur les classiques flandriennes. (D.R.)

Grâce à ses leaders historiques et ses jeunes champions en devenir, Lotto-Soudal a donc parfaitement attaqué sa saison 2022. L’objectif maintenant, c’est parvenir à entretenir cette dynamique positive sur le long terme, histoire de se rapprocher à nouveau de la barre des vingt victoires et surtout de se maintenir en World Tour.

En effet, conformément à la réforme UCI entérinée il y a trois ans, l’attribution des licences World Tour entre 2023 et 2025 se basera sur le classement UCI par équipes cumulé de 2020 à 2022 : les 18 premières équipes de ce classement se maintiendront ou accèderont au World Tour, si elles en font la demande bien sûr. Or, au moment d’aborder 2022, Lotto-Soudal pointait au vingtième rang de ce classement, à la lutte dans un mouchoir de poche de 1800 points avec sept autres équipes.

Cette entame de saison tonitruante a donc permis à l’équipe d’engranger de précieux points UCI en vue de son maintien au sein du World Tour en 2023. Ainsi, ce sont d’ores et déjà 286 unités qui sont tombées dans la musette des équipiers de Philippe Gilbert, actuellement quatrième au classement par équipe UCI World Tour 2022.

Pour mener à bien cet objectif jusqu’au bout, Lotto-Soudal peut compter sur un fort contingent de jeunes coureurs prometteurs qui, pour certains d’entre eux, ont déjà performé chez les pros l’année dernière. C’est le cas de Florian Vermeersch, surprenant deuxième de Paris-Roubaix, de Brent Van Moer, vainqueur d’une étape du Dauphiné avant d’échouer de peu sur le Tour de France, ou encore d’Andreas Kron, escaladeur talentueux lauréat d’une étape du Tour de Suisse et du Tour de Catalogne.


Dans le Poggio, derrière Wout Van Aert, Caleb Ewan s’accroche à son rêve de remporter Milan-San Remo. 2022 sera-elle la bonne ? (D.R.)

Avec les capitaines de route Victor Campenaerts et Philippe Gilbert aux côtés de Florian Vermeersch, Lotto-Soudal semble bien armée pour se distinguer sur les classiques flandriennes. Sur les courses par étapes, elle aura tout le loisir de chasser les victoires avec ses baroudeurs de tout âge (Van Moer, Wellens, De Gendt, Sweeny, Vanhoucke) et des grimpeurs à suivre (Van Gils, Kron), à défaut d’avoir, pour l’instant, un coureur capable de jouer les classements généraux. Au sprint, l’arme fatale reste bien sûr Caleb Ewan, même si Arnaud De Lie, qui disputera surtout des classiques flandriennes (il est également à son aise sur les pavés) pourrait tirer son épingle du jeu sur les courses secondaires.

En attendant la saison des classiques pavées, le prochain grand objectif de Lotto-Soudal n’est autre que Milan-San Remo, que Caleb Ewan rêve de remporter. Deuxième de la Primavera en 2018, il a été épatant sur les plus forts pourcentages du Poggio l’an passé, faisant jeu égal avec Julian Alaphilippe, Mathieu Van der Poel et Wout Van Aert, avant d’échouer à nouveau à la deuxième place au sprint. En stage de présaison, Ewan a d’ailleurs énormément travaillé son punch en répétant les efforts court mais violents sur des pentes raides, afin de préparer au mieux Milan-San Remo. Sur les pentes d’Abu Rakah, rampe finale de la deuxième étape du Tour d’Arabie Saoudite, il a démontré, derrière Buitrago et Bagioli, qu’il avait bien progressé sur les terrains escarpés.

Lotto-Soudal a donc les cartes pour réussir une bonne saison après des débuts en fanfare !

Alexis Kopp

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