L’Open de Miami 2022 : une vitrine du tennis de demain ?

Ce dimanche 3 avril s’achevait la tournée américaine avec la victoire du jeune prodige espagnol Carlos Alcaraz en finale du Masters 1000 de Miami, face à Casper Ruud. Après le sacre de Taylor Fritz à Indian Wells, le monde du tennis célèbre ce qui apparait comme le renouveau du circuit ATP.

Carlos Alcaraz recevant son premier trophée en Masters 1000. Reuters

Carlos Alcaraz, l’ascension fulgurante

Il est la nouvelle coqueluche du tennis mondial. Un talent pur couplé d’une maturité impressionnante, à qui titres et records tendent déjà les bras. A 18 ans et 333 jours, Carlos Alcaraz devient le plus jeune vainqueur du tournoi de Miami, le premier espagnol à s’imposer ici (mettant ainsi fin à la malédiction espagnole de neuf finales, dont cinq pour Nadal, sans victoire). Déjà demi-finaliste à Indian Wells, où il s’était incliné face à celui dont on force la comparaison, Rafael Nadal, Alcaraz continue sa fulgurante ascension sur le circuit ATP. Il en a prit la 11e place ce lundi.

Plus jeune joueur à atteindre les quarts de finale de l’US Open en 2021, plus jeune vainqueur d’un ATP 500 cette année à Rio, Alcaraz devient le 3eme plus jeune vainqueur d’un Masters 1000, après Michael Chang à Toronto en 1999 (17ans et 157 jours) et Rafael Nadal à Monte-Carlo en 2005 (18ans et 318 jours). Une précocité illustrée aussi bien par ses records que par son jeu sur les courts. Le jeune natif d’El Palmar a en effet démontré l’immense étendue de sa palette technique tout au long de la dizaine. Surtout, c’est cette capacité de s’adapter aux forces et faiblesses de son adversaire qui rend Alcaraz si spécial.

Coups droits surpuissants, amorties ravageurs, services-volés à la pelle… S’ajoutent à son talent des capacités mentales hors-normes, lui permettant de surmonter des situations mal embarquées. Le jeu décisif face à Kecmanovic qu’il renverse après avoir été mené 5-3, ou le premier set de la finale que Ruud menait 4-1 et qu’il gagna finalement 5-7, en sont des exemples criants. Après cette victoire, Alcaraz franchit encore un cap, passe dans une nouvelle dimension, et abordera la saison de terre battue avec Roland Garros en ligne de mire.

Une jeune garde très dense

Casper Ruud (MICHAEL REAVES / GETTY IMAGES)

Outre la sensation Alcaraz, d’autres jeunes joueurs ont brillé en Floride. L’absence du Big 3 (Federer, Djokovic et Nadal) favorise l’éclosion de certains et la confirmation d’autres. C’est le cas du finaliste norvégien Casper Ruud. Tête de série numéro 6, celui qui pointe désormais à la 7e place au classement ATP s’est défait de Laaksonen, Bublik et Norrie avant de rencontrer Alexander Zverev en quart de finale. Réputé pour sa qualité sur terre battue, Ruud semble avoir progressé sur dur, désormais en mesure de rivaliser avec des spécialistes tel que Zverev (6-3, 1-6, 6-3). Après une demie expédiée contre Cerundolo, le Norvégien s’incline donc en finale, sans démériter. Il sera l’un des joueurs à suivre cette saison sur terre.


26 ans : l’âge de Nick Kyrgios. L’Austalien était le joueur le plus âgé des quarts de finales. Du haut de ses 18 ans, Alcaraz était le plus jeune.


La relève du circuit masculin, que les Medvedev, Tsitsipas et Zverev ont un temps semblé incarner, pourrait ne pas nécessairement dépendre de ces trois hommes. Si le premier jouait avec une hernie (il sera absent entre un et deux mois), les deux autres peinent à lancer leur saison 2022. Tsitsipas a subit la loi d’Alcaraz, tandis que Zverev semble encore emprunté mentalement depuis son coup de sang à Acapulco.

On sait la tournée américaine propice aux surprises. L’année dernière, Indian Wells et Miami avaient déjà célébré deux nouveaux champions en catégorie 1000 : Cameron Norrie et Hubert Hurkacz. Quart de finaliste en Californie cette année, le Britannique n’a pu faire mieux qu’un huitième en Floride. De son côté, le Polonais n’était pas loin de disputer une deuxième finale consécutive à Miami après sa victoire face à Medvedev en quart. Mais il subit lui aussi la foudre Alcaraz, aux portes du back-to-back.

Daniil Medvedev (à gauche) s’est incliné 7-6, 6-3 face à Hubert Hurkacz (à droite) en quart. @kaptmedia.com

Seul joueur à avoir enlevé un set à Carlos Alcaraz, Miomir Kecmanovic fut l’une des belles révélations de ce tournoi. Au terme d’un match spectaculaire où il passa à deux points de la victoire, le jeune serbe (22 ans) est l’une des belles promesses du circuit ATP. Invité surprise des demies, l’inattendu Cerundolo (23 ans) pourrait bien refaire parler de lui cette saison sur terre battue, tout comme Jannik Sinner. L’Italien a connu deux Masters américains compliqués. Abandon contre Kyrgios à Indian Wells, malade, puis une nouvelle fois contre Cerundolo après seulement cinq jeux, visiblement blessé. Pourtant, difficile de ne pas voir en lui des qualités au dessus de la moyenne lorsqu’il joue. Espérons le revoir très vite sur pied.

Cette dizaine de Miami, et plus globalement les deux 1000 américains, ont vu naitre de nouveaux champions, et laissent présager un futur excitant dont le tennis à bien besoin. Reste maintenant à savoir si la jeune garde sera capable de rivaliser avec les éternels du circuit en Grand Chelem, et ce dès le mois de mai à Roland-Garros. Djokovic pourrait profiter de l’allègement des mesures sanitaires pour participer, mais sera vraisemblablement à court de rythme. Même problématique pour Nadal, qui se remettra à peine d’une blessure aux côtes. Mais comment ne pas, de part leur simple présence, les placer tout en haut de la liste des favoris à leur propre succession ?

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