Amstel Gold Race : Qui peut battre Mathieu van der Poel ?

La saison des classiques ardennaises s’ouvre demain avec l’Amstel Gold Race, disputée dans le sud-est des Pays-Bas. Sur ses terres, Mathieu van der Poel fait figure d’immense favori en l’absence de la majorité des meilleurs puncheurs du peloton. Présentation des forces en présence, du parcours et des enjeux de l’épreuve.


En 2019, Mathieu van der Poel avait remporté l’Amstel Gold Race à l’issue d’une remontée fantastique dans le final. Demain, il sera l’immense favori pour succéder au palmarès à son rival de toujours Wout Van Aert. (D.R. RTBF)

Un plateau plus faible que d’ordinaire

Créée en 1966 pour concurrencer les grandes classiques belges et italiennes, l’Amstel Gold Race s’est faite une place au forceps dans le calendrier cycliste, intercalée entre les classiques flandriennes et les classiques ardennaises. Mais cette année, ce positionnement à la croisée des chemins lui a porté préjudice.

A cause de la proximité de Paris-Roubaix, décalé cette saison au 17 avril, et surtout du Tour du Pays-Basque, épreuve idéale pour préparer les classiques ardennaises, la ‘’startlist’’ de l’édition 2022 est allégée de plusieurs gros noms : pas de Julian Alaphilippe, de Remco Evenepoel, de Primoz Roglic, de Tadej Pogacar, d’Alejandro Valverde et de Wout Van Aert au départ à Maastricht demain. La plupart d’entre eux effectueront leur rentrée sur les Ardennaises à l’occasion de la Flèche Wallonne, même si le programme de Van Aert est mis entre parenthèses pour cause de maladie.

Mathieu van der Poel, immense favori

En l’absence de tous ces coureurs, Mathieu van der Poel se présente en immense favori au départ de cet Amstel Gold Race 2022. Auteur d’un début de saison stratosphérique (troisième de Milan-San Remo, vainqueur d’A travers la Flandre et surtout du Tour des Flandres), il est clairement revenu à son meilleur niveau. Personne n’a oublié son formidable succès dans l’Amstel en 2019, lorsqu’il avait coiffé sur la ligne Julian Alaphilippe et Jakob Fulsgang dans un final à couper le souffle. Cette année, le Néerlandais cherchera sûrement à asseoir sa domination plus tôt dans la course en attaquant de loin, comme il sait si bien le faire.  

Après son début de saison stratosphérique, MVDP semble bien difficle à battre sur les routes de l’Amstel Gold Race. (D.R.)

Alors, qui pour résister à ses démarrages foudroyants dans les redoutables ‘’bergs’’ du Limbourg ? Qui pour rivaliser avec lui dans la dernière ligne droite en cas d’arrivée au sprint ? La réponse ne se trouve sûrement pas du côté des équipes Jumbo-Visma et Quick-Step Alpha Vinyl, qui, si elles alignent des effectifs solides, ne possèdent pas l’arme fatale pour l’emporter demain. C’est plutôt vers l’équipe Ineos-Grenadiers qu’il faut se tourner.

Avec le prodige Thomas Pidcock, deuxième l’an passé, battu d’un souffle par Wout Van Aert après consultation de la photo-finish, la formation britannique est l’une des seules à pouvoir contrecarrer les plans de van der Poel. Troisième d’A travers la Flandre, un peu plus en retrait sur le Tour des Flandres (14ème), Pidcock ne connaît pas un début de saison transcendant, mais le parcours de l’Amstel correspond parfaitement à ses aptitudes de puncheur. Il pourra aussi compter sur le soutien de coéquipiers talentueux sur ce type de terrain, avec la présence de Ben Turner, Magnus Sheffield, Dylan Van Baarle (récent troisième du Tour des Flandres) et surtout de Michal Kwiatkwoski, vainqueur ici en 2015.

L’an dernier, l’Amstel Gold Race nous avait offert l’un des scénarios les plus fous de la saison : Van Aert s’imposait pour quelques millimètres devant Pidcock. Le résultat de la photo-finish a beaucoup été contesté, y compris par Thomas Pidcock, qui veut prendre sa revanche cette année. (D.R. Amstel Gold Race)

Un autre ancien vainqueur de l’épreuve sera au départ demain : Michael Valgren (EF Education Easy-Post), lauréat en 2018, qui formera un duo à surveiller avec son équipier Alberto Bettiol, capable du meilleur comme du pire. Chez Lotto-Soudal, on comptera sur Philippe Gilbert, autrefois maître du Cauberg (vainqueur en 2010, 2011, 2014 et 2017), mais surtout sur Tim Wellens, habitué à nous offrir des échappées dans le final des classiques ardennaises. Bahrain-Victorious aligne également deux cartes intéressantes pour jouer la gagne avec Matej Mohoric, dont le punch et l’aisance technique pourraient faire la différence sur des routes scabreuses, et Dylan Teuns, revenu en grande forme après sa sixième place sur le Tour des Flandres.  

