Cyclisme – Le très bon début de saison des équipes françaises

Après plus d’un mois de compétition cycliste, les équipes françaises se sont pour la plupart distinguées par des résultats encourageants. Analysons les performances des principales écuries tricolores.


Arkéa-Samsic est l’équipe française qui a réalisé le meilleur début de saison ! (Getty Images)

Arkéa-Samsic, au sommet du cyclisme mondial

Sans conteste, Arkéa-Samsic est la formation française qui a le bilan le plus reluisant en ce début de saison. Deuxième du classement UCI avec 1777 points (le 1er mars), seulement devancée par UAE Team Emirates, les Bretons surnagent grâce à des performances régulières au plus haut niveau.

L’équipe doit en partie cette réussite à son leader Nairo Quintana, qui a remporté à lui seul quatre des cinq succès acquis en 2022, avec des performances stratosphériques en montagne sur le Tour de la Provence et des Alpes Maritimes. En très grande forme, le Colombien a pu compter sur le soutien d’équipiers solides (Nicolas Edet, Maxime Bouet notamment) et sera à nouveau très attendu sur Paris-Nice et le Tour de Catalogne, les deux prochaines courses à son programme.

En très frande forme depuis le début de la saison, Nairo Quintana a aussi pu compter sur le soutien d’une équipe solide en montagne. (France TV)

Mais au-delà de Quintana, c’est surtout la force collective d’Arkéa-Samsic et sa constance dans les résultats sur tous les terrains qui ont impressionné en ce mois de février. Avec de nombreux coureurs rapides au sprint (Bouhanni, Hofstetter, McLay, Capiot, Noppe…), les protégés d’Emmanuel Hubert ont pu faire le plein de points UCI en additionnant les places d’honneur.

Kuurne-Bruxelles-Kuurne illustre parfaitement cette densité, avec pas moins de trois coureurs rouge et noire dans le top 10. Parmi eux, Hugo Hosftetter, seulement battu sur la ligne par les intouchables Fabio Jakobsen (Quick-Step Alpha Vinyl) et Caleb Ewan (Lotto-Soudal), est clairement l’homme en forme de l’effectif. Encore deuxième du Grand Prix Samyn derrière Mattéo Trentin (UAE Team Emirates) en début de semaine, le sprinter alsacien sera l’un des piliers de l’équipe sur les classiques flandriennes avec le jeune Matis Louvel, le vainqueur du Grand Prix de la Marseillaise Amaury Capiot ou encore Connor Swift, très à l’aise sur les sentiers de la Clásica Jaén Paraiso Interior (5ème au final).

A gauche, Hugo Hofstetter jette le vélo sur la ligne… insuffisant pour coiffer Matteo Trentin, vainqueur du GP Samyn ! (Getty Image)

Surtout, en ce début d’année plusieurs jeunes prometteurs ont fait étalage de toutes leurs qualités. Thibault Guernalec a obtenu des résultats encourageant en contre-la-montre (6ème sur celui du Tour de l’Algarve, 5ème sur les hauteurs de l’Hermitage à l’Etoile de Bessèges), Matis Louvel s’est montré à l’aise sur les pavés du Het Nieuwsblad tandis que Kévin Vauquelin, rouleur de formation, s’est découvert une vocation de grimpeur sur le Tour d’Oman, achevé en sixième position.

Avec des jeunes en forme, des leaders qui assurent et des cadres historiques en train de monter en puissance, comme Warren Barguil et Elie Gesbert, la saison promet d’être belle pour Arkéa-Samsic. En tout cas, elle a commencé très fort.

AG2R-Citroën, toujours placée, jamais gagnante !

Deuxième écurie française au classement UCI, au dixième rang avec 991 points, AG2R-Citroën a multiplié les résultats probants sans jamais parvenir à convertir les places d’honneur en victoire. S’appuyant sur sa force collective, fidèle à son identité, l’équipe savoyarde a réussi à maintenir une belle présence dans les tops 10 depuis le début de la saison.

Dans le final de la Drôme Classic, Benoît Cosnefroy a été très actif aux côtés de Julian Alaphilippe et de Guillaume Martin ! (E.Garnier – L’Equipe)

AG2R-Citroën connait même une belle embellie depuis la fin du mois de février, avec les performances intéressantes de Geoffrey Bouchard (9ème du classement général) et du jeune Paul Lapeira (deuxième d’une étape) sur l’UAE Tour. Surtout, après des débuts très corrects, les principaux leaders de l’équipe commencent à pointer le bout de leur nez et confirment qu’ils sont dans les temps pour la suite. C’est le cas par exemple du grimpeur Ben O’Connor, septième du Tour d’Andalousie, de Clément Champoussin et d’Aurélien Paret-Peintre. Troisième de la Drôme Classic dont il a été l’un des principaux acteurs dans le final, Benoît Cosnefroy va peaufiner sa condition physique jusqu’aux classiques ardennaises, son grand objectif de la saison.

