6 nations : Que penser du niveau de l’Angleterre ?

Troisième du tournoi des six nations, à quatre points du XV de France (1er, 14 points) et un point de l’Irlande (2ème, 11 points), l’Angleterre n’a pas encore dit son dernier mot dans cette édition 2022, mais ne réalise pas de performances marquantes…

Après sept sélections, Marcus Smith est déjà un homme fort du XV de la Rose (AFP/Getty)

Défait en Écosse lors de la première journée (20-17), le XV de la Rose traîne comme un boulet son faux départ à Murrayfield. Rassurée en Italie (0-33), mais peu convaincante devant le Pays de Galles (23-19), l’Angleterre se fait quelque peu oublier, alors que la France et l’Irlande brillent et régalent les passionnés de rugby. Depuis l’apogée de la génération Farrell, atteinte lors de la demi-finale de la Coupe du Monde 2019 et la victoire impressionnante sur les All Blacks (19-7), les Anglais ne parviennent pas à retrouver de leur superbe…

Peu d’imagination, beaucoup de fautes

Si l’Angleterre a remporté le tournoi, puis la Coupe d’automne en 2020, le déclin de la Rose était déjà plus ou moins perceptible au sortir du mondial japonais. Lancée il y a une dizaine d’année, la génération des Ben Youngs, Owen Farrell, Jonny May ou Courtney Lawes peine à reprendre un second souffle. Moins flamboyante, l’Angleterre s’est orientée vers un jeu d’occupation souvent ennuyeux et peu productif sous la houlette d’Eddie Jones, visiblement traumatisé de s’être fait concassé par le pack sud-africain à Tokyo.

Le lancement de la nouvelle génération, que le sélectionneur d’origine australienne n’a débuté qu’à l’automne dernier semble tardif, malgré les bonnes performances d’un joueur comme Marcus Smith. Les Anglais sont indisciplinés (13 pénalités concédées contre le Pays de Galles) et ne parviennent pas à mettre de la continuité dans leur jeu. Le système huilé qui a fait le succès de cette sélection entre 2015 et 2019 semble quelque peu grippé.

Une nation toujours très dangereuse

Mais ne nous voilons pas la face, les Anglais ne sont pas à la ramasse totale. Loin de là, même. Si la presse internationale vante les prestations du XV de France, et critique celles des partenaires de Tom Curry, la réalité n’est pas si dichotomique qu’elle voudrait le faire croire. Dans les faits, nos amis d’outre-Manche n’ont que quatre points de retard sur les Bleus, et sont donc toujours en position de gagner le tournoi.

Certes, les deux gros tests de leur compétition les attendent encore, avec la réception de l’Irlande la semaine prochaine, et le déplacement à Paris sept jours plus tard. Mais en cas de victoire à Twickenham devant le XV du Trèfle, pas évidente, mais pas inimaginable, c’est une équipe expérimentée, solide, et avec le couteau entre les dents qui se présenterait devant le XV de France.

La qualité individuelle est là

Si le collectif peut rencontrer des difficultés, les individualités sont toujours présentes. Privé d’Owen Farrell pour le tournoi, Jones peut compter sur les belles performances de Marcus Smith, homme du match pour ses trois premières sorties. Devant, les Maro Itoje, Tom Curry ou Alex Dombrandt restent de sacrés clients. Avec son jeu d’occupation qui n’a pas porté ses fruits jusqu’à maintenant, l’Angleterre pourrait aussi faire déjouer des nations plus joueuses et qui aiment porter le ballon.

Avec Smith à l’ouverture, et la doublette Slade-Daly au centre, jouer contre eux peut vite devenir frustrant, surtout s’ils continuent de se montrer relativement solides en défense (12 points de moyenne encaissés par match dans ce tournoi). Si la victoire dans le tournoi reste difficile à envisager avec sa longueur de retard et son calendrier, l’Angleterre va cependant tenter de se faire un malin plaisir de priver l’Irlande et la France du trophée, ou a minima, du Grand Chelem. Méfiance, donc, comme toujours face à cette nation, qui reste notre meilleure ennemie !

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