Macédoine du Nord : Histoire d’une jeune sélection

Avant de jouer sa place pour ce pourrait être la première Coupe du Monde de son histoire, revenons sur l’histoire de cette jeune sélection qu’est la Macédoine du Nord.

L’Euro 2020 a impulsé une réelle dynamique en Macédoine du Nord (Crédits photo : AFP)

Voir aussi: Les 3 raisons de croire en la qualification macédonienne contre le Portugal

Un peu d’histoire

La Macédoine du Nord est un pays relativement jeune, résultant immédiatement de notre histoire géopolitique récente. Après la chute du l’Empire Soviétique en 1991, ce petit pays du Sud-Est de l’Europe a vu le jour à la faveur d’un référendum pour l’indépendance résultant à 95% du Oui. Faisant anciennement partie de la Yougoslavie, la prise d’indépendance de la Macédoine fait donc naitre aux yeux du monde un nouveau territoire, situé entre la Serbie au nord, l’Albanie à l’ouest et la Grèce au sud.

Seulement 2 ans après leur indépendance, la Macédoine obtient le statut de membre des Nations Unies en avril 1993. Seulement voilà, une dispute avec la Grèce vient ralentir le processus. En effet, la Grèce revendique le nom de Macédoine puisqu’historiquement ce territoire appartient aux hellènes. Puisque le territoire indépendant ne concerne pas l’entièreté du territoire de la Macédoine historique, la proclamation d’un état nomme « Macédoine » induirait une revendication territoriale de toute la région du nord de la Grèce. C’est donc sous le nom de « Ancienne république yougoslave de Macédoine » que le pays entre dans les Nations Unies en 1993.

Le statut des différentes régions de la Macédoine historique (Photo NR)

Cette querelle durera pendant 25 ans, et c’est seulement en 2018 que les deux pays vont se mettre d’accord pour se nommer « République de Macédoine du Nord ». Cette résolution du problème va permettre par la suite à ce petit pays de rejoindre l’OTAN en mars 2020, et d’entamer des discussions pour entrer dans l’Union Européenne.

Toute cette évolution fait de la Macédoine du Nord un pays en développement, en constante évolution depuis la déclaration d’indépendance en 1991. Un développement qui est aussi à mettre en relation avec le football.

Une sélection nationale qui progresse

Tout comme son apparition en tant que pays à part entière, le football en Macédoine du Nord a mis du temps avant d’apparaitre. Ce n’est qu’au début du 20ème siècle que le sport le plus populaire du monde va faire ses premiers pas sur l’ancien territoire soviétique. Et comme pour beaucoup de fois, le premier match de l’histoire sur le sol macédonien a été l’initiative d’anglais. Une sélection de membres de l’armée britannique affrontait le Napredok de Skopje, la capitale macédonienne. Les locaux gagneront ce match 2-0 et pour célébrer la tenue du premier match de l’histoire, un gigantesque monument de 113 kilos en forme de ballon de football a été érigé en 1979, pour fêter les 70 ans de l’apparition du football en Macédoine du Nord.

Après la prise d’indépendance du pays, la sélection nationale devient membre de la FIFA et l’UEFA en 1994. Avant cela pour leur premier match amical, les Lions Rouges s’imposent en amical 4-1 contre la Slovénie. Les amicaux s’enchainent et les qualifications pour l’Euro 96 marquent le premier grand rendez vous pour le football macédonien. Placés dans le groupe de l’Espagne, du Danemark, de l’Arménie, de Chypre et de la Belgique. Et pour leur premier match officiel, la Macédoine du Nord récoltent un match nul contre les Danois champion d’Europe en titre (1-1). Une belle promesse.

Les images du premier match de la sélection macédonienne.

Des promesses mais les déceptions s’enchainent pour la sélection, qui ne parvient pas à se qualifier pour les compétitions internationales. Les premières années sont compliquées, avec beaucoup de grosses défaites contre les bonnes équipes européennes. Malgré ces débuts compliqués, les leçons sont tirées et la sélection progresse. Premier indice ? La campagne de qualifications pour l’Euro 2008. Non-qualifiée, la macédoine du Nord termine pourtant 5ème de son groupe avec 14 points. Petit à petit la sélection progresse au classement FIFA, pour atteindre la 46ème place en octobre 2008, leur meilleur classement à ce jour.

Années 2010 : désastres et renouveau

Le début de la décennie 2010 marque un recul dans la progression de la sélection nationale. Les campagnes de qualifications pour l’Euro 2012 et la Coupe du Monde 2014 sont des échecs cuisants, et certains joueurs important comme Pandev, Nikolce Noveski et Velice Sumulikoski montrent des envies de retraite internationale après ces nouvelles désillusions. La campagne pour le Mondial 2014 est particulièrement décevante, avec seulement 7 points en 10 matchs, dernière de son groupe derrière des équipes comme le Pays de Galles ou l’Ecosse. Les résultats moroses continueront encore pendant des années, avant le renouveau.

2010, clap de fin pour Pandev ? Pas si sûr (AFP)

Avec la création de la Ligue des Nations, la Macédoine du Nord a pu se mesurer à des nations de même calibre. Placés dans la Ligue D, ils sont promus en division supérieure après un parcours quasi-parfait. 15 points en 6 matchs contre l’Arménie, Gibraltar et le Liechtenstein. Portés par ce nouvel élan et 15 matchs d’affilés sans défaite en 2018-2019, la Macédoine du Nord parvient à atteindre les barrages de l’Euro 2020 grâce à son parcours en Ligue des Nations. La troisième place derrière la Pologne et l’Autriche lors des qualifications pour l’Euro 2020 marque aussi une forme de satisfaction. Une première participation à un match d’accession pour la Macédoine, qui héritera au tirage au sort du Kosovo, lui aussi tout nouveau dans le paysage du football mondial.

Après avoir battu le Kosovo 2-1, il restait cependant un obstacle sur la route de l’Euro : la Géorgie. Dans un match très serré, Goran Pandev, qui été sorti de sa retraite de deux ans juste avant, donne finalement une victoire historique pour son pays et qualifie la Macédoine du Nord pour la première compétition officielle de son histoire. La fête est immense à Skopje, les jours sont beaux pour la sélection.

La joie des Lions Rouges pour leur qualification historique (Getty Images)

Pourtant il n’y aura pas d’exploit lors de cette première compétition internationale. Trois défaites en trois matchs, les résultats comptables ne sont pas satisfaisants mais l’impression laissée est très bonne. Les Lions Rouges se révèlent aux yeux du monde et ne sont pas ridicules, loin de là, de quoi aborder le futur avec espoir. Les qualifications pour la Coupe du Monde 2022 devaient donc être le révélateur de la progression de l’équipe nationale. Et cette fois-ci, elle n’a pas déçu ! Une très belle deuxième place de son groupe derrière les intouchables allemands, 17 points en 10 matchs et un bon niveau de jeu affiché. Une place en barrage octroyée à cette modeste équipe encore toute nouvelle dans le football mondial, signe d’une nouvelle progression, d’un nouveau cap franchi. Une campagne de qualification qui a mené à ce match contre l’Italie et à la perspective d’une qualification historique pour la Coupe du Monde si la bande à Igor Angelovski.

Rendez-vous donc ce soir à 20h45 contre le Portugal, est-ce que la Macédoine du Nord pourra réitérer l’exploit de Palerme?

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