Le système de SuperTeam est-il encore viable en NBA?

Cette saison et depuis quelques saisons maintenant, le phénomène d’association de Superstars se multiplie dans la grande ligue. Cependant, si l’idée est alléchante, les résultats ne suivent pas forcément et la viabilité de ces projets pose question.

Un trio qui n’a pas fait trembler la Ligue, au contraire (Getty Images)

Une SuperTeam, c’est quoi?

Le concept de Superteam n’est pas né avec la création de ce sport, c’est un phénomène bien plus récent. Retour en 2007. Au sortir de l’une des pires saisons de l’histoire des Boston Celtics, le management décidait de craquer et d’envoyer pas moins de 5 joueurs (Ryan Gomes, Gerald Green, Al Jefferson, Theo Ratliff, Sebastian Telfair) et deux tours de drafts à Minnesota pour s’attacher les services de Kévin Garnett, alors dans une situation très délicate aux Timberwolves. Juste avant, lors de la draft 2007 Boston avait déjà frappé un grand coup en accueillant Ray Allen, multiple all-star et shooteur d’élite dans le Massachusetts en échange de Delonte West, Wally Szczerbiak et Jeff Green. Garnett rejoint donc Allen et Paul Pierce, nous sommes le 31 juillet 2007 et la première Superteam est née.

Le premier Big 3 de l’histoire, le déclencheur d’un phénomène récurrent maintenant. (Getty Images)

On l’aura donc compris, une Superteam est un assemblement de superstars au sein d’une même équipe par le biais de trades ou de la free-agency. Une sorte d’Avengers version NBA, quoi. Attention tout de même à ne pas confondre avec certains exemples. Les Warriors de 2016 qui comptaient 3 All-stars dans leur rang ne sont pas considéré comme tel, puisque Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green sont tous issus de la Draft. 3 superstars certes, mais pas une superteam.

Depuis cet été 2007, ce phénomène s’est répété dans la grande ligue après le succès de ces Celtics et leur titre de 2008, les joueurs voyant qu’en se rassemblant, les chances de gagner se multipliaient (bien joué les génies). Les Heatles de Wade, LeBron et Bosh après The Decision en 2010, Kévin Durant et DeMarcus Cousins qui rejoignent les Warriors sont les deux gros exemples de regroupement de stars au sein d’une même franchise. Mais depuis quelques années ces réunions sont devenues monnaie courante en NBA, avec cette saison la création des Nets de Irving / Harden / Durant, et des Lakers de LeBron / Westbrook / AD.

Un trio injouable sur le papier, incompatible sur le terrain?

Deux équipes qui ont sacrifié l’équilibre de leur groupe pour pouvoir faire cohabiter trois énormes stars, avec trois énormes salaires, pour des résultats décevants. Alors que les franchises se basaient auparavant sur un duo de superstars, la norme actuelle pour ces équipes est de faire confiance à 3 hommes très forts et de compléter le roster avec des minimums vétérans. Les Nets sont devenus les rois du marché des buyouts, les Lakers ont recrutés 12 joueurs avec des contrats minimums (on exagère à peine), les GM se sont tout à coup transformés en McGyver. Avec cette multiplication de Superteams, le nombre de joueurs qualifiés de ring-chaser a lui aussi connu une belle augmentation. Certains joueurs encore bons et loin de la retraite sont prêts à toucher le SMIC pour pouvoir toucher de près à une Finale NBA. On est donc loin d’un fonctionnement sain et normal au sein de cette ligue.

Un système qui a fonctionné avec les Celtics, les Heatles ont connu le succès après la première finale perdues face aux Mavs de Dirk Nowitzki, les Warriors ont roulé sur la NBA avec KD dans leur rang, mais cependant les résultats des Nets et des Lakers montrent que ce système n’assure pas obligatoirement la victoire finale.

Les limites du Player Empowerment?

Autre terme beaucoup employé ces dernières saisons, le Player Empowerment désigne comme auront compris les plus anglophones d’entre nous, le pouvoir toujours plus grandissant donné aux grands joueurs. Alors qu’en NBA les joueurs n’avaient pas la main sur leur destin concernant leur contrat, ces dernières années les superstars ont pris de plus en plus de place dans les décisions de leur management. Le forcing de James Harden pour rejoindre les Nets a mis les Rockets dos au mur, comment pouvaient ils payer au prix fort un joueur qui ne s’entraine pas, qui passe plus de temps au strip-club qu’au centre d’entrainement? Même chose avec Ben Simmons récemment, ou avec l’influence d’un homme comme LeBron James pour attirer Russell Westbrook chez les Lakers.

De saisons en saison, LeBron s’est transformé en LeGM dans la tête des gens.

Bien évidemment le plaisir des joueurs est important dans un roster, mais les joueurs doivent rester dans leur rôle, qui est totalement différent de celui d’un General Manager qui doit construire un roster équilibré, et cohérent. Et on l’a vu surtout avec l’exemple des Lakers, parfois les envies des joueurs ne sont pas compatibles avec le bon fonctionnement d’un groupe en NBA. James a voulu jouer avec Westbrook, mais le meneur ne semble pas compatible avec le duo LeBron / AD. Le front office était chaud sur Demar DeRozan, un choix qui semble plus logique tant celui qui fait le bonheur de Chicago a moins besoin du ballon pour exister, et aurait pu apporter un peu de shooting dans cette équipe des Lakers.

Une prise de pouvoir de plus en plus importante de la part des joueurs qui ne fonctionne pas forcément bien, et la saison actuelle illustre bien les limites actuelles de ces superteams et du player empowerment.

Saison 2021-2022 : Gloire au collectif !

Comme l’indique le titre, la saison que nous sommes en train de suivre fait la part belle aux collectifs construit patiemment et intelligemment. Le trio des Lakers a du mal à se mettre en route, celui des Nets a explosé avant même que les trois joueurs ne jouent 30 matchs ensemble sur le parquet, ces deux exemples ne sont pas des réussites.

Et au contraire, les équipes qui marchent cette saison sont des collectifs qui ont été pensés sur plusieurs années, qui n’ont proposé que des petites retouches lors de la free agency ou lors de la période des trades, sans exagérer. Prenons l’exemple des Suns, qui continuent de dominer la Ligue après leur saison dernière déjà réussie en n’ayant quasiment pas touché à leur rotation. De la même façon, les Grizzlies et les Warriors jouent les premiers rôles de l’Ouest en se basant sur une ou deux stars entourées de bons joueurs qui font partie de la franchise depuis plusieurs saisons, et si on passe à l’Est, le Heat a accueilli le joueur qu’il leur manquait en la personne de Kyle Lowry, les Bucks n’ont quasi pas bougé, et les Bulls et les Cavs surprennent grâce à leur collectif.

Les Suns, passés des profondeurs de la ligue aux Finales grâce au collectif (Presse Sport)

Un joli pied de nez donc à cette tendance des Superteams, si avoir une ou deux stars est toujours essentiel pour gagner et faire la différence dans les moments importants, les autres membres de la rotation sont tout aussi importants et les résultats sportifs nous le montrent. Malheureusement pour certains Management la réalité du terrain est bien différente des noms qu’on voit sur le papier. La continuité reste le meilleur moyen de progresser et d’obtenir de meilleurs résultats d’une année sur l’autre.

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