Cyclisme – Le début de saison compliqué de Peter Sagan

Recrue phare de l’équipe TotalEnergies à l’intersaison, le triple champion du monde Peter Sagan connait des débuts compliqués au sein de sa nouvelle formation. Malade, il a dû abandonner Tirreno-Adriatico hier matin. Un nouveau coup d’arrêt qui peut remettre en cause sa capacité à briller sur les classiques cette saison.


Début de saison compliqué pour Peter Sagan, malade à plusieurs reprises. (ZOOM – James Startt)

Star interplanétaire, sprinter passe partout aux 118 victoires professionnelles, homme de classiques déjà vainqueur du Tour des Flandres et de Paris-Roubaix, le fantasque Peter Sagan ne manque pas de qualités pour briller sous ses nouvelles couleurs. Mais sa rentrée avec l’équipe TotalEnergies est pour le moment décevante. La faute à une préparation perturbée par de nombreux désagréments.

En janvier, pour la deuxième fois atteint par le covid, il ne peut s’entrainer correctement pendant deux semaines avant de rencontrer des difficultés à se rétablir complètement. « J’ai été malade pendant plusieurs jours et je me sentais fatigué quand je montais sur le vélo pendant dix ou douze jours », explique Sagan aux journalistes de DirectVelo.

Bien placé dans les premières difficulté de l’Omloop Het Nieuwsblad, Sagan a ensuite été éliminé sur chute puis sur une crevaison. Malade, il sera également distancé le lendemain sur Kuurne-Bruxelles-Kuurne. (Photo by Bas Czerwinski/Getty Images)

C’est donc un Sagan hors de forme qui s’est aligné sur le Tour des Alpes Maritimes et du Vars mi-février. Une épreuve où il ne s’est guère montré à son avantage, rapidement distancé. Il a ensuite enchainé avec le week-end d’ouverture des classiques pavés en Belgique. Là non plus, la réussite ne fut pas au rendez-vous : 98ème de l’Omloop Het Nieuwsblad puis 117ème de Kuurne-Bruxelles-Kuurne, des résultats bien éloignés de son standing. Très malchanceux sur le Het Nieuwsblad, Sagan a de nouveau disparu précocement des radars le lendemain. Et pour cause, son équipe a confirmé qu’il a disputé les deux épreuves affaibli par un début de rhino-pharyngite, qui s’est aggravée ensuite une bronchite.

Gêné par tous ces problèmes de santé dans sa préparation, l’intéressé est conscient qu’il lui reste beaucoup de travail à accomplir pour retrouver son meilleur niveau en compétition : « Milan-San Remo et les Classiques en Belgique sont de gros objectifs pour tous les coureurs qui font les Classiques, donc se sont aussi mes objectifs, déclare-t-il à CyclingNews. Il n’y a pas grand-chose à dire, je dois juste continuer à courir, à souffrir et espérer que ma forme revienne le plus vite possible ».

Sagan, ici avec Anthony Turgis sur le Tour des Alpes Maritimes et du Var, a débarqué en toute humilité chez TotalEnergies, où il s’est déjà bien intégré. (TotalEnergies)

C’est justement pour retrouver du rythme, de la confiance et des sensations que Sagan devait enchainer les jours de courses en s’alignant sur Tirreno-Adriatico cette semaine. « Peter se ré-entraîne normalement, signale son directeur sportif Lylian Lebreton dans les colonnes de Ouest-France. Il ne sera pas à 100 % sur Tirreno, mais l’objectif c’est qu’il s’en approche en fin de semaine. »

Une épreuve qui lui a bien réussi par le passé, puisqu’il a déjà remporté sept étapes sur le ‘’course des deux mers’’ entre 2012 et 2017. Quatrième de la première étape remportée au sprint par Tim Merlier (Alpecin-Fénix), le Slovaque semblait retrouver des couleurs mardi. Parfaitement placé dans l’emballage final, il a démontré qu’il savait toujours aussi bien frotter, avant de se faire déborder dans les cinquante derniers mètres par des adversaires plus véloces.

Une performance encourageante qui restera malheureusement sans lendemain. A nouveau malade dans la nuit de mardi à mercredi, Sagan n’a pas pris le départ de la troisième étape, hier. « Avant le départ, il a eu des problèmes à l’estomac et en accord avec le médecin de l’équipe il a été décidé de préserver Peter, étant donné que la semaine dernière il n’a pas été bien », a expliqué le porte-parole du coureur à la chaîne Rai Sport.

Dans la roue de Tim Merlier, Peter Sagan a obtenu son meilleur résultat de la saison sur la deuxième étape de Tirreno-Adriatico... avant de tomber malade encore une fois ! (FABIO FERRARI/AP/SIPA / SIPA)

Un énième coup dur qui vient clairement hypothéquer les chances de Sagan de briller sur Milan-San Remo, le premier grand objectif de sa saison, disputé le 19 mars prochain. Deuxième de la Primavera en 2017 puis quatrième en 2020, il est aujourd’hui difficile de l’imaginer jouer la gagne sur la Via Roma cette année, tant sa préparation physique a été perturbée ces dernières semaines. Surtout, il manque de rythme et de repère face à une concurrence particulièrement dense avec des sprinters déjà en grande forme, comme Caleb Ewan et Jasper Philipsen, et un Wout van Aert étincelant depuis le début de saison. 

Prévu ensuite sur le Grand Prix E3, Gand-Wevelgem, le Tour des Flandres et Paris-Roubaix, Sagan parviendra-t-il seulement à jouer un grand rôle sur les classiques cette saison ? A 32 ans, après deux années difficiles, rien n’est moins sûr. Mais chez TotalEnergies, pas question de s’alarmer : « tout peut aller très vite car Peter est un coureur hors norme », expliquait Lylian Lebreton avant Tirreno-Adriatico.  

Hors norme, Peter Sagan l’est assurément. Sa venue au sein de TotalEnergies a d’ailleurs changé la dimension de l’équipe française, auteure d’un bon début de saison, boostée par l’arrivée du triple champion du monde et celle de son partenaire Specialized. D’un point de vue marketing et commercial, le pari Sagan est donc déjà réussi pour Jean-René Bernaudeau. Il faudrait maintenant que ça soit également le cas sur la route.


Alexis Kopp

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :