Naples écœure l’Atalanta chez elle

La 31e journée de Serie A a vu Bergame se faire distancer par son concurrent (3-1). Trop brouillonne, la Dea ne pouvait espérer mieux face à un Naples très efficace.

Le SSC Napoli recolle à Milan en tête du classement

La théorie selon laquelle l’Atalanta monterait en puissance en deuxième partie de saison semble, au mieux, tenir de la spéculation, au pire, de la pure métaphysique. Car l’équipe, brillant si souvent au cours des derniers exercices, est loin de ce qu’elle faisait jadis miroiter. Avant en course, non seulement pour la Ligue des Champions mais aussi pour le titre, la « déesse » a perdu de son pouvoir et de son aura.

La puissance offensive qui la caractérisait était bien condamnée, un jour ou l’autre, à accuser une dépression. Meilleure attaque en 2020-21 (90 buts) et 2019-20 (98) et 2018-19 (77), elle n’est pour l’instant que la 5e, mais cela est corrélé à son classement actuel : 7e, hors des places européennes. Un rendement prolifique rime également avec une certaine efficience. Naples en a fait preuve au Gewiss Stadium aujourd’hui, en cadrant cinq de ses six modestes frappes, inscrivant trois fois plus de buts que son adversaire qui a tenté 19 tirs pour 3 cadrés. La possession penchait aussi du côté des hôtes (56%), sans que le plan de jeu de Spalletti ne soit perturbé.

Au fond, on pourrait considérer que les Gli Azurri furent fortunés quand on songe à leurs réalisations, soit sur coup de pied arrêté, soit en contre-attaque. Le penalty souffre pourtant d’aucune contestation, le gardien bergamasque Juan Musso sortant en retard sur Dries Mertens, son compère Insigne transformant la sentence. Ensuite, à la suite d’un magistral coup franc botté par le même Insigne, Politano s’échappe du rideau noir et bleu pour reprendre le ballon de volée du pied gauche. Sur cette action, Musso est moins responsable, quoi qu’il lui incombait de placer son mur et d’organiser ses joueurs.

Les offensives en face se sont cantonnés à des velléités, comme une frappe de Freuler fuyant le poteau droit de David Ospina, lequel s’était bien interposé sur une tête initiale de l’Ukrainien Malinovskyi. La Dea rentre aux vestiaires en ayant concédé un break et autant de frappes cadrées que de tentatives de Naples. Sûrement que l’absence de Merih Demiral, patron de sa défense, aura fait défaut. La titularisation d’un jeune défenseur du centre de formation (18 ans), Giorgio Scalvini, était une des nombreuses surprises que nous a réservées le coach Gasperini cette année. Même s’il a montré de belles choses, il a paru un peu trop tendre pour ce type de confrontation.

Que manque-t-il à l’Atalanta ?

Depuis le départ de son meneur de jeu historique Alejandro « Papu » Gomez à Séville et le retrait progressive du maestro slovène Josip Illiçic, les Bergamasques pâtissent clairement d’un déficit de qualité dans l’entrejeu. La recrue hollandaise Koopmeiners est certes prometteuse, montrant de belles qualité, mais ses prestations sont trop inégales. Ruslan Malinovskyi, probablement remué par la guerre sévissant dans son pays, peine à retrouver son meilleur niveau, et l’attaquant colombien Luis Muriel score beaucoup moins que la saison dernière. L’effectif reste très compétitif, mais avec une telle approximation dans les passes et les mouvements, les nerazzuri ne peuvent prétendre mettre en pratique leur philosophie.

Il faut aussi mentionner les blessures plombant les ailes de la déesse. Leur meilleur buteur Duvan Zapata est blessé depuis plusieurs semaines, et devrait heureusement faire son retour prochainement. Les défenseurs dont Demiral sont concernés par l’abonnement à l’infirmerie. Difficile dans ces conditions d’avoir une stabilité et d’imposer son identité à ses adversaires. En faisant le bilan, l’Atalanta s’en sort plutôt bien : en lice pour les quarts de finale de l’Europa League contre Lepizig, assurément favori, toujours qualifiable en coupes d’Europe l’année prochaine, mais la formation lombarde ne parvient plus à battre les gros, et parfois les

Naples en bonne forme

Excepté le revers regrettable contre l’AC Milan, actuel leader, il y a un mois, Naples a bien enchaîné trois victoires contre des opposants coriaces (l’Udinese, l’Hellas Vérone et maintenant l’Atalanta). Il ne reste au club campanien que le championnat à disputer, et le club compte arborer son maillot où figure Diego Armando Maradona avec honneur. Peut-être que sa tête suffit à rebuter ses rivaux et à donner la force nécessaire à ses héritiers qui aimeraient rappeler les Napolitains aux bons souvenirs des Scudetti de 1987 et 1990. A la lutte avec un AC Milan plus motivé que jamais mais parfois friable, les azurri doivent jouer aussi leur va-tout pour auréoler cette très bonne saison d’un titre de champion d’Italie.

Quoi qu’il advienne, Milan ou Naples (3èmes meilleures attaques à égalité), le vainqueur de la Serie A sera, espérons-le, un club qui cassera la récente hégémonie partagée entre l’Inter et la Juventus qui s’affrontent ce soir dans un match décisif). L’avantage pourrait profiter à Naples, meilleure défense du championnat avec 23 buts encaissés. Quant à l’Atalanta, elle peut compter sur un triomphe en ligue Europa pour éventuellement se qualifier dans une Ligue des Champions paraissant désormais inatteignable en championnat.

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