Le football à Munich #1 : le TSV 1860, l’ADN munichois dans les veines

Ce week-end, le TSV München 1860 recevait le SC Verl en marge de la 29ème journée de la 3.Liga, la troisième division allemande. L’occasion de prendre le pouls de ce club méconnu en France.

Le Grünwalderstadion, antre du TSV 1860 München (Baptiste Huguet / Le Club 115)

Il est 17h55, vendredi, dans le quartier de Giesing, au sud-est de Munich. A 500 mètres de la Säbenerstraße, centre d’entraînement du mythique Bayern Munich, la foule se presse. Des écharpes, des maillots et des bonnets bleus et blancs déambulent sur des supporters joyeux, souvent une bouteille de bière à la main. Ces fans rejoignent le Stätdisches Stadion an der Grünwalderstraße, enceinte champêtre construite en 1911 . Ils supportent tous sechzig (soixante), le deuxième club le plus populaire de la capitale bavaroise.

Connu sous le nom de Munich 1860 en France, le club a remporté une Bundesliga en 1966. Loin du palmarès de son voisin, le FC Bayern, il a quitté l’élite du football allemand en 2004. Stabilisé en 3.Liga, après un passage au niveau régional, il aimerait retrouver la deuxième division, plus conforme à son standing. Septième du classement, 1860 a une bonne occasion de prendre trois points face au modeste SC Verl, pour se rapprocher des premières places.

Un club populaire, malgré l’ombre du Bayern

A une heure du coup d’envoi, les supporters sont déjà présents autour du stade. Dans l’après-midi, Markus Söder, ministre-président du Land de Bavière, a annoncé un nouveau relâchement des mesures sanitaires. Désormais, le Grünwalderstadion peut remplir 75% de sa capacité d’accueil. Toutes les personnes vaccinées – ou guéries – du SARS-CoV2 reçoivent un petit bracelet comme précieux sésame pour entrer en tribunes.

Si le football est un sport populaire, même dans une ville bourgeoise comme Munich, il faut compter en moyenne 25 euros pour obtenir un billet. Une somme, tout de même, pour un club qui ne lutte plus avec les meilleures écuries d’Allemagne depuis longtemps. Pourtant, 8000 personne commencent à se masser en tribunes. Dans le virage ouest, les ultras se tiennent prêts. Au sud, la tribune présidentielle est clairsemée, mais la « Stehhalle », au nord, se remplit vite.

Des personnes de tous âges et de toutes générations reprennent en coeur l’hymne du club avant le début de la rencontre. Un Leberkässemmel à la main, Hannes prend place juste à temps avec ses deux filles jumelles de 7 ans. « Elles aiment venir au stade », prévient-il. « Ça nous fait une sortie. Pour elles, c’est tout nouveau, car avant la pandémie elles n’avaient jamais été voir sechzig ».

Une belle ambiance pour porter Sechzig à la victoire

Certes, le stade est vétuste, loin de la splendeur de l’Allianz Arena, écrin de 75 000 places au nord de Munich. Mais les chants résonnent forts. D’entrée de jeu, 1860 est poussé par ses supporters. Les tribunes se répondent, la pression monte sur la pelouse, et Verl finit par craquer à deux reprises en première période. Quand l’ambiance redescend, un supporter prend toujours la responsabilité de lancer un chant. Einmal Löwen ? (un jour lions ?), s’écrie l’un, Immer Löwen ! (toujours lions !) répondent les autres.

Les Lions, c’est le surnom des joueurs de sechzig, dont l’emblème représente le roi des animaux. La deuxième période est plus calme sur le terrain. Mais dans les gradins, la fête se poursuit jusqu’au coup de sifflet final. Ici, peu importe le niveau de son équipe. De la Bundesliga, à la division régionale, les fans seront toujours présents pour le TSV 1860.

Pas question de parler du Bayern Munich. Le voisin arrogant pour certains, le rival jalousé pour d’autres, à qui tout réussi, mais qui serait moins authentique que 1860. Alors, l’heure est venue de quitter le stade. Sechzig l’a emporté (2-0) et peut donc continuer à rêver d’accession pour, peut-être, placer un deuxième club munichois dans les deux premières divisions du football allemand.

Les fans de 1860 ont donné de la voix (Baptiste Huguet / Le Club 115)

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