Guerre en Ukraine : Quelles conséquences pour le monde du sport ?

Le conflit ukrainien engagé depuis mercredi dernier risque de perturber les calendriers sportifs et d’obscurcir l’avenir de plusieurs institutions. Un effet ricochet qui se ressentira également dans l’économie sportive, avec l’épineuse question du devenir des sponsors russes. Tour d’horizon des quelques conséquences que cette guerre a déjà eu sur le sport professionnel.


Quel avenir pour les sponsors russes comme Gazprom, très investi dans le monde du sport ? (MaxPPP)

Le calendrier sportif bouleversé


Au-delà des sportifs russes et ukrainiens, c’est globalement l’ensemble du monde sportif qui a condamné l’invasion russe, à commencer par plusieurs instances sportives internationales, qui ont pris plusieurs mesures.

Tandis que les championnats russes et ukrainiens sont logiquement suspendus durant toute la durée du conflit, le Comité Internationale Olympique (CIO) « exhorte aujourd’hui toutes les fédérations sportives internationales à déplacer ou à annuler leurs événements sportifs actuellement prévus en Russie ou en Biélorussie » pour cause de violation de la trêve olympique, qui devait s’achever le 13 mars, soit sept jours après la clôture des Jeux Paralympiques d’Hiver de Pékin.

Plus concrètement, plusieurs évènements sportifs prévus en Russie vont être tout simplement annulés. La finale de la Ligue des Champions, le plus important d’entre eux de part sa renommée, initialement prévue à la Gazprom-Aréna de Saint-Pétersbourg, se déroulera finalement le 28 mai prochain au Stade de France. Une décision que le Kremlin a jugé « dommage » car « Saint-Pétersbourg aurait pu fournir les conditions idéales à la tenue d’un tel festival de football », a expliqué le porte-parole de la présidence russe Dmitri Peskov.

Pas de Grand Prix de Formule 1 en Russie cette année ! La FIA a décidé d’annuler l’épreuve suite à l’invasion russe de l’Ukraine.
(Photo Antonin Vincent / DPPI)

En Formule 1, le Grand Prix de Russie a également été annulé par la FIA, au lendemain de l’annonce du boycott de la course par les pilotes Sébastian Vettel et Max Verstappen, qui avaient également appelé à l’annulation du Grand Prix.

En handball, la Fédération Européenne a annoncé que les rencontres de Coupe d’Europe et d’équipes nationales prévues en Russie se joueront toutes sur terrain neutres

De son côté, la Fédération Internationale de Ski a officialisé l’annulation de toutes les compétitions prévues en Russie jusqu’à la fin de la saison : cinq évènements sont concernés. La FIS avait été un temps au cœur d’une polémique hier pour avoir décidé de maintenir une épreuve de qualification pour les championnats du monde de skicross malgré le boycott de tous les athlètes non-russes. Seuls treize skieurs et skieuses russes avaient donc concourus dans la première manche, avant que les suivantes ne soient finalement annulées.  


Situation ubuesque hier matin lors d’une épreuve de qualification pour le championnat de skicross en Russie : seuls les athlètes russes ont accepté de participer ! Les autres concurrents ont boycotté l’épreuve, en raison de la guerre en Ukraine.

Par ailleurs, dans de multiples sports plusieurs rencontres ont dû être supprimées ou au moins reportées. C’est le cas du match Géorgie-Russie en Rugby comptant pour le Tournoi des 6 Nations B, ou encore des rencontres d’Euroligue en Basket. Les dirigeants des 18 clubs engagés dans la compétition ont décidé de ne plus se rendre en Russie cette saison, alors que les trois matchs face aux clubs russes du CSKA Moscou, de Kazan et de Saint-Pétersbourg ont été reporté.

Ces équipes devront dorénavant affronter leurs adversaires en terrain neutres… si tant est qu’ils le veulent bien ! Car en football, les fédérations suédoises, polonaises et tchèques ont déjà annoncé qu’elles refuseraient de disputer les matchs contre la Russie dans le cadre des éliminatoires de la Coupe du Monde 2022. La Fédération Internationale de Football doit se prononcer prochainement sur cette situation, qui pourrait s’étendre à d’autres disciplines.

L’épineuse question des sponsors


Lors des essais de pré-saison hier, l’écurie Haas a enlevé le sponsor russe de ses monoplaces… une mesure temporaire ? (D.R.)

Enfin, ultime conséquence de ces tragiques évènements, la question du devenir des sponsors russes dans le monde du sport. Outil essentiel du softpower russe, le monde du sport a multiplié ses partenariats avec de richissime oligarques et de grandes firmes russes. Gazprom, le géant de l’énergie russe, est l’un des sponsors les plus en vue de la Ligue des Champions, de plusieurs clubs de foot ainsi que d’une équipe cycliste professionnel. Quel devenir pour ces structures ? Vont-elles prendre le risque de se priver de fonds en rompant avec leur sponsor ?

C’est un risque qu’aurait en tout cas décidé de prendre l’UEFA, la grande instance du football européen, puisqu’elle a entamé des procédures pour mettre un terme au contrat de sponsoring avec Gazprom pour la Ligue des Champions. Ce contrat était en cours depuis 2012. De même, le club allemand de Schalke 04 a également rompu son contrat avec Gazprom, son sponsor titre, qui n’apparait plus sur le maillot des joueurs. A Manchester United, c’est la compagnie russe Aeroflot qui paye le prix de l’invasion russe, évincé du club dont elle était le sponsor depuis 2013.


Image hautement symbolique : la victoire de Mathias Vacek sur la sixième étape du Tour des UAE… sous les couleurs d’une équipe russe, principalement sponsorisée par Gazprom ! (Photo by Tim de Waele/Getty Images)

En Formule 1, l’écurie américaine Haas a retiré le sponsor russe Uralkali de ses voitures lors des essais de présaison. Une affaire qui risque de fragiliser la place du pilote russe Nikita Mazepin, qui doit sa place dans le baquet principalement au sponsoring d’Uralkali, dont le directeur n’est autre que l’homme d’affaire Dmitry Mazepin… son père ! En cas de rupture de contrat, Mazepin, en queue de peloton toute la saison dernière, pourrait bien être contraint de céder sa place.

Enfin, un autre sponsor bien encombrant va disparaitre des matchs de Ligue des champions de Handball : le logo bleu de Nord Stream 2, le fameux gazoduc reliant la Russie à l’Allemagne, détenu par la firme Gazprom et dont la mise en route a été annulé par Berlin.

Preuve s’il le fallait, que le sport est tout sauf apolitique. Plus que jamais avec ce conflit russo-ukrainien, le sport est devenu un vrai terrain pour les affrontements entre puissances de ce monde.

Alexis Kopp


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