La règle des bonus en Top 14 : un non-sens sportif

Cette saison encore, des équipes valeureuses n’obtiennent pas le bonus défensif après s’être inclinées de six ou sept points. Une injustice propre au Top 14 qu’il faudrait gommer. 

Waisea et le Stade Français avaient privé le Stade Toulousain du bonus défensif sur la sirène

En 2007, la LNR choisissait de supprimer le bonus offensif à quatre essais, pour le remplacer par l’impératif d’inscrire trois essais de plus que l’adversaire. En 2014, elle décidait de ne plus octroyer le bonus défensif au dessus de cinq points de retard. Si ces changements ont été grandement critiqués, la Ligue se refuse à faire marche arrière en revenant au système initial, qui régit pourtant toutes les autres compétitions. En quoi cette règle est un non-sens sportif ? Retour sur les injustices provoquées chaque année. 

Un bonus offensif à l’arrière goût défensif

Comme son nom l’indique, le bonus offensif doit récompenser l’attaque et la capacité de l’équipe à marquer de nombreux essais. Or, la règle actuelle ne récompense pas uniquement la capacité d’une équipe à bien attaquer mais aussi celle à bien défendre. Pour obtenir le bonus offensif, une équipe doit marquer trois essais de plus que l’autre. Cela induit que pour maintenir cet écart, il ne faut pas encaisser d’essais supplémentaires pour garder trois essais d’avance sur l’adversaire. Le côté offensif est toujours important mais est grandement diminué par cet aspect défensif. 

Une telle règle montre aussi que deux équipes peuvent régaler les spectateurs avec un festival offensif et ne pas se voir récompensées au classement pour leur belle performance en attaque. À titre d’exemple, le match entre le Racing 92 et le Castres Olympique de la 19ème journée, qui s’est soldé par un 45-25 avec cinq essais à quatre, n’a distribué que quatre points terrain. Ce match a pourtant compté 70 points et neuf essais mais les deux équipes n’ont pas été récompensées pour cela. 

S’il faut mettre au crédit de cette règle, le fait qu’une équipe ne soit plus tentée de se relâcher après avoir inscrit quatre essais, une telle situation n’était pas si courante. Le bonus à quatre essais permettait donc de récompenser l’attaque et uniquement l’attaque comme son nom l’indique.

Un bonus défensif injuste

Si le changement de la règle du bonus offensif peut se justifier, celle du bonus défensif est un non-sens complet. Dans notre sport, un essai transformé rapporte sept points à l’équipe qui l’inscrit. Dans certaines situations, des équipes qui sont au coude à coude tout le match peuvent se départager sur un essai de dernière minute. L’équipe perdante peut ainsi s’incliner de six ou sept points, et ne pas ramener de bonus défensif après une partie très équilibrée. 

L’exemple s’est produit la semaine dernière, lors de la rencontre entre le Stade Français et le Stade Toulousain. À 16-16 les Hauts-Garonnais étaient bien placés pour ramener deux points de la capitale, mais un essai en fin de match a privé les protégés d’Ugo Mola du moindre point. Toulouse n’est bien sûr pas la seule victime de cette règle, et on pense fort à certains promus qui se battent vaillamment pour perdre des bonus à un cheveu. 

En d’autres termes, il serait grand temps que le Top 14 se replace sur le même créneau que toutes les autres compétitions du monde. L’originalité, c’est bien. La logique et la cohérence, c’est mieux.

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