Tour des Flandres – Le coup de maître de la Groupama-FDJ !

Ce dimanche, le Tour des Flandres a mis en lumière les performances remarquables de Mathieu Van der Poel et de Tadej Pogacar. Néanmoins, une formation a réussi à se démarquer des autres. C’est la Groupama-FDJ, qui a réalisé l’exploit de placer deux coureurs dans le top 5. Revenons ensemble sur cet exploit formidable de la formation française.

Valentin Madouas (à droite) y a cru mais il a dû s’incliner face à Mathieu Van der Poel (à gauche). (Jasper Jacobs/MAXPPP)

Un dimanche magique !

Valentin Madouas a réalisé un exploit majuscule pour sa troisième participation au Tour des Flandres. Il a réussi à accrocher le podium alors qu’il ne figurait pas sur la liste des grands favoris au matin de la course. Cela faisait onze ans, depuis un certain Sylvain Chavanel, qu’un Français n’était pas monté sur le podium du Ronde. Nous allons revenir sur les moments clés de la course qui ont permis au Français de réaliser cet exploit.

Malgré un placement défaillant lors de la deuxième ascension du Vieux Quaremont, théâtre de l’accélération de Pogacar, Madouas s’est accroché au groupe des favoris. Cependant, avant l’ascension du Koppenberg, l’inquiétude pouvait être de mise quant à son placement au pied de l’un des monts les plus importants de la journée. On le sait, Valentin Madouas n’aime pas frotter pour se placer à l’avant, la faute à une lourde chute il y a deux ans. Après avoir longtemps trainé à l’arrière, c’est finalement dans les premières positions du peloton que le Breton a abordé le Koppenberg. Ce (re)placement extraordinaire lui a permis de défendre ses chances à la régulière. Résultat, il est le seul à pouvoir suivre le rythme infernal imposé par Mathieu Van der Poel et surtout l’impressionnant Tadej Pogacar.

Mathieu Van der Poel, Tadej Pogacar et Valentin Madouas ensemble après l’ascension du Koppenberg. (Capture d’écran GCN)

C’est seulement lors de la troisième et dernière ascension du Vieux Quaremont à 17 kilomètres de l’arrivée que Madouas a craqué. Il s’est malgré tout accroché avec Dylan Van Baarle en restant à 20 secondes derrière le duo Van der Poel-Pogacar.

Alors que l’on se dirigeait vers un sprint à deux pour la dernière marche du podium, Valentin ne s’est pas arrêté de rouler dans le dernier kilomètre, contrairement au duo de tête. Cela a permis au Breton et au Néerlandais de revenir de nulle part à 350m de la ligne pour jouer la gagne.

Valentin a lancé le sprint à 300 mètres du but sur la gauche de la route contre les barrières. Il a failli déborder Mathieu Van der Poel, l’exploit semblait à portée de main. Malheureusement, une vilaine crampe est passée par là. Le Brestois termine finalement troisième de la course derrière Mathieu Van der Poel et Dylan Van Baarle mais devant un Tadej Pogacar frustré.

Une performance inattendue, même si Valentin a déjà démontré par le passé son affection pour les pavés, comme l’a rappelé son père, l’ancien coureur Laurent Madouas : « Valentin m’avait épaté lors de Paris-Roubaix juniors (4e) et de Paris-Roubaix espoirs (7e) et comme il grimpe bien, le Tour de Flandres ne peut que lui convenir. Il y a deux ans, il avait terminé 14e de son premier Tour des Flandres (il était dans le groupe qui s’était disputé la troisième place). Ce jour-là, je m’étais dit qu’avec l’expérience et la condition physique, il serait plus fort à l’avenir.  »

Papa Madouas ne s’est pas trompé. Septième du Grand Prix E3 et onzième d’A travers la Flandre la semaine dernière, son fiston était en grande condition depuis le début de la saison. Sa magnifique troisième place dimanche entérine sa nette progression sur les pavés, faisant de lui un outsider à ne surtout pas négliger lors des prochaines classiques flandriennes, épreuves dont il apprécie la difficulté : « Ce sont toujours les mêmes noms qu’on voit à l’avant sur le Tour des Flandres et en tête des classements, pourquoi je ne pourrais pas y être aussi ? »

Valentin Madouas (au centre) s’incline au sprint derrière Dylan Van Baarle (à gauche) et Mathieu Van der Poel (à droite). (EPA/MAXPPP)

Une tactique parfaite !

