Les cinq chantiers du Bayern Munich après l’élimination contre Villarreal

L’élimination contre Villarreal est un véritable coup de bambou pour le Bayern Munich, qui paye des erreurs internes, et qui va devoir se reconstruire différemment.

Les Bavarois étaient abattus au coup de sifflet final (Imago)

1. Nagelsmann doit continuer


C’est un chantier… Qui n’en est pas vraiment un ! Après la tuile contre Villarreal, le technicien bavarois est pris en grippe par une partie des médias et des fans. Plutôt à juste titre, au regard de ses choix tactiques, que nous avons déjà longuement évoqués. Pour autant, le jeune Nagelsmann (34 ans) n’en est qu’au début de sa carrière d’entraîneur. Il effectue même sa première saison sur le banc d’un top club européen.

Voir aussi : Quelle part de responsabilité de Julian Nagelsmann dans l’échec cuisant du Bayern ?

Alors qu’il dispose d’un contrat de cinq ans dans son club de coeur, il doit absolument poursuivre en Bavière. Ce n’est même pas un sujet. Le début de saison avait été très bon, et nul doute qu’il pourra moduler l’équipe à son image dans les mois à venir. Très professionnel, il devrait aussi tirer les conclusions de cet échec, et régler la mire lors des prochaines échéances.

2. Améliorer sa profondeur de banc


Depuis la victoire européenne de 2020, le Bayern a enchaîné les flops dans son recrutement. Omar Richards, Eric-Maxim Choupo-Moting, Bouna Sarr, Marc Roca… Autant de joueurs qui n’apportent rien à partir d’un certain niveau, malgré leur bonne volonté. Tanguy Nianzou et Marcel Sabitzer pourraient, en revanche, monter en puissance. Le défenseur français prendra d’ailleurs du galon dès la saison prochaine.

Le défi pour le Bayern au prochain mercato est donc de taille : renforcer sa profondeur de banc, tout en ne dépensant pas des sommes folles, dans une période économique difficile. Les signatures probables de Ryan Gravenberch et de Noussair Mazraoui vont en ce sens. Mais ces deux joueurs talentueux seront-ils directement des renforts conformes aux ambitions du Bayern Munich ? Ce n’est pas certain, même si Mazraoui incarne le piston droit tant souhaité par Nagelsmann.

Le recrutement en tout cas une étape indispensable, pour mieux préserver les habituels titulaires, prévenir des blessures, et jouer avec succès sur différents tableaux.

3. Gérer les fins de contrat


Robert Lewandowski, Thomas Müller et Manuel Neuer n’ont pas pour seul point commun d’être les trois joueurs les plus anciens de l’effectif. Leurs contrats se terminent tous en 2023. A 33 ans, le Polonais est encore au meilleur de sa forme, malgré ses difficultés contre Villarreal. Serait-il, pour autant, judicieux de lui offrir un nouveau bail en Bavière, en le rémunérant d’un contrat juteux ? Annoncé du côté du Barça dès cet été par différentes sources, Lewy pourrait partir vers un dernier défi à l’étranger.

Le Bayern doit aussi impérativement trouver un successeur à Manuel Neuer (36 ans). Certes, le capitaine du Bayern ne souhaite pas obligatoirement quitter le club, et continue d’être performant. Mais tout comme Lewandowski, il risque de décliner dans les années à venir. Lui trouver un remplaçant est donc une obligation pour le Bayern. De son côté, Thomas Müller pourrait prolonger dans son club de toujours.

Enfin, il y a l’épineux cas de Serge Gnabry. Dans le creux de la vague, l’international allemand (26 ans) réclame une augmentation salariale pour prolonger son bail, qui courre jusqu’en 2023. Les négociations n’ont pas débuté, le Bayern étant en pleine réflection face à tous ces dilemmes qui s’imposent à lui.

4. Ramener du calme dans le club


Les fins de contrats des cadres, les exigences salariales de certains joueurs, ou le départ annoncé de Lewandowski, sont autant de facteurs qui minent la stabilité du club. Depuis l’an passé, et le suspens entourant l’avenir de Hansi Flick, le Bayern peine à travailler dans un environnement serin. Il est temps de ramener tout le monde au calme (joueurs ou agents), pour se reconcentrer pleinement sur les performances.

Beaucoup de joueurs ont bénéficié d’une augmentation salariale conséquente (Goretzka, Kimmich) ont d’une rémunération inadéquate avec leur niveau (Sané). D’autres, comme les joueurs en fin de contrat, réclament plus d’argent. Il serait temps que ces joueurs se remettent à penser au terrain. L’équilibre salarial du Bayern est fragile, et si le club veut se renforcer, il ne pourra pas rémunérer grassement l’ensemble de l’effectif. L’élimination contre Villarreal aura au moins pour vertu de donner plus de poids au club dans les négociations.

5. Se regarder dans un miroir


Depuis le titre européen, les joueurs du Bayern ont été beaucoup encensés à juste titre. Mais la vérité, c’est que depuis le mois de janvier, soit bientôt quatre mois, nombre d’entre eux n’évoluent pas au niveau auquel ils sont attendus. Critiquer Joshua Kimmich relève presque du blasphème. Pourtant, de milieu box-to-box combatif et complet, l’Allemand est actuellement un meneur de jeu en retrait plus friable techniquement.

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Le niveau de Leroy Sané est lui aussi plus que problématique, même si le choix de Nagelsmann de l’aligner de nouveau côté droit pose question. Serge Gnabry n’échappe pas aux critiques, tandis que la charnière Upamecano-Hernandez doit gagner en régularité. Depuis quelques semaines, seuls Kingsley Coman et Benjamin Pavard évoluent à leur niveau. Cela reste insuffisant, et ils ne sont de toute manière pas les joueurs les plus décisifs d’Europe.

En d’autres termes, l’effectif du Bayern semble usé mentalement et physiquement. Un vent de fraîcheur est indispensable pour redonner de la hargne à cette équipe qui était encore au sommet de l’Europe il y a 18 mois.

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