L’Italie manquera encore une Coupe du Monde: Veni, Vidi, Vinti.

Hier soir l’Italie jouait son avenir en Coupe du Monde lors des demi-finales des barrages. Et avant une possible finale contre le Portugal anticipée par tous les fans de football, c’est la Macédoine du Nord qui se dressait devant la Squadra. Retour sur une élimination historique, et inquiétante.

A l’image de l’Italie, Immobile a été très décevant hier soir.

Un jour historique, dans le mauvais sens.

Difficile de suivre cette Squadra Azzura ces dernières années. Après de nombreuses désillusions, un renouvellement de génération raté après les années 2000, l’Italie semblait être sur la voie du renouveau après leur excellent Euro l’été dernier. Tout comme beaucoup de sélections nationales, une grosse désillusion a été suivie d’un futur bien plus ensoleillé. Absente de la Coupe du Monde 2018 en Russie, la métamorphose avait alors été amorcée par Roberto Mancini. Sans s’enflammer, l’Italie enchainait les bons résultats, et de mois en mois, l’attention du football mondial commençait à se tourner vers cette équipe. De la solidité caractéristique des équipes transalpines couplée à un football offensif direct et à une génération de joueurs prometteuse, cette Italie arrivait donc à l’Euro comme un des favoris, le poil à gratter de cette édition 2020. A la suite de leur victoire face à l’Angleterre, on se dit que le pire est passé, que comme la France après les désillusions des années 2010-2012, la grande Italie est de retour. Seulement voilà, le mal reste profond et il dormait, attendant de se manifester.

L’Italie, tête basse une nouvelle fois (Getty Images)

Avec une cible derrière le dos, les joueurs de Roberto Mancini étaient attendus par le monde du football. Plus de place à la surprise, il faut maintenant assumer un nouveau statut. Et à peine le record de matchs consécutifs sans défaites atteint, les choses ont commencé à se compliquer. Des matchs bien moins maitrisés, et surtout une dernière partie de qualifications pas du tout à la hauteur. 4 matchs nuls lors des 5 derniers matchs, et 1 seul but marqué si on enlève le carton 5-0 face à la Lituanie. des mauvaises performances qui amènent les italiens à la seconde place de leur groupe derrière la Suisse, et l’obligation de jouer sa place dans un tournoi de barrage.

Ces derniers mois mal gérés ont donc conduit à une élimination humiliante pour eux, à domicile, contre la modeste équipe de Macédoine du Nord. Une élimination historique puisque c’est la première fois dans l’histoire de l’Italie que la Squadra manque deux éditions du Mondial d’affilée. Encore pire depuis la victoire en 2006, le parcours italien n’est vraiment pas fameux dans la plus grande compétition internationale : Eliminée lors des phases de groupes 2010 et 2014, et absente des éditions 2018 et 2022.

Un jour historique donc, mais malheureusement cette élimination porte les stigmates des difficultés entrevues dans le jeu depuis des mois.

Une élimination symptomatique

Cette défaite d’hier soir est en effet symbolique de toutes les difficultés italiennes depuis quelques mois. Evidemment grande favorite de cette confrontation, l’Italie n’a cependant pas réussi à trouver la faille dans le bloc compact adverse. Malgré quelques absences (Chiesa, Bonucci, Di Lorenzo), les Champions du Monde 2006 n’aurai pas du éprouver tant de difficultés à se débarrasser de leur adversaire. Mais comme les derniers matchs de qualifications nous l’ont montré, cette équipe a énormément de mal à se créer de réelles occasions. Un manque de dynamisme en attaque qui a été encore plus criant avec l’absence de Federico Chiesa. Etincelant los de l’Euro, l’ailier de la Juventus apportait sa capacité à faire des courses vers l’avant, à prendre les espaces et à amener du danger par les dribbles. Tout ce qui manquait à l’Italie hier soir.

Immobile, symbole d’une Italie apathique.

La ligne d’attaque était composée hier soir d’Insigne, Berardi et Immobile en pointe. Le premier cité n’a plus les jambes d’il y a quelques saisons, et n’arrive plus à faire la différence par ses dribbles. Le joueur de Sassuolo était l’homme en forme coté Italie avec ses prestations en Serie A, mais il a manqué de précision dans le dernier geste malgré une bonne activité globale. Quant au troisième, son match a été très inquiétant. Sans rythme, aucune situation intéressante à se mettre sous la dent, des frappes sans intérêt loin du but… on ne reconnait pas le Soulier d’Or 2020 et le très bon joueur de la Lazio. Avec une ligne d’attaque si pauvre, difficile de concrétiser une maitrise sur le match.

Voir aussi: Portrait de Berardi, meilleur passeur de Serie A

Pourtant la domination était là pour la Squadra Azzura! Presque 60% de possession de balle, 32 tirs au total, 16 corners, cette défaite et le mutisme devant le but est une anomalie. Le coaching de Mancini est aussi sujet à discussion, avec le choix de ne pas faire jouer Scamacca, ou de laisser Politano sur le banc durant l’intégralité de la partie. Et concernant le but pris en toute fin de match, la désorganisation du collectif est impressionnant sur les images. La défense n’y est pas, le milieu de terrain est perdu, et Donnarumma prend du temps pour se détendre. La frappe est belle, mais se prendre un but sur un dégagement du gardien lorsqu’on est l’Italie championne d’Europe en titre, ça fait tâche.

Quel avenir pour la Squadra?

Difficile d’avoir les idées claires pour nos amis italiens après une telle désillusion. La statut de Roberto Mancini est bien sur sujet à discussion. Mais la victoire à l’Euro donner surement du crédit à l’ancien technicien de Manchester City et sa place ne semble pas mise en danger. Toutefois, une certaine pression accompagnera ses prochaines sorties.

Un renouvellement de l’effectif semble inévitable, pour rester dans la continuité de la progression aperçue depuis quelques années. Le poste d’attaquant de pointe va être au centre des débats, poste qui ne présente pas de certitudes depuis maintenant trop d’années. Immobile est sur la fin de carrière, mais qui pour prendre le relais? Moise Kean a du mal à montrer une réelle progression, Scamacca peut être l’attaquant idoine. 23 ans, un profil intéressant et un jeune joueur sur lequel miser.

La charnière centrale va aussi devoir se renouveler, avec la paire Bonucci / Chiellini qui devrait arrêter la sélection nationale. Si Bastoni semble s’imposer comme un très bon élément de base, son compère n’est pas encore identifié. Hier soir Gianluca Mancini était associé à lui, mais la solidité de la paire n’est pas évidente. Il faudra maintenant se relever de cette déception nationale, et se remettre vers le chemin du succès et enchainer les bons résultats pour retrouver une place importante dans le gratin du football mondial.

Chiellini et Florenzi, premières pièces à changer ?

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