Dimanche, la performance de Valentin Madouas valide aussi un vrai travail d’équipe. Tous les directeurs sportifs élaborent des stratégies avant les courses, mais rares sont celles qui se déroulent sans accroc. C’est cet exploit que la Groupama-FDJ a réussi à accomplir sur le Tour des Flandres en étant présent à l’avant tout au long de la journée. Comme sur les routes d’A travers la Flandre, le collectif français est parvenu à maintenir une présence continue dans les différents groupes afin de rester acteur de la course.

Avec Olivier Le Gac, Kevin Geniets, Valentin Madouas et Stefan Küng, la Groupama-FDJ peut se targuer d’avoir de solides arguments sur les classiques flandriennes, mais de là à imaginer que cette formation s’imposerait comme l’un des plus gros collectifs du Ronde

C’est d’abord Olivier le Gac qui s’est mis en évidence en sortant du peloton à 91 kilomètres de l’arrivée après l’attaque de Ivan Garcia Cortina. Cela a permis à l’équipe d’avoir un coup d’avance lorsque le groupe de Le Gac a commencé à prendre du champ sur le peloton.

Le collectif de la Groupama-FDJ en place à l’avant du peloton. (Getty Images Sport)

Quand Pogacar a attaqué dans la deuxième ascension du Vieux Quaremont, c’est Stefan Küng qui s’est mis en évidence en suivant de très près le prodige slovène. Puis Geniets et Madouas ont fait la jonction avec l’avant de la course. Dans le Koppenberg, seul Madouas a pu suivre les meilleurs, mais la performance de Küng est aussi à souligner.

Derrière les cinq hommes de tête, le Suisse s’est chargé de perturber la poursuite pour protéger les intérêts de Madouas. Küng, en grande condition, s’est même permis le luxe de suivre les coups et de rouler sur son équipier dans le groupe de contre. De quoi donner des sueurs froides à certains, mais son action n’a jamais réellement mis en danger le top cinq de son coéquipier à l’avant. Malheureusement, Madouas, soucieux de préserver sa place sur le podium, n’a pas pu se servir de la présence de Küng à l’arrière pour sauter des relais.

Stefan Küng sur la route du top 5. (Getty Images Sport)

Dans la dernière ligne droite, Küng va revenir à seulement quelques centaines de mètres de la victoire, flanqué de Fred Wright et de Dylan Theuns, les deux coureurs de la Bahrain-Victorious. Suffisant pour aller chercher une cinquième place amplement méritée.

Le rendez-vous est pris

Le leader de l’équipe Stefan Küng déclara après la course : « Il y a quatre ans, quand ce n’était pas top, on avait dit qu’on reviendrait plus forts. Aujourd’hui, je dois dire chapeau. Je suis très content de l’équipe et on doit maintenant continuer comme ça. »

Le rendez-vous est donc pris pour le futur et la Groupama-FDJ va devoir assumer ses nouvelles ambitions sur les pavés dans les prochaines années… et même dans quelques jours, sur Paris-Roubaix ! Cela tombe bien, de l’ambition ils peuvent se permettre d’en avoir quand on voit l’état de forme des coureurs composant l’effectif, la motivation et l’efficacité qu’ils ont affichés sur toutes les classiques flandriennes cette saison !

Valentin Madouas (à droite) savoure son podium à côté de Mathieu Van der Poel (au centre) et Dylan Van Baarle (à gauche). (Panoramic/Media365)

Laisser un commentaire

%d blogueurs aiment cette page :
Ads Blocker Image Powered by Code Help Pro
Bloqueur de publicité détecté !

Aidez-nous à continuer notre activité en désactivant votre bloqueur de publicité ! La publicité fait vivre le site, ne nous laissez pas mourir.

Rafraichir la page
Powered By
CHP Adblock Detector Plugin | Codehelppro