C’est le cas également de Marc Hirschi (UAE Team Emirates), vainqueur de la Flèche Wallonne et deuxième de Liège-Bastogne-Liège en 2020. Après une saison 2021 plus compliquée, le puncheur suisse s’est rassuré en début d’année en signant de belles performances sur plusieurs courses italiennes. Qui plus est, il pourra compter sur le soutien de Matteo Trentin et de la jeune pépite espagnole Juan Ayuso, grimpeur également capable de se distinguer sur des ascensions courtes et difficiles.

Michael Matthews sera l’un des plus sérieux adversaires de van der Poel demain. (BikeExchange)

Enfin, parmi les grands favoris, impossible de ne pas citer Michael Matthews (BikeExchange). Quatrième de Milan-San Remo et vainqueur de la première étape du Tour de Catalogne cette année, l’Australien a terminé troisième de l’Amstel Gold Race en 2015 et quatrième l’an passé, après avoir longtemps résisté aux attaques de Van Aert et d’Alaphilippe. Puncheur-sprinter, tout l’enjeu pour lui sera encore une fois de s’accrocher dans les bosses pour pouvoir jouer sa carte au sprint. Il a la pointe de vitesse suffisante pour battre van der Poel… encore faut-il réussir à le suivre !

En outre, Soren Kragh Andersen (Team DSM), Simon Clarke, deuxième de l’Amstel en 2019, Jakob Fuglsang, troisième en 2019 (Israël-Premier Tech), Samuele Battistella (Trek-Segafredo) et Alex Aranburu (Movistar) seront également à surveiller comme prétendants, au moins, à un top 10.

Plusieurs chances françaises

Côté Français, c’est Benoît Cosnefroy (AG2R-Citroën) et Valentin Madouas (Groupama-FDJ) qui ont les meilleures chances de figurer dans le haut du classement. Avec l’absence de beaucoup de grands favoris, ils peuvent même légitimement rêver de podium, voire même de victoire. Ses galères enfin derrière lui, Cosnefroy a en effet le punch nécessaire pour suivre les meilleurs dans les Monts, tandis que Madouas, dans une forme étincelante et en pleine confiance, devrait pouvoir faire encore mieux que sa huitième place en 2019.

Valentin Madouas et Benoît Cosnefroy font aussi parti des grands favoris ! (Jean Michel Bancet – Icon Sport via Getty Images)

Anthony Turgis (TotalEnergies), Bryan Coquard (Cofidis), quatrième en 2016, Warren Barguil (Arkéa-Samsic), revenu à son meilleur niveau, et Christophe Laporte (Jumbo-Visma), qui marche sur l’eau depuis son arrivée chez Jumbo-Visma, ont également les armes pour briller sur ce parcours casse-patte.

Retour au parcours traditionnel

En raison des mesures prises par les Pays-Bas pour lutter contre la pandémie de covid, l’édition 2021 de l’Amstel Gold Race s’était déroulée sur un circuit fermé à accomplir treize fois avec seulement trois ascensions au programme : le Cauberg, le Geulhemmerberg et le Bemelerberg. Cette année, les organisateurs sont revenus au parcours ‘’classique’’ avec un final identique à celui de 2019. Un parcours qui offre depuis 2017 des scénarios de course beaucoup plus ouverts et indécis que par le passé, lorsque l’épreuve s’achevait juste après l’ascension du Cauberg.

Le Cauberg, l’un des temples du cyclisme. (Getty Images)

Demain, comme en 2019, le Cauberg sera franchi trois fois par les coureurs, mais le sommet de la dernière ascension se situera à 18km de l’arrivée : les puncheurs devront donc se dévoiler assez tôt pour distancer et empêcher le retour des sprinters.

L’enchaînement Gulperberg-Kruisberg-Eyserbosweg devrait aussi être l’un des moments clés de la course. En 2019, c’est là que Mathieu van der Poel puis Julian Alaphilippe avaient mis le feu aux poudres, faisant exploser le peloton à 40 km du but. Demain, en l’absence de leurs leaders, des formations comme Quick-Step Alpha Vinyl et Jumbo-Visma pourraient en profiter pour anticiper.

La course s’annonce donc ouverte et pleine de rebondissements, ce qui ne devrait pas déplaire à Mathieu van der Poel et à Thomas Pidcock, plutôt du genre à se dévoiler précocement. Assurément, sur les routes étroites et accidentées du Limbourg, on aura encore le droit à du beau spectacle tout au long des 251km d’efforts !

Le profil de cette 56ème édition de l’Amstel Gold Race (La Flamme Rouge – PCS)

Alexis Kopp

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