Les Timberwolves remportent la guerre de tranchées face aux Clippers (109-104)

L’image de Patrick Beverley complètement possédé sautant sur la table d’arbitrage pour célébrer cette victoire devant les fans résume à elle seule l’intensité de la bataille livrée par Les Clippers et les Wolves ce mardi soir. Dans ce premier match du play-in de l’Ouest, le vainqueur s’octroyait la 7ème place pour aller affronter les Memphis Grizzlies au premier tour des playoffs. Le combat fût rude, le scénario haletant et le dénouement magnifique. Retour sur une soirée pas comme les autres à Minneapolis, ville où le bonheur se fait rare lorsqu’il est question de basket-ball.

Edwards enfin sur la scène des grands (crédits : feviagra)

Les Clippers avaient pourtant tout prévu. Le plan est apparu limpide dès le début des hostilités : tout faire pour museler Karl-Anthony Towns, le pivot magique des Wolves. Les prises à deux s’enchaînent, Nicolas Batum et Ivica Zubac font tout pour empêcher le franchise player de dégainer, de driver, ou même de bouge. La KAT aurait pu accepter ce challenge et décider de distribuer le ballon en profitant des espaces crées par lui-même, il s’entête. Son objectif est de scorer, de porter son équipe sur ses épaules pour une première apparition en playoff depuis 2018, la narrative n’est que trop belle. Il force ses tirs, ses drives, il se frustre et pour couronner le tout il commet des fautes de l’autre côté du terrain. Tyronn Lue ne le montre pas mais apprécie certainement l’exécution de son équipe.

Le premier quart-temps nous ramène des décennies en arrière, la ou le jeu était plus physique, plus lent et ou scorer ne semblait pas aussi anodin que de nos jours. Les plongeons pour sauver les sorties de balles se multiplient, les contacts sont rudes sur chaque possession et les attaques peinent à s’exprimer. Un véritable combat vient de s’engager entre deux équipes ayant les crocs. Galvanisés par l’ambiance bouillonnante du Target Center, les Wolves compensent leur déficit physique par une intensité permanente. Les soldats sont nombreux sur le parquet : Jarred Vanderbilt, Nicolas Batum, Marcus Morris, Patrick Beverley ou encore Robert Covington ne sont pas les joueurs NBA les plus flashies mais sont indispensables dans leur rôle. Anthony Edwards essaye bien d’éclabousser ce premier quart-temps de son talent par de petites fulgurance mais au terme des 12 premières minutes, les Clippers mènent 26-20.

KAT a vécu l’enfer face aux Clippers (crédits : DraftKings Nation)

Au fil du match, les attaques se débrideront un peu sans pour autant voir l’intensité redescendre. D’Angelo Russel va également sortir de sa boîte pour ramener les Wolves dans le match. D-Lo joue au basket-ball pour ce genre de moment et ne tremble jamais à l’heure de prendre ses responsabilités. Le cauchemar se poursuit pour Karl-Anthony Towns qui n’inscrit ses premiers points à 4mn de la mi-temps suite à deux lancers francs. Coupable d’une cinquième faute évitable en milieu de troisième quart temps, il ne reviendra que dans le dernier ou il commettra rapidement la 6ème synonyme d’éjection. La victoire devra s’acquérir sans lui, il finit le match avec 11 points, 5 rebonds et 3 passes au compteur.

Au moment de son éjection, Minnesota est dans le dur. Les joueurs de Chris Finch n’arrivent pas à combler les 10 points les séparant des Clippers et viennent donc de perdre leur meilleur joueur. Paul George, n’ayant pas bien entamé la rencontre, commence à se réveiller et les arbitres semblent avoir le sifflet un peu plus facile lorsque l’on touche au numéro 13 de Los Angeles. Cette situation critique va néanmoins créer l’inverse de l’effet escompté et déchaîner les loups. Anthony Edwards et D’Angelo Russell enchaînent les actions de grande classe pour revenir au score et l’écart se réduit en l’espace de quelques possessions. « Ant » s’en va dunker sans que personne n’os venir le défier dans les airs, D-Lo inscrit un trois points en première attention faisant rugir la foule, suivie de sa célébration signature. Ce garçon a véritablement de la glace parcourant ses veines. Les deux stars finiront la rencontre avec respectivement 30 et 29 points pour des pourcentages aux alentours des 50%. La scène était loin d’être trop grande pour eux, malgré qu’Anthony Edwards vive son premier match de post season en carrière.

Nicolas Batum essayera bien d’entretenir l’espoir d’un trois points dans le corner mais les Clippers ne reviendront pas. Paul George, malgré son statut d’homme du match (34 points, 7 rebonds, 5 passes), n’a pu porter son équipe sur ses épaules aux moments cruciaux de cette rencontre. Les Clippers devront affronter les Spurs ou les Pelicans dans un match couperet ou le perdant pourra sagement rentrer à la maison. Les Timberwolves sont officiellement en playoffs.

Aucune pression pour d’Angelo Russell (crédits : Basket USA)

Un dernier paragraphe se doit d’être écrit à propos de la performance de Patrick Beverley. Ses 7 points, 10 rebonds et 3 passes ne suffiront pas à décrire sa prestation. Véritable patron sur le terrain, il a passé l’intégralité du match à donner son corps pour son équipe, comme si chaque action était la dernière. Sans cesse en train de pousser à bout l’adversaire, il a failli réussir en provoquant la deuxième faute technique de Marcus Morris avant que celle-ci ne lui soit finalement attribué. En fin de match, il a réalisé un contre sur Nicolas Batum alors que ce dernier s’élançait seul vers le panier en contrattaque, là ou d’autres joueurs de son gabarit n’auraient daigner défendre. Ses cris rageurs, ses mimiques du visage le faisant presque passer pour un fou, sa façon bien à lui d’haranguer la foule… tout cela fait de lui un personnage polarisant de la NBA, adoré par ceux l’ayant dans leur équipe, détesté par tout le reste. Son interception et son rebond offensif sur les deux dernières possessions ont scellé l’issue de la rencontre et le voir courir dans toute l’enceinte en hurlant de joie a rappelé au monde entier la dévotion de ce joueur pour son sport. Ses larmes versées sur le parquet sont témoins d’une soirée à jamais dans sa mémoire.

L’explosion de joie de Patrick Beverley (crédits : Fadeaway World)

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