Autre motif de satisfaction, le rétablissement progressif de deux coureurs en difficulté l’an passé, Lilian Calmejane, quatrième sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var, et Bob Jungels, qui a poursuivi sa remise en forme sur l’UAE Tour.

Amis dans la vie, Greg Van Avermaet et Oliver Naesen seront les chefs de file d’AG2R-Citroën sur les classiques flandriennes ! (Belga Photo)

Tous ces leaders doivent maintenant convertir les places d’honneur en victoires. Taillée pour les classiques et les courses d’un jour, AG2R-Citroën va aborder la phase la plus importante de sa saison avec le lancement des flandriennes. L’équipe pourrait y décrocher ses plus beaux résultats. Les spécialistes maison, à commencer par Greg Van Avermaet (3ème de Kuurne-Bruxelles-Kuurne), Oliver Naesen (4ème de Kuurne-Bruxelles-Kuurne) et Stan Dewulf (4ème du Grand Prix Samyn) ont d’ailleurs déjà donné le ton : sur les pavés, ont devrait les voir jouer au pire le top 5, au mieux la gagne.

Mais sans arme fatale capable de porter l’équipe, ni sprinter pour cumuler les victoires, AG2R-Citroën va de toute façon devoir compter sur sa force collective pour se distinguer. Et ainsi transformer ce bon début de saison en une franche réussite.  

Mention bien pour Cofidis !

A l’instar d’AG2R-Citroën, qu’elle suit au classement UCI avec 910 points, l’équipe Cofidis a également réalisé un bon début de saison en jouant très souvent placée. Mais pas seulement, puisque la formation nordiste comptabilise déjà quatre victoires au compteur.

Bryan Coquard se fait violence pour remporter la deuxième étape de l’Etoile de Bessèges, sa première victoire depuis plus d’un an ! (S. Thomas – AFP)

Cofidis a notamment pu compter sur le retour en grâce du sprinter Bryan Coquard, qui a retrouvé le chemin de la gagne en faisant parler ses qualités de puncheur sur la deuxième étape de l’Etoile de Bessèges. Après une saison blanche chez B&B Hôtel-KTM, « Le Coq » semble totalement relancé dans son nouvel environnement, même si ses prestations sur le week-end d’ouverture des classiques flandriennes en Belgique ont laissé à désirer. Il a en tout cas retrouvé les qualités qui lui ont déjà permis de briller sur les classiques, où on devrait le revoir à son avantage.  Sur Milan-San Remo, son prochain grand objectif après Paris-Nice, l’ascension du Poggio devrait être dans ses cordes.

En dehors des prestations remarquables de Coquard, on notera en ce début de saison les belles performances de Benjamin Thomas, magnifique lauréat de l’Etoile de Bessèges. En se concentrant désormais à 100% sur la route, il semble avoir pris la mesure de ses aptitudes sur les courses par étapes d’une semaine. Un type d’épreuve pour lesquels Cofidis est redoutablement bien armée, comme le démontrent ses récents résultats.

Guillaume Martin, ici derrière Nairo Quintana sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var, est l’auteur d’un excellent début de saison ! (Cofidis)

Ainsi, Guillaume Martin, en grande forme, très entreprenant dès ses premiers coups de pédale sur le Grand Prix de la Marseillaise, a fini troisième du Tour des Alpes Maritimes et du Var, cinquième de la Faun Ardèche Classic et deuxième de la Drôme Classic. Impressionnant en montagne, le grimpeur tourne autour de la victoire. Il comptera parmi les outsiders de Paris-Nice et du Tour de Catalogne, où il sera accompagné des escaladeurs espagnols Ruben Fernandez, Ion Izagirre et Jesus Herrada, tous dans le top 10 du Tour de Galice.

Martin devra en revanche se passer de son fidèle lieutenant Rémy Rochas, clavicule fracturée après une violente chute sur la Drôme Classic. Avec ses sprinters et ses grimpeurs, Cofidis a donc la possibilité de passer la vitesse supérieure sur les courses par étapes, après avoir entamé l’année sur les chapeaux de roue. Moins bien outillée pour ce type de course, Cofidis devrait en revanche être davantage en retrait sur les classiques.

TotalEnergies peut mieux faire !

