Bilan des 1/8èmes : quand le collectif triomphe de la starification

Au terme des huitièmes de finale de la Ligue des Champions, un constat implacable peut être posé : seuls les gros collectifs se sont qualifiés, tandis que les stars des réseaux sociaux sont rentrées à la maison.

Villarreal continue de surprendre l’Europe ! (en.as.com)

Le bilan : les huit qualifiés ont un dénominateur commun

Que leurs budgets soient immenses (City), très importants (Real, Chelsea, Bayern Liverpool, Atlético), ou plus modestes (Villarreal, Benfica), chacun des qualifiés pour les quarts de finale ont un point en commun : celui de miser sur un collectif fort, plutôt que sur une somme d’individualités. Ces équipes ont des styles de jeu divers et parfois antagonistes. Un gouffre sépare, par exemple, Manchester City de l’Atlético Madrid. Mais la force de ces écuries réside dans la même recette : la capacité à triompher à 11 et à ne pas dépendre d’un ou deux joueurs.

A l’opposé, Paris, Manchester United et la Juve ont une fois de plus payé leurs politique sportive au prix fort. Les deux premiers, qui furent pourtant les deux clubs les plus dépensiers du mercato estival, sont piteusement passés à la trappe. Incapables de trouver des solutions grâce au collectif, ils ont sombré avant l’arrivée du printemps, comme ce fut aussi le cas de la Juventus. La formation italienne continue de pâtir du recrutement de Cristiano en 2018, alors qu’était venu le moment de renouveler un effectif glorieux, mais vieillissant.

Les stars au tapis

Messi, Ronaldo, Haaland, Neymar, Mbappé… Aucun de ces joueurs starifiés par le grand public, les médias ou les réseaux sociaux ne seront présents au prochain tour. Sans remettre en cause leur talent, puisqu’ils ne sont pas tous responsables de l’échec de leur club, un constat doit naître de ces éliminations, qui ne sont pas le fruit du hasard. Miser sur une équipe cohérente rapporte plus que de placer ses pions sur un seul joueur, ou sur des égos qui ne peuvent évoluer ensemble.

Dans une compétition qui se joue sur des détails, une intensité folle, et une précision technique poussée à son paroxysme, la loi du football opère une sorte de sélection naturelle. Ici, même un grand joueur n’est rien sans ses partenaires, un entraîneur talentueux, et un projet pensé avec cohérence. Bien sûr, des accidents peuvent arriver. Mais si l’on observe le palmarès récent de la compétition, seuls les noms d’équipes régulières et stables sont gravés.

La revanche des « sous-côtés » de la FIFA

Battus par Lionel Messi lors du dernier Ballon d’Or, les Lewandowski, Benzema, Kanté, Salah ou de Bruyne sont qualifiés. Plus en retrait des projecteurs qu’un joueur comme Neymar, ils continuent de répondre aux attentes, saisons après saisons. Jamais blessés, très rarement décevants, ils ne sont pourtant pas les joueurs qui amassent les distinctions individuelles.

L’état d’esprit et la rage de vaincre ne sont bien sûr pas séparables du pouvoir financier, qui permet de bâtir une belle équipe. Mais comme l’a prouvé un club comme le Benfica, survivant malgré des confrontations contre le Barça, le Bayern et l’Ajax, tout est possible lorsqu’on laisse sa vie sur le terrain. Finalement, malgré son argent roi et son « Instagramisation », le football moderne garde encore les vertus de l’ancien monde. Et ce n’est pas plus mal comme cela…

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