Trophées NBA: Le point sur la course au MVP

Le Greek Freak est candidat au titre de MVP (crédits : Sporting News)

Tous les ans, le monde de la NBA est en effervescence autour du débat du meilleur joueur de la saison. Les leaders de la course changent chaque semaine, après chaque match.  La saison régulière et longue et nombreux sont ceux qui malgré un bon départ ne restent pas bien longtemps candidats. Les critères à remplir sont nombreux, les adversaires à battre sont les meilleurs joueurs du monde. Le MVP doit faire gagner son équipe, cela reste l’objectif principal d’un joueur NBA. Les performances individuelles sont au centre de la question mais cela est inutile si le joueur ne peux rendre ses coéquipiers meilleurs. Le nom même du trophée (Most Valuable Player) implique que sans lui, l’équipe perd un élément primordial à son identité. Ne pas se blesser reste finalement un des critères les plus durs à réaliser de par son côté aléatoire. Un MVP ne peut pas avoir uniquement joué la moitié de la saison malgré que cela ne soit pas de son ressort.

Ce trophée fascine et a forgé la légendes du plus grands basketteurs de l’histoire. Cette année, les candidats sont si nombreux qu’il est difficile de tous les intégrer dans le classement. Certains sont déjà tombé au combat comme Kevin Durant, grand favori en début de saison mais écarté suite à sa blessure. Chris Paul aurait également pu prétendre au titre en allant jusqu’au bout de la saison régulière. Les avis sont divisés, les débats enflamment la toile mais à la fin il n’en restera qu’un et le Club 115 s’est essayé à l’exercice.

Mention honorable: Stephen Curry (Golden State Warriors)

Stephen Curry après avoir battu le record mythique de Ray Allen (crédits : Los Angeles Times)

« Baby face » a longtemps été le favori en début de saison. En feu total, il a rappelé à la NBA à quel point cette génération des Warriors était fantastique. Capable de performances démentielles comme ce match face aux Nets et Kevin Durant, son adversaire principal dans la lutte. 37 points, 9/14 à trois points et une salle de Brooklyn rugissant à chaque shoot. Partout où il allait, la salle scandait son nom, à domicile comme à l’extérieur. Premier joueur de la saison à passer la barre des 50 points (face à Atlanta), il paraissait alors invincible, se rapprochant du niveau de 2016 lors de son sacre à l’unanimité. Ses statistiques sur les 15 premières rencontres cochent toutes les cases : 29.5 points, 6.5 passes, 6.1 rebonds à plus de 41% à trois points et 95% au lancers. De plus, les Warriors caracolaient en tête de la NBA sous l’égide du chef. Malheureusement pour Curry, il semblerait qu’un évènement historique soit venu enrayer la machine.

A l’aube de la nouvelle saison, il était clair que Curry allait battre le record de trois points inscrits dans l’histoire de la NBA, jusqu’alors détenu par Ray Allen (2973). Plus il s’est rapproché du record, plus il a semblé forcer ses tirs, perdant en adresse en en efficacité. La sphère NBA tout entière ne parlait plus que de ça. La pression était si grande qu’il n’a pu retenir ses larmes au moment tant attendu face à New-York au Maddison Square Garden. Depuis ce record, il n’a pas su retrouver cette zone fantastique dans laquelle il évoluait sur les premiers matchs. Stephen Curry connaît désormais sa pire saison au shoot (37% de loin, 42% au tir) et ses statistiques ont baissé : 25 .7 points, 6.5 passes et 5.3 rebonds. Il reste néanmoins le meilleur joueur de la deuxième équipe de la ligue, toujours capable de ces instants de magie qui nous font vibrer sur notre canapé à 4h du matin.

5) Nikola Jokic (Denver Nuggets)

le Joker, organisateur du jeu des Nuggets (crédits : Yahoo! Sports)

Le pivot serbe est la définition même du joueur tenu pour acquis. MVP de la saison 2020-2021, il a été contesté dans le monde entier, certainement pas assez « flashy » pour certains observateurs. Sa saison 2021-2022 est du même niveau que la précédente et pourtant personne ne semble le considérer comme un candidat crédible à la course. Le problème ? Nikola Jokic a banalisé l’exceptionnel. Il a beau réaliser une saison à 25.5 points, 13.8 rebonds, 8 passes, 1.4 interceptions le tout à 56% au tir, cela ne choque plus personne. Doté d’une vision de jeu exceptionnel, encore plus à son poste, il est le commanditaire du jeu des Nuggets. Ses passes de l’autre côté du terrain alors qu’il se trouve complètement dos au jeu sont un régal pour tout fan de basket pouvant apprécier la difficulté de ces dernières. Sur une autre planète depuis maintenant deux saisons, Nikola Jokic est le seul à jouer comme il le fait, rendant chacune de ses prestations uniques.