Bilan très correct pour le Team TotalEnergies en ce début de saison. Treizième au classement UCI avec 860 points, l’équipe a répondu présente sur plusieurs fronts mais n’est pas parvenue à trouver l’ouverture sur les plus importantes épreuves du calendrier.

Sur le Tour du Rwanda, Alexandre Geniez et Sandy Dujardin se sont distingués par leurs victoires… et leur fair play ! (Tour du Rwanda)

Les trois succès des hommes de Jean-René Bernaudeau ont tous été acquis loin de l’Europe, sur le Tour du Rwanda, où Alexandre Geniez a levé les bras à deux reprises. Le jeune sprinter Sandy Dujardin y est également allé de son succès, les deux hommes laissant ensuite la dernière étape au Rwandais Moise Mugisha (Team ProTouch), dans un geste de fair-play rarissime à ce niveau.

Mais il n’y a pas que sous de lointaines latitudes que TotalEnergies a soigné ses stats, au contraire. En France, les grimpeurs Pierre Latour et Alexis Vuillermoz se sont distingués par plusieurs tops 10, tout comme Mathieu Burgaudeau, dont la cinquième place à l’Etoile de Bessèges laisse entrevoir de belles promesses pour la suite.

Plus au sud, en Espagne, c’est le grimpeur Cristian Rodriguez qui a fait forte impression en faisant jeu égal en montagne avec Wouter Poels, Miguel Angel Lopez ou encore Simon Yates sur le Tour d’Andalousie, conclut à une inattendue deuxième place.

Pas encore la grande forme pour Peter Sagan, qui sera attendu au tournant sur les classiques ! (TotalEnergies)

En revanche, si les vieux briscards que sont Edvald Boasson Hagen, Maciej Bodnar et Daniel Oss ont rassuré sur leur compétitivité, ce n’est pas le cas de la nouvelle star de l’écurie vendéenne, Peter Sagan. Après de longs mois sans courir, le triple champion du monde semble encore assez loin de son meilleur niveau. Pour sa rentrée sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var, il a subi la course. Pas plus rassurant ce week-end en Belgique, le Slovaque sera attendu au tournant sur Milan-San Remo puis sur les principales classiques flandriennes, aux côtés d’Anthony Turgis.

La Groupama-FDJ en difficulté !

Il a fallu attendre l’entrée en action des principaux leaders de l’équipe, Thibaut Pinot, Michael Storer ou encore David Gaudu, pour que Groupama-FDJ relève la tête. Après un début de saison très timide, la formation de Marc Madiot ne pointe qu’au 20ème rang du classement UCI avec 516 points et seulement une victoire dans la musette.

Au cours du mois de février, le manque de profondeur de l’effectif s’est fait ressentir. Lorsque les leaders ne performent pas ou connaissent des absences, personne ne parvient véritablement à prendre le relais. A plusieurs reprises, Groupama-FDJ a même semblé courir à contre-temps, subissant la course.

Sur le Tour de l’Algarve, David Gaudu est allé décrocher le premier succès de la Groupama-FDJ cette saison, après des débuts poussifs ! (Getty Images)

Aux vues des récentes performances, le plus dur semble être passé. Depuis deux semaines, l’équipe connait en effet plusieurs motifs de satisfaction, relancée par la victoire au forceps de David Gaudu sur la deuxième étape du Tour de l’Algarve. La neuvième place du Breton sur le plus long contre-la-montre de l’année prouve d’ailleurs qu’il est en bonne condition avant d’aborder Paris-Nice et le Tour du Pays-Basque, où il sera l’un des favoris.

En Algarve, Gaudu a pu compter sur l’appui de la valeur sûre Stefan Küng, deuxième du chrono et déjà offensif sur les premières classiques flandriennes ce week-end. Encore en rodage avec son train, Arnaud Démare doit retrouver le chemin de la gagne après être passé au travers sur l’UAE Tour, plus par manque de réussite qu’à cause d’une forme précaire.

Thibaut Pinot a retrouvé le sourire en ce début d’année ! (L’Est-Républicain – Patrice DUTRULLE)

Enfin, l’emblématique Thibaut Pinot a lui aussi retrouvé des couleurs au mois de février après une saison 2021 riche en galères. A l’offensive sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var, le Franc-comtois parvient à nouveau à être acteur en course et à se faire plaisir. A l’image de Pinot, après un début de saison poussif, c’est toute l’équipe Groupama-FDJ qui doit se remobiliser pour retrouver des résultats conformes à ses ambitions. Cela dépendra surtout de la capacité de ses leaders à briller là où ils sont attendus.  


Alexis Kopp

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