Le cas Thomas Ramos : symptôme des impasses du rugby français

Remplaçant lors des deux premiers matchs du tournoi des six nations, Thomas Ramos n’a joué que cinq minutes au total, et n’est même pas apparu contre l’Irlande. Comment expliquer que le Toulousain soit laissé sur la touche ?

Thomas Ramos est régulièrement appelé en équipe de France (@Maxppp)

Très bon en club depuis le début de la saison, Thomas Ramos a de nouveau été sélectionné dans le groupe France pour le tournoi des six nations. Si Melvyn Jaminet en 15, et Romain Ntamack en 10, semblent inamovibles, Ramos profitait de l’absence de Matthieu Jalibert pour prendre place sur le banc en compagnie des autres finisseurs. Mais contre l’Italie, le natif de Mazamet ne rentrait qu’à la 75ème minute d’un match déjà plié, avant d’être le seul joueur à ne pas pénétrer sur la pelouse face à l’Irlande.

Choisi pour sa polyvalence

Un choix curieux de la part du staff des Bleus. A première vue, tout du moins, puisque le rugby international est exigeant et que se priver d’un joueur frais peut sembler osé. Ramos n’est pas la première victime de cette stratégie, puisque des joueurs comme Maxime Lucu et Baptiste Serin ont eux aussi déjà du rester sur le banc durant 80 minutes. Il semble donc que l’idée du sélectionneur du XV de France n’est pas de choisir Thomas Ramos pour apporter son rugby en fin de match.

En réalité, le Toulousain séduit par sa polyvalence. Notamment lorsque le banc est composé de six avants et deux trois-quarts. Capable de jouer à l’ouverture ou à l’arrière, Ramos présente la garantie de pouvoir remplacer Romain Ntamack ou Melvyn Jaminet. S’il n’a jamais brillé lors du peu d’apparition qu’il a eu sous le maillot bleu, son expérience en club et sa régularité dans le jeu en font aussi un finisseur plus fiable que des Antoine Hastoy ou Léo Berdeu.

Une situation qui lèse le club

Le XV de France doit être la priorité absolu, car sa santé détermine le degré de crédibilité de notre rugby à l’international. Par exemple, en France, nous déterminons le niveau du rugby anglais bien plus à travers les résultats de son équipe nationale que des Saracens, de Leicester ou de Bristol. Pour autant, les clubs restent les pourvoyeurs du XV de France, et paient les salaires des joueurs, même s’ils reçoivent une compensation pour chaque joueurs sélectionnés.

A ce titre, certains considèrent qu’il n’est pas logique de priver le Stade Toulousain d’un joueur supplémentaire, alors que le club est déjà fortement impacté par les doublons. Un sentiment de gâchis prédomine, notamment chez certains supporters, considérant que Thomas Ramos devrait évoluer en club, si le staff des Bleus n’imagine avoir besoin de lui qu’en cas de blessure d’un titulaire.

Comment se sortir de cette impasse ?

Il est grand temps de réformer le championnat ! Le staff des Bleus et celui des clubs ne sont pas responsables des accrochages provoqués par les doublons. Chacun essaye d’obtenir les meilleurs résultats possibles et les intérêts sont finalement convergents. Fabien Galthié a raison de penser que Thomas Ramos est une excellente solution sur le banc en l’absence de Jalibert. Les Toulousains ont aussi raison de râler lorsque leur joueur ne rentre pas en jeu, alors qu’ils en auraient fortement besoin.

Le rugby français doit donc supprimer ces situations de doublons. Cela pourrait passer par un Top 12 qui libèrerait quatre week-end dans l’année. On pourrait aussi imaginer un Top 16, avec deux poules de 8 et des huitièmes de finale pour libérer de nombreuses dates. Chacun se fera un avis sur les solutions à apporter, mais il est certain que le rugby doit cesser d’être le seul sport collectif professionnel à léser les clubs qui fournissent l’équipe nationale.

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