Quelle part de responsabilité de Julian Nagelsmann dans l’échec cuisant du Bayern ?

Battu par Villarreal sur les deux matchs (1-2), c’est un bien triste Bayern Munich qui a pris la porte à l’issue des quarts de finale de Ligue des Champions. Un échec imputable à Julian Nagelsmann ?

Julian Nagelsmann a plombé le Bayern contre Villarreal

Le constat


D’une machine à gagner portée vers l’attaque, le Bayern Munich est devenu un assemblage de joueurs tendres et incapables de prendre leurs responsabilités. Pas de frappes, pas de dribbles, la peur au ventre à l’idée de se faire contrer. Le Bayern a négocié sa phase finale de Ligue des Champions, hormis sur le huitième retour, comme une équipe de seconde zone. Lamentable lorsque l’on connaît son ADN.

Si certains pointeront peut-être les errances de Leroy Sané, dont le niveau est proche du néant sur le côté droit, c’est avant tout la faillite des cadres qui a précipité la chute du Bayern. Manuel Neuer a réalisé une mauvaise double confrontation, même s’il n’est pas directement responsable sur les buts encaissés. Robert Lewandowski ? Invisible hormis sur son but, le seul du FCB en 180 minutes. Un Thomas Müller introuvable et un Joshua Kimmich sans saveur, et sans caractère… Un comble pour lui.

Les Français du Bayern ont été les moins mauvais. Dayot Upamecano a fait un bon match retour, en taille patron, tout comme Benjamin Pavard. Lucas Hernandez a lui aussi bien contenu les contre-attaques adverses, tout en tentant de se projeter. Blessé selon Nagelsmann, il a été remplacé par Davies… Qui a plombé le Bayern dans la foulée, en couvrant les attaquants sur le but espagnol. Kingsley Coman semblait être le seul joueur capable de faire des différences individuelles.

Voir aussi : Les notes du Bayern

Les choix des Nagelsmann en question


C’est très bien d’avoir du style et d’aimer le club dans lequel on entraîne. C’est un peu moins cool de se prendre pour Pep Guardiola, alors que l’on a toujours un palmarès vierge. Le Bayern joue latéralement, sans vitesse et sans idées. Beaucoup de joueurs sont postés sur le front offensif, mais sont incapables de proposer des solutions. La défense à trois, que Nagelsmann impose depuis la deuxième partie de saison, est un véritable fiasco.

Intrinsèquement et individuellement, elle ne pénalise pas spécialement les défenseurs, qui ont d’ailleurs été bien plus solides qu’à l’aller. En revanche, l’équipe perd tous ses repères. Les dédoublements des latéraux, qui sont normalement une force du Bayern, manquent cruellement. Les ailiers sont donc obligés de faire la différence de manière individuelle, ce qu’ils n’ont pas réussi à faire. Coman s’est bien battu sur son côté gauche, mais Leroy Sané a prouvé qu’il ne savait pas évoluer sur le côté droit. Alors pourquoi, POURQUOI, Nagelsmann, qui avait relancé l’ancien citizen en l’alignant à gauche, l’a remis sur le flanc droit pour les matchs importants ? Incompréhensible ! Nous ne reviendront pas sur l’entrée de Davies en défense centrale, qui n’est absolument pas son poste, à cinq minutes de la prolongation.

Cette manière de jouer, ce système qui ne rend pas service à certains joueurs, ni au collectif, sont complètement imputables à Nagelsmann. Sous Hansi Flick, en 4-2-3-1, le Bayern était intraitable. Dans ce dispositif, il a aussi roulé sur la première partie de saison. Et soudain, l’ancien coach de Leipzig a tout chamboulé, suscitant les critiques à peine cachées de ses joueurs ces derniers jours. Elles devraient s’abattre un peu plus dans les semaines à venir…

Enfin, la fin de match a été gérée de manière catastrophique par l’entraîneur bavarois. A quelques minutes des prolongations, le Bayern a continué de pousser pour marquer le deuxième but. Il fallait pourtant absolument calmer le jeu, pour accéder à une prolongation, qui aurait pu mettre à terre un Villarreal vaillant, mais fatigué. Nagelsmann porte donc une grosse partie de l’échec du soir sur ses épaules.

Salihamidzic dans l’oeil du cyclone


Si les joueurs ont failli, tout comme leur entraîneur, le board du Bayern peut aussi être pointé du doigt. Le directeur sportif, Hasan Salihamidzic, en tête. Champion d’Europe 2020, le FCB a perdu des joueurs cadres sur ces deux dernières saisons. Des tauliers sur le terrain (Alaba, Thiago) ou dans le vestiaire (Boateng, Martinez) qui n’ont pas été remplacés… Les flops dans le recrutement commencent à s’accumuler dangereusement : Bouna Sarr, Marc Roca, Eric-Maxim Choupo-Moting, Omar Richards… Autant de joueurs qui n’ont pas le niveau pour gagner la Ligue des Champions. Julian Nagelsmann alerte d’ailleurs depuis de nombreuses semaines sur la fragilité de son effectif.

Doit-on rappeler que le Bayern comptait sur un banc cinq étoiles en 2020, avec des Perisic et Coutinho, en plus des joueurs partis. Contre Villarreal, Nagelsmann, a pu s’appuyer sur Serge Gnabry, en grosse méforme, ou sur Alphonso Davies, mal utilisé. Malgré quelques progrès récents, Marcel Sabitzer ne sert à rien depuis huit mois, obligeant le jeune Musiala à accomplir des tâches dont il ne peut pas encore prendre la mesure.

Article sur les cinq chantiers de ce Bayern à venir…

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