Les Portraits du Club 115 : Giovanni Van Bronckhorst, une légende discrète du football batave

Entraîneur des Glasgow Rangers qui ont étrillé le Borussia Dortmund ce jeudi (2-4), Giovanni Van Bronckhorst a entamé sa reconversion en 2015, après une glorieuse carrière en club comme en sélection.

Les Rangers ont étrillé Dortmund ce jeudi

Lorsque l’on évoque les grands noms du football néerlandais de la fin des années 90 au début des années 2010, ce n’est pas le nom de Giovanni Van Bronckhorst qui percute en premier notre esprit. Dennis Bergkamp, Clarence Seedorf, Ruud van Nistelrooy ou Jaap Stam sont par exemple tous plus populaires dans l’imaginaire du football batave. Pourtant, devant tout ces immenses joueurs, Giovanni Van Bronckhorst est le cinquième joueur néerlandais le plus capé sous le maillot « oranje », avec 106 sélections. Une carrière exemplaire, qui a duré 17 ans, de 1993 à 2010, entre les plus grandes écuries européennes et le club de sa ville natale : le Feyenoord Rotterdam.

Des débuts en tant que milieu offensif !

Si l’actuel entraîneur des Glasgow Rangers figure au hall of fame des arrières gauches hollandais, c’est dans un rôle bien plus avancé qu’il a d’abord fait ses preuves. « Gio » porte 123 fois le maillot du Feyenoord entre 1993 et 1998 pour y inscrire 24 buts. Il évolue alors aux côtés de Henrik Larsson parti en 1997 aux Celtic pour y devenir une icône du club. Les deux joueurs nouent progressivement une forte amitié sur, puis en dehors des terrains. Si Van Bronckhorst retrouvera le Suédois lors de son passage à Barcelone, c’est bien vers le grand rival des Celtic qu’il prend son envol à l’étranger, en signant aux Rangers.

Van Bronckhorst a remporté la Premier League et la FA Cup avec Arsenal (Arsenal.com)

Toujours sur le front offensif, il réussit son passage en Écosse en marquant à 18 reprises en 66 matchs, le meilleur ratio de sa carrière. Des performances qui lui valent d’être recruté par le grand Arsenal de Wenger, en 2001, époque durant laquelle les Gunners se battent pour le titre en Premier League. Van Bronckhorst a alors la lourde responsabilité de pallier le départ d’Emmanuel Petit. Malheureusement, une blessure au genou droit et la forte concurrence à son poste ne vont pas lui permettre de réussir pleinement en Angleterre.

La mue du latéral gauche à Barcelone

Fraîchement arrivé sur le banc d’un FC Barcelone en reconstruction, Frank Rijkaard recrute Giovanni Van Bronckhorst en 2003, année marquée par la signature de Ronaldinho en Catalogne. Un nouveau tournant dans l’histoire du Barça, mais aussi dans la carrière du natif de Rotterdam, qui débute presque une seconde vie. Membre de la sélection néerlandaise depuis 1996 et déjà passé par des grands clubs, Van Bronckhorst recule dans le schéma de Rijkaard vers le poste d’arrière gauche. Une mue réussie, puisque sous les ordres de son compatriote, « Gio » va disputer 154 matchs et participer activement à la reconquête de la Liga en 2005 et 2006, puis surtout à la victoire finale en Ligue des Champions, contre son ancien club d’Arsenal, en 2006.

Vainqueur de la C1 avec son compatriote Van Bommel (g) et son ami Larsson (d) (The Sun)

Comme pour boucler la boucle, Giovanni Van Bronckhorst retourne dans son club de coeur du Feyenoord en 2007. Durant trois saisons, il termine sa carrière au pays tout en continuant d’évoluer avec l’équipe nationale. Sélectionné pour la Coupe du Monde 2010, il dispute son 106ème et dernier match sous le maillot batave lors de la finale perdue devant l’Espagne (0-1), au cours de laquelle il est remplacé à la 106ème minute, à l’âge de 35 ans. En demi-finale, il inscrit l’un des plus beaux buts de sa carrière pour contribuer à la qualification des Pays-Bas face à l’Uruguay (3-2).

Cérébral, Néerlandais, et donc entraîneur

Comme bon nombre de ses compatriotes (Rijkaard, De Boer, Van Gaal, Van Basten, Cruyff…), Giovanni Von Bronhorst respire, vit et surtout pense football. Polyvalent, technique et très intelligent sur le terrain, il devient entraîneur du Feyenoord en 2015. Troisième pour sa première saison mais vainqueur de la Coupe, il décroche le titre de champion des Pays-Bas l’année suivante, en 2017. Une performance remarquable, qui place le club de Rotterdam sur le toit du pays pour la première fois depuis le titre de 1999. Après quatre ans à la tête de l’équipe, et 109 victoires en 176 matchs, il quitte son poste.

Si son bref passage en Chine, comme coach du Guangzhou City en 2020 est anecdotique (il termine 11ème), il relance sa carrière en s’engageant à la tête des Rangers le 18 novembre dernier, pour prendre la lourde succession de Steven Gerrard, qui a replacé le club sur la carte du football écossais. Après l’énorme performance de ses joueurs à Dortmund, Van Bronckhorst a des chances de s’offrir un beau petit parcours en Europa League. En Scottish Premiership, les Rangers (2e, 62 points) sont à la lutte avec les Celtic (1er, 62 points) pour conserver leur titre de champion d’Écosse. Une fin de saison haletante, qu’il faudra suivre avec grand intérêt, notamment pour le parcours de Giovanni Van Bronckhorst à la tête du deuxième club de sa carrière de joueur.

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