Paris-Roubaix : Le coup de force de Van Baarle

Paris-Roubaix : Ce dimanche, la reine des classiques a encore une fois été à la hauteur de sa réputation. Dans une course folle c’est Dylan Van Baarle qui s’est imposé sur le vélodrome de Roubaix. Il a profité du travail de ses équipiers tout au long de la journée pour s’imposer devant Van Aert et Küng.

Dylan Van Baarle peut lever les bras. Il vient de remporter la plus grande course de sa carrière. (Twitter INEOS)

Une course record

Malgré le climat très clément et très sec ce dimanche, cela n’a pas empêcher de voir un spectacle grandiose. Encore une preuve de plus que ce sont bien les coureurs qui font la course. Pas besoin de pluie pour assister à des courses mémorables à Roubaix.

Cette 119ème édition de Paris-Roubaix restera dans les annales de la course en étant la plus rapide jamais courue : 45,79 km/heure de moyenne. L’an dernier, les coureurs avaient mis 25 minutes de plus pour rallier l’arrivée.

Il faut dire que les premières accélérations ont eu lieu très tôt dans la course. Les échappés n’ont jamais réussi à prendre du champ sur le peloton. C’est à 210 kilomètres de l’arrivée, avant même les premiers secteurs pavés que les INEOS ont accéléré le rythme. Ils ont réussi à piéger les principaux favoris dans un deuxième peloton en créant des bordures.

Après la pluie l’an dernier, c’était la poussière qui était au menu cette année. (Capture d’écran GCN)

INEOS surpuissante, Pichon impressionnant

La course est entrée dans le chaos avec les INEOS. Ils ont réussi à décramponner Van Aert et Van der Poel avec leurs bordures. Ensuite, les premiers secteurs pavés sont arrivés et le désordre avec eux. De nombreuses chutes ont eu lieu (Turgis encore), des crevaisons (Ganna plusieurs fois, Laporte, Pedersen notamment) à ne plus savoir où donner de la tête.

C’est juste avant la fameuse Trouée d’Arenberg, à 100 kilomètres de l’arrivée, que l’outsider Matej Mohoric (Bahrain-Victorious) a attaqué profitant d’une accalmie dans le premier peloton. Laurent Pichon (Arkea-Samsic) qui se trouvait déjà dans la première échappée, a réussi à accrocher le wagon slovène. Derrière, le groupe de Van Aert et Van der Poel fait la jonction avec le premier peloton grâce à un gros travail des coéquipiers du néerlandais.

Matej Mohoric creuse l’écart dans la Trouée d’Arenberg. (Twitter Bahrain-Victorious)

Mohoric intenable !

C’est donc dans la mythique Trouée d’Arenberg que le show Mohoric a pu commencer. Le vainqueur de Milan-San Remo n’a pas ménagé ses compagnons d’échappés qui étaient déjà content de le suivre. A 80 kilomètres de l’arrivée, les hommes de devant ont compté près de deux minutes d’avance. A ce moment-là, l’inquiétude pouvait être de mise pour les favoris puisque Mohoric continuait son festival devant n’emmenant avec lui plus que Pichon et Devriendt (Intermarché-Wanty Gobert Matériaux).

Devant une foule des grands jours, Mohoric relance l’allure avec Devriendt dans son sillage. (Pauline Ballet)

Les costauds se réveillent

Dans le secteur cinq étoiles de Mons-En-Pévéle, les favoris ont décidé d’accélèrer pour revenir à l’avant. Van der Poel, Van Aert et Küng sont les plus forts dans ce secteur. Ils arrivent à s’isoler et se retrouvent à trois mais ne vont pas s’entendre pour continuer ensemble la poursuite. C’est un groupe de dix hommes qui va se jouer la victoire alors qu’il reste encore 35 kilomètres après notamment la crevaison de Mohoric qui a dû laisser Devriendt seul à l’avant. On retrouve donc Van der Poel (Alpecin-Fenix), Van Aert (Jumbo-Visma), Küng (Groupama-FDJ), Mohoric (Bahrain-Victorious), Petit (Intermarché-Wanty Gobert Matériaux), Pichon (Arkéa-Samsic), Lampaert (Quick-Step Alpha Vinyl), Stuyven (Trek-Segafredo), Turner et Van Baarle (INEOS).

Ils vont vite revenir sur l’homme de tête Devriendt. Mohoric qui définitivement avait des fourmis dans les jambes ce dimanche, ressort avec Lampaert et Van Baarle. Derrière, les favoris vont se regarder ce qui va permettre au groupe Mohoric de créer un écart. Küng et Van Aert vont sortir eux aussi pour tenter de revenir sur l’avant mais il est déjà trop tard alors que l’on approche de l’inévitable secteur du Carrefour de l’Arbre. C’est ici que Dylan Van Baarle a décidé d’écrire sa légende. Il est sorti en costaud pour aller s’imposer en solitaire sur le vélodrome de Roubaix.

Van Baarle seul en tête en route vers la victoire. (Pauline Ballet)

Malheureux Lampaert

Pour le podium, cela aurait dû se jouer entre Lampaert et Mohoric. Mais un spectateur inconscient a déséquilibré le belge ce qui a eu pour effet de provoquer une terrible chute dans l’avant-dernier secteur. L’ancien champion de Belgique a pu repartir, il a terminé la course à une honorable dixième place mais insuffisant pour celui qui allait monter sur la boîte.

Yves Lampaert (ici devant Mohoric) est en train de tomber après avoir heurté un spectateur sur le bas-côté. (Capture d’écran)

Küng sur le podium, des français héroïques !

Au moment d’entrer dans le vélodrome, c’est Mohoric qui mène le groupe avec Küng, Van Aert et le rescapé Devriendt. En pistard, les coureurs montent sur le haut de la piste pour avoir de l’élan afin de lancer le sprint. Finalement, c’est Van Aert qui remporte le sprint pour la deuxième place devant Küng, Devriendt et Mohoric.

Quelques minutes plus tard, Adrien Petit règle au sprint le groupe pour la sixième place devant Stuyven, Pichon et Van der Poel un peu plus loin.

Les français ont réalisé une course grandiose à l’image de Laurent Pichon 35 ans qui s’est accroché toute la journée pour son deuxième Paris-Roubaix seulement. Du côté d’Adrien Petit, c’est sa meilleure performance à Roubaix. Il récompense la grande course de son équipe avec deux coureurs dans le top 10.

Le classement final de ce Paris-Roubaix 2022. (Organisation)

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