Elimination du PSG : Un jour sans fin en Coupe d’Europe.

Encore un lendemain de soirée européenne qui ressemble plus à une gueule de bois pour les supporters du PSG. Un nouveau fiasco sur et en dehors du terrain qui pose une question : Pourquoi le PSG n’arrive pas à apprendre de ses erreurs?

Le contraste entre Madrid et Paris hier soir (LP/Fred Dugit)

Trop confiants, trop vite.

C’est un mal qui ronge le club de la capitale depuis plusieurs années maintenant. Lors des nombreuses désillusions européennes ces dernières années, un des points communs a été la confiance à la limite de l’arrogance des supporters, des dirigeants et même de certains joueurs avant les matchs décisifs. Une rencontre à élimination directe ne se joue pas sur un seul match, et depuis 2017 le PSG en fait l’amère expérience.

Neymar, symbole d’un PSG qui perd en Europe (Javier Soriano / AFP)

Tout comme contre Barcelone en 2017 (malgré les erreurs d’arbitrage), Manchester United en 2019, Manchester City en 2021, le PSG ne fait le travail qu’a moitié et aborde les matchs retour avec bien trop de relâchement. Hier soir, le travail était à moitié fait au coup d’envoi à la faveur de leur succès convaincant au match aller. Seulement, la méforme en championnat couplé à un jeu pas forcément convaincant auraient du tout de même permettre au PSG d’être prudent. L’ouverture du score de Mbappé lançait parfaitement le PSG, mais après ce but, les joueurs ont commencé à baisser le pied, à mettre moins d’intensité dans le jeu. Une attitude qui trahit une trop grosse confiance en eux, comme si le match était déjà dans la poche. Une baisse de régime qui leur à fait perdre le match, et la qualification.

Se tirer une balle dans le pied, spécialité parisienne.

C’est aussi une chose qui caractérise les éliminations du PSG en Ligue des Champions, la capacité à se saborder. Et hier soir, c’était du grand Mendes. Sur les trois buts encaissés hier soir, on peut sans difficulté dire qu’ils sont directement liés aux errances et aux erreurs du groupe parisien. Sur le premier but qui représente le tournant du match, l’attitude de Gianluigi Donarumma est coupable. Au-delà d’une possible faute évoquée par le clan parisien, le gardien italien a bien trop tardé pour dégager le ballon, et a ouvert la porte au pressing de Benzema qui provoque la perte de balle. Sur cette question Julio César a donné son avis :

Donnarumma s’est retourné avec le ballon vers son but, c’est quelque chose qu’on apprend à ne pas faire dès les catégories jeunes. Quand tu reçois le ballon en retrait, tu dois toujours l’emmener loin du but. Il a risqué le CSC. »

Julio César après Real Madrid – PSG

Faute ou pas (ici nous pensons que le niveau s’élève, c’est la Champions League et Benzema joue le ballon), à ce moment-là du match Paris est encore qualifié, et possède même un but d’avance. Seulement à partir de l’égalisation, les joueurs du PSG semblent se liquéfier, le milieu de terrain n’a plus aucun impact sur le jeu, les espaces s’ouvrent el le Real Madrid prend confiance. Dans une énième action ratée, Neymar perd le ballon à la suite d’une passe directe à Luka Modric, le Croate de 36 ans perce aisément tout le milieu du PSG sur 40 mètres avant de lancer Vinicius, et qui provoque le second but. Pas de doute sur l’arbitrage, une erreur de Neymar, une apathie générale et un mauvais alignement d’Hakimi qui permet à Benzema de ne pas être signalé hors-jeu.

Hakimi, placement coupable pour l’ancien… madrilène. (Images : RMC Sport)

Et enfin cerise sur le gâteau de la honte, le troisième but survient seulement 11 secondes après le deuxième. Comment des joueurs de ce niveau ont-ils pu rendre si facilement le ballon lors d’un moment aussi important ? Le ballon brule les pieds des parisiens, et même après ce troisième but, le PSG n’a montré aucune révolte, aucune volonté de renverser le cours du match. Une nouvelle faille mentale, comme trop souvent ces dernières années.

Des baby-sitters plus que des dirigeants

Depuis maintenant des années, la direction sportive du PSG pose question. Une organisation qui ressemble à un véritable cirque, un nid d’espion dans lequel tout le monde veut sa part du pouvoir. Romain Molina avait d’ailleurs pointé du doigt dans une vidéo il y a de ça quelques semaines.

Le duo doit-il encore continuer au PSG?

La façon de dorloter les joueurs, de leur accorder des passes droits à n’importe quelle occasion et en sapant l’autorité de l’entraineur, ce n’est pas un environnement sain pour que les joueurs puissent tirer le meilleur d’eux-mêmes. Et encore une fois hier, les dirigeants du PSG se sont donnés en spectacle en allant dès le coup de sifflet final en direction du vestiaires des arbitres. Une excuse d’ailleurs donné par Pochettino et par Leonardo pour expliquer l’élimination, un comportement de victime, une fois de plus. Toujours chercher un moyen de mettre la faute sur quelqu’un d’autre au lieu de mettre les joueurs et l’entraineur face à leur responsabilité, une stratégie qui vaut pour toutes les fois où le PSG subit une défaite. A trop cajoler ses stars, le PSG en a fait des enfants gâtés et les résultats s’en ressentent.

Quel projet sportif?

Avec des investissements pharaoniques depuis 2011, le PSG mettait les moyens de son coté pour arriver à ses fins : la victoire en Ligue des Champions. Et si les premières années du projet montraient une progression certaines, depuis plusieurs saisons le club de la capitale est en régression, saison après saison. Une régression sportive, due à une politique de recrutement qui tend plus du bling bling que de la logique sportive. Des recrutements qui ne résous pas les problèmes de l’équipe, et un directeur sportif qui saute sur les occasions de vendre des maillots plus que pour améliorer l’effectif. Pour preuve encore l’été dernier, le fameux « recrutement du siècle » avec Donnarumma, Sergio Ramos, Hakimi, Messi et Wijnaldum. Que des joueurs qui déçoivent terriblement cette saison avec en point d’orgue le défenseur espagnol qui n’aura pas joué une minute en Ligue des Champions.

Tant de paillettes pour pas grand chose sur le terrain (Bertrand Guay / AFP)

Dans cette équipe du PSG, peu de secteur de jeu sont vraiment porteurs de certitude. Un poste de gardien qui génère une rivalité pas très saine, une défense qui montre des signes de faiblesses semaine après semaines, un milieu de terrain terriblement dépendant de Verratti et une attaque qui repose entièrement sur les épaules de Mbappé, le chantier parait immense pour la saison prochaine. Avec en plus de cela beaucoup de joueurs indésirables mais dans le confort financier que Leonardo a beaucoup de mal à se débarrasser, le projet sportif reste très flou.

Cette déclaration de Léonardo a bien mal vieilli…

L’instabilité sur le banc de touche explique aussi pourquoi ce projet sportif est aussi peu clair. Depuis l’arrivée de QSI en 2011, aucun entraineur ne s’est inscrit dans la durée avec le PSG, chaque coach prenant la porte après chaque désillusion. Les entraineurs passent, les déceptions restent, peut-être que le souci ne vient pas de là?

Autant de raisons qui expliquent l’incapacité du PSG a progresser au plus haut niveau sur la scène européenne, faut-il appuyer sur le bouton rouge pour faire table rase du passé?

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