Pourtant, le « Joker » doit porter Denver à bout de bras depuis le début de la saison. Jamal Murray et Michael Porter Junior absents, il s’est retrouvé assez vite en tant que seule star de l’effectif, rôle qu’il a su endosser à la perfection. Tout passe par Nikola Jokic à Denver et cela semble fonctionner. 6ème de l’Ouest, le pivot va certainement qualifier son équipe en play-off sans passer par les play-in en l’absence de ses deux bras droits. Il est la parfaite définition de Most Valuable Player avec le plus gros +/- de la ligue (différentiel de points lorsqu’il est sur le terrain ou sur le banc). Le classement des Nuggets ne permet pas de le classer plus haut mais il reste l’un des tous meilleurs joueurs de la NBA cette saison.

4) Ja Morant (Memphis Grizzlies)

A 22 ans, Morant est déjà un des meilleurs joueurs de la NBA

Une évidence? La place du jeune meneur dans cette liste fait de moins en moins débat tant il nous régale depuis quelques mois maintenant. Ja aurait pu faire partie de la discussion de la meilleure progression de l’année mais nous préférons l’inclure dans celle-ci. Le nommer comme MIP ne serait pas rendre hommage à son incroyable niveau cette saison. 27,6 points, 5,9 rebonds et 6,6 passes par match avec des pourcentages au tir tout à fait bons (49,8% au tir dont 34,4% derrière l’arc), le step-up est là et avec lui, les Grizzlies sont passés dans une autre dimension. Actuellement 3èmes de la Conférence Ouest, ils peuvent même viser plus haut en profitant de la méforme des Warriors.

Des grosses performances depuis la reprise de la NBA après le All-Star break, des highlights à foison et une performance historique pour la franchise du Tennessee avec ses 52 points contre les Spurs, le dossier s’épaissit de jour en jour. Petit bémol contre lui, Memphis a su gagner sans lui lorsque Morant a été absent, le statut de Valuable semble donc moins important à Memphis comparé aux joueurs qui le devancent. Différentes personnalités de la NBA militent déjà pour la candidature de Ja, comme Allen Iverson qui a clairement sa préférence dans la course.

3) Giannis Antetokoumpo (Milwaukee Bucks)

Giannis dans ses oeuvres (crédits : Sports Illustrated)

Il fait parti des joueurs les plus dominants de l’histoire et ne se classe que troisième dans ce classement, preuve du niveau général des candidats. Giannis Antetokoumpo poursuit cette incroyable streak de domination qu’il connaît depuis désormais six saisons sans jamais arrêter de monter en puissance. A l’image d’un Jokic, ses performances ont tendances à être tenues pour acquise mais encore aujourd’hui, il parvient tout de même à choquer. Statistiquement, il évolue sur les standards de sa propre planète avec 29.4 points, 11.3 rebonds, 6 passes à 54.4% au tir. Même si cela paraissait impossible, il semble encre avoir progressé cette saison suite au développement de son shoot à mi-distance lui permettant d’être une menace de n’importe ou sur le terrain. Pointé du doigt pour ses lancers francs la saison dernière, il a également changé sa routine et retrouvé une efficacité correcte sur la ligne (72.2%). Là réside sans doute l’une des plus grandes forces de Giannis : travailler sans relâche pour s’améliorer sans jamais se reposer sur ses forces. La comparaison avec Shaquille O’Neal tombe sous le sens, venant du joueur le plus dominant de l’histoire n’ayant jamais voulu essayer de développer son jeu.

Les Bucks ont rarement été au complet cette saison, ce qui explique leurs résultats en dents de scie. En l’absence de Brook Lopez blessé pour la saison, Giannis a souvent dû évoluer en pivot sans que cela semble le déranger. Son panel est si large qu’il semble pouvoir évoluer à tous les postes tout en faisant gagner son équipe. Légèrement blessé à plusieurs reprises, il a joué 50 matchs sur le 61 de Milwaukee et ne devrait pas en manquer d’autres afin de rester dans la course au MVP. Le Greek freak est en train de poser sa marque sur cette saison à coups de matchs mémorables, comme lors de ses deux rencontres face aux Lakers (45.5 points, 11.5 rebonds, 5.5 passes) où il a eu à cœur de montrer à Anthony Davis qui était le meilleur ailier-fort de la ligue.

2) DeMar DeRozan (Chicago Bulls)

DeRozan a battu les Pacers sur une jambe (crédits : CBS Sports)

Avant le début de la saison, le transfert de DeRozan de San Antonio à Chicago a été élu pire transfert de l’intersaison. Lui-même voulait signer au Los Angeles Lakers pour revenir en Californien, sa terre natale. Aujourd’hui, il est deuxième de la conférence Ouest avec les Bulls et forme l’un des meilleurs duos de la NBA avec Zach Lavine. Peu de gens auraient pu parier sur une telle saison de Deebo et pour cause, il semblait dépérir aux Spurs. Cette saison, DeRozan est redevenu lui-même dans un rôle de pure scoreur. Il représente à merveille un jeu ayant presque disparu en NBA, le mid-range. Lorsque DeMar DeRozan shoot à mi-distance, la ballon rentre et il est impossible de l’arrêter. Il maîtrise l’isolation à la perfection et a peu d’égales pour créer son propre shoot. Au-delà même de ses performances, l’histoire du joueur du joueur est belle et on ne peut que se réjouir de le voir s’épanouir du côté de Chicago.

Statistiquement, il réalise la meilleure saison de sa carrière avec 28.3 points, 5.3 rebonds et 5.1 passes à 51% au tir (pourcentage impressionnant considérant la difficulté de ses derniers). Inarrêtable, il est devenu le deuxième joueur après Larry Bird à inscrire deux buzzer beaters lors de deux matchs consécutifs à Indiana (d’un shoot à trois points complètement dingue sur une jambe) puis Washington. Dans le clutch, il fait preuve d’un sang-froid à toute épreuve pour faire gagner Chicago la grande majorité de ses money-time. DeMar DeRozan est le meilleur joueur d’une équipe deuxième à l’Ouest que personne n’attendait là. Sa candidature au titre de MVP est très sérieuse et l’issue dépendra de sa capacité à marquer les esprits, chose qu’il semble maîtriser à la perfection.

1) Joel Embiid (Philadelphie Sixers)

Joel Embiid, MVP? (crédits: Sixers Wire – USA Today)

Tout au long de sa carrière, on a dit de Joel Embiid qu’il serait un joueur exceptionnel si il parvenait à jouer une saison complète sans blessures. La saison 2021-2022 pourrait bien être la bonne (seulement 12 matchs manqués, on touche du bois) et il se retrouve instantanément dans la course au MVP de l’année. A 27 ans, il entre dans son prime et les prémices sont effrayantes pour le reste de la ligue. Il sait tout faire. Il est capable dunker sur trois adversaires à la fois puis inscrire un trois points à 45° une minute plus tard en ayant rentré un shoot à mi-distance plus la faute entre temps. Meilleur scoreur avec 29.8 points en moyenne, Embiid est le meilleur joueur du monde au poste, jardin dans lequel il se joue de n’importe quel adversaire.  Son footwork et sa vivacité sont impressionnants pour un joueur de son gabarit (2m13 pour 127 kilos), le rendant indéfendable pour n’importe quel pivot classique. Statistiquement, il coche toutes les cases du MVP : 29.8 points, 11.1 rebonds, 4.4 passes, 1.5 contres et 1 interception par match font de lui une machine offensive et défensive sans égale.

Joel Embiid a du porter la franchise des Sixers sur son dos en l’absence de Ben Simmons, finalement tradé pour James Harden. Il est le principal responsable de la belle 3ème place de Philadelphie à l’Est que l’on attendaient peut-être pas aussi haut au vu de la situation. Son duo avec The Beard est plus que prometteur et si ils arrivent à faire monter Philly à la première place de sa conférence, le doute ne sera plus permis concernant le MVP de la saison. En attendant le chemin restant à parcourir est long et semé d’embûches, à voir si la pièce maîtresse du process a ce qu’il faut pour aller au bout.   

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