Les cinq points à retenir de la victoire éclatante de Villarreal sur le Bayern (1-0)

À l’Estadio de la Ceramica, Villarreal a terrassé le Bayern Munich (1-0) au terme d’une performance collective extraordinaire. Voici les cinq points à retenir de la rencontre.

Le Villarreal de Juan Foyth a éteint le Bayern de Robert Lewandowski (IconSport)

1. Villarreal au plus-que-parfait


Auteurs d’une prestation collective ultra aboutie, les joueurs de Villarreal ont étouffé leur adversaire bavarois. Si les statistiques indiquent une nette possession de balle en faveur du Bayern (62%), et presque deux fois plus de frappes (22 contre 12), la réalité du match est bien différente. Vainqueur dans les duels, premier sur tous les ballons, le sous-marin jaune a torpillé la machine rouge. Les plus grosses occasions du match sont à mettre au crédit de la formation espagnole, qui a su profiter de la passivité collective adverse pour imposer son rythme.

Avec un Unai Emery en feu sur son banc, Villarreal a joué avec le coeur pour mouiller le maillot et surpasser une équipe de classe mondiale. Si les individualités ont brillé (voir ci-dessous), c’est avant tout une leçon récitée à la perfection qui a impressionné. Les joueurs de la banlieue de Valence semblaient former un bloc défensif impossible à contourner, mais savaient aussi se retrouver en surnombre en phase offensive. Avec des changements de jeu incroyables et de l’intelligence dans les déplacements, Villarreal a mis tous les ingrédients pour remporter un grand match de C1.

2. Le Bayern proche du néant


A contrario, la performance du Bayern Munich fut très décevante. Apathiques, sans idées, et invisibles pour certains (Lewandowski, Gnabry, Müller), les joueurs de Julian Nagelsmann ont réalisé l’une des pires prestations de leur saison. Tout comme lors des défaites à Gladbach (5-0) et Bochum (4-2), ou du nul à Salzburg (1-1), ils ont été friables sur le plan défensif et trop prévisibles en phase offensive. Un jeu stéréotypé, avec de nombreux joueurs positionnés sur le front offensif, mais qui ne proposaient aucune solution au porteur de balle, souvent obligé de faire de nombreuses touches avant de trouver un partenaire.

Le Bayern a joué en sénateur, incapable de suivre le rythme d’une équipe enthousiaste. Les Allemands seraient-ils moins affamés que les deux saisons précédentes ? C’est une possibilité, étant donné la récurrence de leurs bien ternes prestations. Pour un club de cette envergure, annoncé parmi les favoris à la victoire finale, la rencontre à Villarreal soulève des interrogations.

3. Les tops joueurs du sous-marin jaune


Giovani Lo Celso (9/10) : Il « pue » le football ! L’Argentin a livré une performance de classe mondiale. Orientant le jeu avec une précision d’orfèvre, il était aux quatre coins du terrains pour déséquilibrer le bloc bavarois. S’il n’a pas marqué, son jeu entre les lignes et dans les petits espaces a fait très mal au Bayern.

Juan Foyth (8,5/10) : C’est un autre Argentin qui a illuminé la partie. Opposé à Alphonso Davies, Serge Gnabry puis Leroy Sané, l’ancien de Tottenham a tenu son couloir d’une main de maître, éteignant un à un ses adversaires. Son volume de jeu, sa qualité des techniques et sa puissance dans les duels résument le match de Villarreal.

Étienne Capoue (8/10) : On pourrait mettre en lumière d’autres joueurs, mais Étienne Capoue est l’un de nos coups de coeurs de cette rencontre. Le Français a régné sur l’entre-jeu, faisant état de toute sa palette. Que ce soit en phase offensive ou défensive, Capoue a toujours joué juste, tout en muselant les Bavarois. Quel joueur !

4. Villarreal peut se mordre les doigts…


Après avoir écrit tout cela, la réalité de la situation est pourtant bien plus équilibrée qu’elle n’y paraît. Certes, Villarreal a dominé le Bayern. Certes, elle l’a emporté sans contestation possible. Mais au vu du match, le petit but d’écart qui sépare les deux équipe n’est pas cher payé. Pour quelques dizaines de centimètres, les Bavarois auraient pu repartir d’Espagne avec un ou deux buts de plus dans les valises. Mais ce n’est pas le cas. En cela, Villarreal peut nourrir de sérieux regrets, comme cela semblait être le cas au coup de sifflet final : l’impression d’avoir réalisé un exploit, qui sera déjà remis en question, dans six jours, sur la pelouse du champion d’Allemagne.

Dans le football de très haut niveau, il faut être capable de convertir ses occasions pour passer au tour suivant. A l’Estadio de la Ceramica, Villarreal a eu l’occasion d’assommer le Bayern, mais n’a pas saisi cette chance. Au match retour, face à un adversaire en furie poussé par son public, l’heure pourrait bien être aux regrets. Comme souvent lorsque l’on fait vaciller un champion, sans le mettre chaos, le retour de bâton ne pardonne pas.

5. Le Bayern a le savoir-faire


A l’Allianz Arena, le Bayern a déjà renversé à plusieurs reprises des situations mal embarquées (elle feront, par ailleurs, l’objet d’un article dans les jours à venir). A la mi-temps de cette double confrontation, les partenaires de Thomas Müller n’ont donc qu’un but de retard, avant de donner le prochain coup d’envoi devant leurs supporters. Contre Salzburg, qui leur avait tenu tête à l’aller, ils s’étaient imposés de manière écrasante sur leur pelouse (7-1), en tuant le match dès la première demi-heure. Villarreal est donc prévenue, mais aura aussi des armes à faire valoir, et pourra s’appuyer sur sa victoire à Turin (0-3) pour croire en ses chances.

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